‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 90 sur 109 · AMNISTIE · texte numérisé non relu

AMNISTIE

nir que l'amnistie fût universelle et impartiale. Ils réclamèrent pour que les détenus de prairial fussent aussi exceptés. Les uns s'écriaient : — ce Ils ont tué Féraud ; » d'autres disaient ; — « Pourquoi une amnistie, lorsque déjà la Convention a ordonné que les poursuites judiciaires seraient exercées seulement contre les délits caractérisés dans le code pénal? »

Defermon ajoutait : — « Voulez-vous amnistier les voleurs ? N'y a-t-il pas tel représentant détenu selon un de vos décrets, qui est inculpé d'avoir soustrait des vases sacrés qu'on a trouvés chez lui ? »

Chénier, Quirot, appuyèrent l'amnistie, mais en insistant beaucoup sur les exceptions proposées. Thibaudeau lui-même parla pour les hommes de prairial et contre les prétendus royalistes du 1 3 vendémiaire. — a La malveillance seule fut coupable de la journée de prairial. N'a-t-il pas été versé assez de sang pour venger cet outrage ? Quant à la conjuration de vendémiaire , deux ou trois chefs ont été punis ; le reste s'est soustraite la vengeance des lois; il faut une mesure sévère pour les atteindre. »

Ainsi fut votée cette exception que voulait la majorité de la Convention ; mais l'opinion publique était si fortement prononcée , qu'en fait l'amnistie fut générale. La commission avait réservé pour le Directoire exécutif la faculté de suspendre , selon les lieux et les circonstances, l'effet de cette loi.

Quant à l'abolition de la peine de mort, elle avait été proposée pour la forme , comme une démonstration d'humanité. Chénier seul prit la défense du projet, mais en différant son application jusqu'à la paix générale. A cette époque on croyait pouvoir être humain et indulgent pour les crimes particuliers; mais

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