JOURNAL 0E MARAT
tira que la première chose qu'elle ait à f^ire c'est de massacrer ses généraux. »
Ayaut que cet appel fût porté à TAssemblée ^ plu-* sieur9 députés s'étaieut présentés chez le miuîstre de la justice et lui avaient demandé de faire poursuivre Tauteur de cfes provocations. La réponse du ministre avait constaté la timide faiblesse d'un gouvernement impuissant à défendre Tordre public , et sa résigna* . ^ tion aux attaques qui le menaçaient. L'impunité avait dégénéré en' habitude; elle était presque devenue un droit. Le ministre disait aux députés qu^on entendait chaque jour pis que cela à la tribune des Jacobins , et que la poursuite passerait pour une atteinte à la liberté de la presse *.
Comment, en effet, le gouvernement n'aurait4l pas éprouvé quelque embarras à poursuivre le passage qui lui était dénoncé, lorsque, vers les derniers temps de TAssemblée constituante , ce même Marat avait pu imprimer les paroles suivantes : « Peuple, que faitesvous? tous vos chefs vous trahissent; armez vos mains de poignards, égorgez le perfide Mottié % le lâche Bailly ; courez ensuite au sénat, arrachez-en les pares conscrits ; empalez ces représentants vendus à la cour et que leurs membres sanglants, attachés aux créneaux de la salle, épouvantent à jamais ceux qui viendront les remplacer, n
La Gironde n'essaya point de protéger Marat,; elle ne se joignit pas aux Jacobins qui réclamaient un délai et qui voulaient entraver la poursuite par des for^ malités. Seulement, pour établir une sorte de balance et pour avoir occasion d'indiquer la similitude des vio-
• Jùumal de Paris, 5 mai 479«. — * La Fayette.