ÉLECTION DE8 DIRECTEURS
prévaloir les choix qu'ils auraient voulu faire. Lanjuinais, Boissy d'Anglas , Cambacérès et Barthélémy qui avait signé les traités de paix, devaient être leurs candidats. Le suffrage de tous les corps électoraux semblait indiquer ces noms à l'élection qu'allait faire le Corps législatif, mais c'était précisément un motif de plus pour les éloigner à tout prix. Cambacérès avait capté des voix dans les deux partis ; quoiqu'il n'eût pas précisément voté la mort du roi , il avait quelque faveur à espérer dans la gauche. Ce fut pour l'écarter que le comité de sûreté générale fit lire à la tribune de la Convention la lettre du comte d'Entraigues.
Le conseil des Cinq-Cents devait présenter une liste de cinquante candidats où le Conseil des Anciens aurait à choisir les cinq directeurs. Le parti révolutionnaire était beaucoup moins assuré de sa prépondérance parmi les Anciens. Il fallait donc ne laisser placer sur cette liste aucun nom qui pût faire concurrence aux cinq candidats que l'on était décidé à faire élire : Siéyès, Rewbell, La Réveillère, Barras et Le Tourneur de la Manche.
La discipline et le parfait concert de la nombreuse cabale des républicains exclusifs furent si bien ménagés qu'ils réussirent à faire passer une liste où, à la suite de leurs cinq candidats, se trouvaient quarantequatre noms ignorés : juges de paix, maires de village , administrateurs locaux , commissaires des guerres ou officiers réformés. Un seul nom connu échappa à l'ostracisme; Cambacérès fut le dernier de la liste avec cent quarante-trois voix. Les candidats de la cabale en avaient tous plus de deux cents ; La Réveillère qui était le premier en avait trois cent dix-sept.
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Un autre moyen de succès avait été mis eu UIBgé | on s'était hâté de faire l'élection lorsqu'un grâild nombre des députés du nouveau tiers n'étalent pas encore arrivés.
Quand cette liste arriva au conseil des Anciens , un nouveau député, Dupotit dê.Nemotirs, homme d'esprit et connu par des écrits sur l'économie politique, fit remarquer avec convenance , mais avec une sorte de raillerie comment elle était composée. — * Robespierre, disait-il, avait conquis la France par la force, voudrait-on la conquérir par la ruse? L'action ne serait pas moins coupable. Nous ne pouvons, ne devons, ni ne voulons subir aucune espèce de conquérants.
« Mais nous devons croire que le conseil des Cinq- Cents nous envoie une liste de candidats, tous dignes de participer au gouvernement d'une grande nation. Je suis même porté à croire, comme la majorité du conseil des Cinq-Cents, que la vertu modeste et la capacité sans prôneurs peuvent être aussi utiles que l'ambition profonde et astucieuse. Mais nous n'en devons pas moins choisir avec discernement. Sachons en quoi consiste le mérite de chaque candidat; Consultons les députés qui ont indiqué leurs noms ; la constitution nous permet un délai préalable à l'élection. Je demande que nous profitions du peu de jours que la loi nous donne. »
Baudin des Ardennes allégua le besoin pressant de constituer un gouvernement.
On procéda à l'élection. Il y avait deux cent dixhuit Votants. La Réveillère en obtint deux cent seize. Les quatre autres directeurs furent élus dans Tordre suivant: Le Tourneur, Rewbell, Siéyès et Bâfras qui eut cent vingt-neuf voix.