‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 22 sur 88 · AMBITION DE& GIRONDINS, S · texte numérisé non relu

AMBITION DE& GIRONDINS, S

leur fortune. H ne pouvait eu être ainsi dans une telle révolution : trion^pher de ses adversaires; renverser tous les obstacles qu'on rencontrait devant sol ; conquérir une autorité absolue pour son parti ou pour soi; satisfaire san amour-propre; assouvir ses baipes; écraser les supériorités qu'on enviait : tels étaient alors les mobiles dé Fambition.

Robespierre avait une haine def plus que les Girondins .' il les détestait et les enviait. A cette époque, il marchait seul sans qu'on pût reconnaître en lui d'au^ tre soin que de courtiser habilement la faveur popu- Is^ire. Brissdt et M*^^ Roland parlaient de la.républi^ que; il les écoutait avec un sourire de pitié! Lorsque les Girondins, en forçant le roi à déclarer la guerre, se vantaient de renverser la constitution, Robespierre entreprit un journal intitulé le Défenseur de la Con^ stitutiôfi. Dans une séance des Jacobins, on lui entendit répondre au Girondin Grangeneùve qui parlait.de déchéance : « Je déclare que je préfère le roi que m'oint donné la naissance et la constitution à tous ceux qu'on pourrait me proposer. »

'• A une époque,^ où les agents des intrigues royalistes payaient, sans les gagner, tant de bruyants révolutionnaires et peut-être quelques Girondins, Robespierre resta à l'abri du soupçon et garda parmi le peuple un renom d'incorruptible. Une secrète négociation suivie par la princesse de Lamballe put lui donner l'espérance d'être choisi pour gouverneur du prince royal j tandis que Côndorcet voulait le devenir par les Girondins*. Son nom ne fut nullement prononcé à propos du 20 juin. Il exerçait le ministère pu-

* Anecdotes par Harmand(de la Meuse). -^Mémoires deBuzût.

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blie au tribunal de Paris^ et donna sa démission quand des poursuites furent ordonnées contre MaraL

De tous les hommes notables de la faction réroli^-^ tionnaire, Danton était sans doute celui qui croyait le moins à la république ^ ; ce n'était pas que totit Targent qu*il recevait de la cour eût la moindre influence sur ses, opinions; mais il était homme d-esp^riti libre de préjugés dans le mal comme dans le bien j pas plus dupe de ses propres phrase^ que des phrases des autres. Dans les commcncemeiits de la Révolution, il avait été au service des intrigues qui allaient à. un changement de dynastie ..Sioti vent il avait pris de rargent des deux mains^ sans jamais Vengager^ ni se com'promettre pour aucun de ceux qui le. payaient. Sa politique consistait à conserver la puissance popu«laire qu^^il avait su conquérir ^ son espérance lointaine était de se trouver posé de façon à être le principal agent d'un dénoûment quelconque , quand Viostant viendrait* A vrai dire il n'était chef de parti que pour exécuter des volontés qui souvent n'étaie&t pas les siennes; il suivait la route où rentraliui.it une bande d'hommes dépravés ou exaltés ; il était entraîné par leurs vices, il obéissait aux m^mes passions politiques ,; son discernement ne lui servait pas même a les gouverner.

Marat, de qui le nom avait alors tant de retentisse^ ment populaire, n'était qu'un artisan de désordre; il n'avait pas une opinion réelle etn'appaHenait à aucun parti constitué. Tantôt il se ralliait à J'idée d'une république; tantôt il demandait une dictature;

* Mém, du général La Fayette.

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