MADAME ROLAND
de réaliser leurs idées. Dumouriez ne pouvait réussir dans ses projets qu'en établiôsîant Tordre ; le& Girondins eh étaient gênés et y vojaieût la perte de la liberté. Leurs véritables représentante dans lé ministère étaient Roland et Seryan. ^
Roland avait, comme Brissot, véôu dans les régions inférieures de la littérature et de l'économie politique. Sa philosophie et son républicanisme n'étaient que déclamation et pédanterie. 11 se croyait un grand citoyen en montrant devant le roi la vanité irritable de la démocratie, aussi puérile et plus ofifensîvè que les vanités de courtisan. Il cherchait au ministère des succès de phrases et des louanges populaires pour sa vertueuse roideur.
Son nom eût sans doute été ignoré de Thistoire, s'il n'avait pas été le mari d'une femme qui est restée célèbre. Ce n'est pas que M"*^ Roland ait été activement mêlée aux scènes de la Révolution, ni qu'elle ait déterminé aucune grande décision , aucun important projet. En toute sincérité, sans calcul, sans ambition, elle associa son esprit, son enthousiasine , son dévouenient à cette société d'hommes de talent et d'exaltation qui voulurent être Un parti et ne furent qa'uné coterie ; elle contribua à les exciter par ses louanges^ par la vivacité de ses impressions, par le charme de sa parole. Elle a, comme eux, et plus qu'eux encore, illustré le sort cruel qu'ils ise préparaient à eux-mênies. Sa mort héMique, et les écrits qu'elle a légués à là postérité, ont contribué à répandre sur client sur ses amis un intérêt qui est leur seul titre de gloire. Elle apparaît comme la représentation la plus fidèle de cette classe de révolutionnaires 1 Ses écrits et les témoigna-