ATTAQUE CONTRE LA SECTION LEPELLET1ER
et la rue Vivienne ; ce couvent occupait à peu près la place où depuis la Bourse a été construite.
Sept ou huit cents hommes do la garde nationale étaient rangés devant la porte de la section presque en face de la rue Vivienne , dont ils occupaient le dé* bouché. Ils furent sommés de rendre leurs armes. Un jeune homme de vingt ans, qui depuis, comme écrivain et membre des assemblées représentatives, augmenta la réputation qu'il avait alors acquise par son courage, M. de Lalot se présenta devant le représentant Laporte et le général Menou.
— « Que nous demandez-vous , dit-il ? Nos armes : nous ne les avons jamais employées que pour votre défense. Quels sont vos défenseurs? Ceux qui voulaient vous égorger et que nous avions désarmés par vos ordres. Quels canons amenez-vous contre nous? Les nôtres, que nous avons volontairement rendus. Que nous reprochez-vous? L'exercice légitime de nos droits. Nous avons, au prix de notre sang, maintenu la liberté de vos délibérations et vous violez les nôtres au mépris de toutes les lois. »
Ce discours redoubla l'ardeur des gardes nationaux. Ils croisèrent la baïonnette, attendant l'attaque. Le conventionnel commanda à la troupe de charger.
Les ordres du comité étaient en effet de faire évacuer la section et de désarmer les gardes nationaux qu'on y trouverait. Mais cette expédition devait être faite dans la matinée, à un moment où aucune résistance n'était probable; les hésitations des comités l'avaient retardée. Maintenant les circonstances n'étaient point celles qui avaient été prévues : c'était un combat à engager, du sang à verser. La foule corn-