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avait tehtéea échouèrent. Il chercha tina meilleure fortune en Suisse et en Angleterre* A son retour, soupçonné injustement d'être Fauteur de libelles infâmes imprimés à Tétranger, il avait été pendant peu de temps enfermé à la Bastille. Ulcéré de ^a position secondaire dans la société comme dans les lettres , il était sur lo point d'aller s'établir en Amérique , où il avait déjà fait un voyage , quand la Révolution^ com« mença; elle était conforme à ses sentiments. Son activite à écrire .redoubla. 11 eut d'abord des relations habituelles avec Mirabeau, qui l'inspirait et l'e&citait; il était aussi en quelque rapport avec des commensaux du duc d'Orléans. Peûdant l'Assemblée constituante, il avait groupé autour de lui plusieurs députés d'opi-^ nions exaltées, Pétton, Bu20t, Salles. Comme eux, il était excessif et anarchique. L'habitude du pamphlet et de la polémique quotidienne avait donné à son langage un caractère d'injure, d'âcreté et de dénigrement. 11 était plein de rancunes et de haines, et passait toutefois pour être doux et facile dans la vie privée. Peu de soupçonsse sont élevés contre son désintéressement, vertu plus xare qu'on ne l'a dit parmi les révolutionnaires de cette époque, et qu'ils se sont contestée les uns les autres.
Les travaux de Brissot, ses études de législation, de droit public et d'économie politique, ses voyages, les nombreuses relations qu'il avait eues avec des hommes importants, son orgueilleuse assurance qui ne reconnaissait nulle supériorité, le placèrent d'abord à la tète des Girondins ; il fut leur homme politique , leur précepteur en diplomatie ; ils épousèrent ou plutôt plaidèrent ses opinions.
Ce fut lui surtout qui leur indiqua la guerre comme
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le but où devaient tendre leurs efforts. <c Si la paix, leur disàit^il, continue pendant six mois, elle i^r* mira un sceptre despotique aux mains de Louis XVI, ou un sceptre usurpé aux mains du duc d'Orléans. La guerre seule, la guerre prompte peut nous donner la république. On nous opposera toujours la constitution, et la constitution ne pourra tomber que par la guerre. C'est le seul moyen de dévoiler les perfidies du roi. Nous avons besoin d'être trahis; nous n'avons qu'une crainte , c'est de ne pas être trahis. Les trahisons seront funestes aux traîtres et utiles au peuple'. »
Le décret contre les émigrés était un commencement d'exécution de ce plan. Les Girondins avaient surtout voulu mettre le roi au défi de lui refuser sa sanction. Bientôt après, une autre loi fut destinée aussi à rencontrer le même refus et à exciter contre le roî les passions révolutionnaires. L'Assemblée constituante, en s' attribuant un pouvoir souverain sur les nomina*tions, la hiérarchie et les circonscriptions ecclésiastiques, avait légué à la France un schisme funeste. Peut-être un zèle pieux s'était-il ému avec exagération ; mais ce qui était plus évident encore , c'était l'intolérance irréligieuse , la haine contre l'Église qui se donnaient carrière. Des troubles commençaient à agiter plusieurs provinces. Le roi et sa famille se tenaient éloignés de cette portion du clergé qui avait cédé à l'autorité civile en désobéissant au pape.
Les discussions furent plus vives encore sur ce projet. L'hostilité contre le clergé prit un caractère de
' Mémoires de Louvet. — Brissot a tous les républicains de France. - Id. séance des Jacobins, 3 avril 4793.