RENVOI DU MINISTÈRE
devenus plu8 soumis aux violences de la Gironde et des Jacobins. Dumouriez était seul et n'avait point le droit de dire : « C'est assez. »
Dans cette même séance, où les ministres renvoyés avaient reçu de pompeux hommages^ il venait de rom* pre courageusement avec les Girondins ; il svaii rendu compte de la situation deâ armées; de Tinquiétude qu'on pouvait avoir sur leurs succès; il avait peint le désordre qui régnait dans l'administration de la guerre. Lorsqu'il avs^it indiqué ce que l'Assemblée aurait à faire pour ne pas aggraver le mal, Guadet s'était écrié ; « Il veut nous donner des conseils ! — r Pourquoi pas? » avait-il répondu avechauteur*
Il n'y avait néanmoins nul espoir que la conQance des modérés et des constitutionnels pût lui revenir ; le roi ne se fiait pas assez aux aventureuses promesses de son ministre, et n'avait- point la force d'âme nécessaire pour courir avec lui des hasards si menaçants. Dès le lendemain il refusa sa sanction aux deux décrets. Dumouriez se retira.
Les ministres que le roi appela étaient peu connus et n^ont laissé aucun souvenir; ils ne représentaient nulle opinion. On ne pouvait pas attendre d'eux une chance de salut. Après avoir essayé de relever le pouvoir en y appelant les Girondins, le roi se retrouvait sans autre ressource que le comité Lameth et le général La Fayette, qui ne pouvaient pas même réussir à se c^oncilier pour agir de concert. La cour avait peut-être plus de penchant vers ses nouveaux conseillers. Le parti modéré de l'Assemblée, et généralement tous les hommes de bien, n'avaient d'espoir qu'en La Fayette.