‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 93 sur 109 · ÉLECTION DES DIRECTEURS · texte numérisé non relu

ÉLECTION DES DIRECTEURS

cutif était la grande affaire. Dans la vaste cabale qui s'était formée et que les intérêts plus encore que les opinions rendaient compacte et disciplinée, il avait été convenu qu'on écarterait tout candidat douteux , c'est-à-dire suspect de modération ou qui ne serait pas compromis dans le cours des trois dernières années de la Révolution. Ainsi on était résolu à ne pas laisser arriver au Directoire un seul candidat qui n'aurait point voté la mort du roi. C'était dans cette vue que l'article de la constitution, qui portait que les directeurs ne pourraient être choisis parmi le Corps législatif, avait été déclaré non applicable à la première formation du Directoire, L'idée de faire de ce vote le symbole de la foi révolutionnaire était si bien entrée dans l'esprit des juges de Louis XVI, que, dans le temps où Ton s'occupait des divers projets de constitution, lorsqu'on leur parlait, par hypothèse et en conversation familière , d'un sénat héréditaire ou viager, ils disaient qu'en ce cas tous les sénateurs devraient avoir voté la mort du roi.

Les inquiétudes sur cette élection étaient telles que peu de jours avant le 13 vendémiaire, dans une réunion de la commission des onze avec le comité de salut public, Baudin, qui n'avait nulle crainte pour son compte personnel puisque son vote avait été courageusement contraire à la mort, mais qui s'alarmait facilement pour la République, proposa de faire élire les directeurs par la Convention avant que le Corps législatif fût installé. C'était aussi l'avis de Siéyès, de Louvet, deDaunou et de Cambacérès. Thibaudeau, Lanjuinais, Boissy, La Réveillère s'y opposèrent et leur opinion prévalut.

Les modérés n'avaient aucune chance pour faire

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