‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 71 sur 109 · NOUVEL ARRÊTÉ DE LA SECTION LEPELLET1ER · texte numérisé non relu

NOUVEL ARRÊTÉ DE LA SECTION LEPELLET1ER

rus, de ces soldats de la patrie qui n'inspirent d'alarmes qu'aux soldats de l'Autriche et de l'Angleterre. Républicains innombrables, venez tous, formez une légion toujours invincible , et, puisque les amis des rois l'exigent, donnez-leur encore le spectacle d'un triomphe. »

Cette péroraison devenait plus persuasive encore par la lecture d'une pièce que ta rapporteur avait réservée pour démontrer mieux encore l'indispensable nécessité des mesures qu'il proposait : c'était un arrêté de la section Lepelletier, qui avait été envoyé à l'adhésion des autres assemblées primaires.

— « Les assemblées primaires de Paris , considérant que le terme de dix jours que la Convention a prétendu marquer entre la clôture des assemblées primaires et la convocation des corps électoraux, ne tend qu'à se ménager le moyen d'en reculer le terme, d'ajourner la constitution acceptée par le peuple, de prolonger le gouvernement révolutionnaire, de diviser, séduire et terrifier les électeurs ;

« Considérant que les exemples d'usurpation si fréquemment donnés doivent faire présumer de nouveaux attentats ;

« Considérant que l'on a déjà employé la violence pour dissoudre plusieurs assemblées primaires ; que le sang a coulé à Nonancourt, à Dreux à Verneuil; que des présidents ou secrétaires et autres membres du souverain ont été égorgés ou plongés dans les cachots ;

« Considérant que le grand crime de la commune de Dreux, aux yeux des usurpateurs, est d'avoir osé fraterniser avec les Parisiens , et surtout d'avoir dé-

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nonce les menées odieuses d'un gouvernement dilapidâtes et les manœuvres de ses agents, pour faire monter le prix des grains ;

« Considérant que c'est à l'impéritie et aux brigandages des gouvernants actuels que nous avons été redevables de la disette;

« Considérant que le seul moyen de faire cesser ces fléaux eçt d'organiser sans délai la nouvelle constitution ; que cette organisation dépend de la nomination des députés au Corps législatif, et qu'en conséquence toute mesure qualifiée de loi tendant à retarder les opérations des électeurs serait destructive de l'ordre public et doit être regardée comme nulle et non avenue ;

« Considérant que tous les caractères de la tyrannie se développent et que le décret , pour ne convoquer que le 20 les assemblées électorales, décèle l'intention de renouveler à Paris les scènes de Dreux;

(c Considérant, enfin, qu'il est temps que le peuple songe lui-même à son salut, puisqu'il est trompé, égorgé par ceux qui sont chargés de ses intérêts.

« Arrêtent :

« Demain, 11 vendémiaire à dix heures du matin, pour tout délai , les électeurs de toutes les, assemblées primaires de Paris se réunirQnt dans la salle du Théâtre-Français.

« Aussitôt que les électeurs seront assemblés, ils en donneront avis aux assemblées primaires des cantons ruraux du département.

(( Chaque assemblée primaire ouvrira demain sa séance à sept heures du matin, et là les électeurs feront serment , entre les mains de leurs commettants, de les défendre jusqu'à la mort, et les commettants

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