‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 30 sur 88 · ATTAQUES CONTRE LE GÉNÉRAL LA FATKTTE · texte numérisé non relu

ATTAQUES CONTRE LE GÉNÉRAL LA FATKTTE

r^;>porty qui coûcluait à interdire dorénavant aux gé^ néraux d'armée et aux ckeb militaires le droit de j^ senter des pétitions étrangères à leur service. Comine cette interdiction n'existait pus encdre, le. général La Fayette n'avait contrevenu a aucune règle et n'était nullement blâmable • ... -, f

Ce n'était pas ce que voulaient les Jacobins; ils de* mandèrent qu'avant de voter^ on attendît leirâpport qui devait aussi être présenté sur le voyage de La Fayette à Paris et sur sa démarche auprès de l'Assamblée*

Trois jours après un nouvçaa rapport déclara que la commission n'avait rien reconnu dans la con4.uite dn général La Fayette, qui portât un caractère de dér lit.. Ainsi il n'y avait rien à discuter que la proposi-» tion présentée par le premier rapporteur.

Les Girondins s'irritaient de voir que cette masse de l'Assemblée, qui faisait les majorités, et dont ils olh tenaient habituellement les complaisantes faiblesses, restait attachée à La Fayette. Un nouvel iacident vint ranimer leur espérance ; des faits plus graves et d'une autre nature furent imputés au général. L'Assemblée avait décrété que le maréchal Luckner viendrait rendre compte des opérations militaires, des ordres qu'il avait reçus , de l'état actuel des forces disponibles et des dépenses probables de la guerre. . .

Le maréchal répondit avec convenance qu'il devait un tel compte au roi, chef! suprême de l'armée, et que les explications qui lui étaient demandées avaient trop de connexité avec les opérations à venir peur que son devoir lui permît de les donner^ En même temps il communiquait des vues sur le recrutement et sur les moyens d'augmenter l'effectif de l'armée. L'Assemblée se contenta de, cette réponse; il fut

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eonveou que \ù maréchal se rendrait à la commissioa des douze, où les information qu'il donnerait reste* raient confidentielles.

Luckner avait acquis une assez grande répiitati<Hi militaire pendant la guerre de sept ans, comme dief de partisans et commandant de cavalerie légère* Après la jmix de 1763» M. de Choiseul l'avait, moyennant une grosse pension, déterminé à passer au service de France. Il n'avait pas ea L'occasion de se faire un notti dans l'armée et avait seulement contribué aux réformés importantes et aux améliorations qui furent opérées à pette époque. C'était un homme de guerre, un soldat, et il n'avait jamais cherché à être autre cho$a; il par^ lait mal français et n'entendait pas toujours bien ce qu'on lui disait dans une langue qui n'était pas la sienne. Il n'avait aucune opinion politique et ne vour lait point surtout se compromettre en se ralliant à un parti quelconque. On pouvait ei^ercer de l'influence sur lui, mais il ne fallait pas attacher une confiance entière aux paroles qu'on lui faisait dire.

Les Girondins avaient besoin du maréchal pour l'opposer à La Fayette; ils l'entourèrent, cherchant à te faire servir à leurs projets. Dans la commission, Guadet lui demanda s'il avait eu connaissance de la détermination qu'avait prise le général La Fayette de se rendre à Paris : si cette démarche avait eu son approbation et si la marche des armées n'avait pas été combinée de manière à pouvoir enlever le roi. Le maréchal fut intimidé, et pour sortir d'embarras, il répondit : » Je ne me mêle point de toutes Cfss intri^^ gueà. » .On ne put en tirer autre chose.

Guadet $e borna d'abord à répéter cette phrase à l'Assemblée. Déjà les indépendants du centre cher^

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chaient quelque moyea terme, quelque rédaetien équivoque qui ressemblât un peu à un blâme du général La Fayette y et qui ne fût point une accusation formelle«

Les Jacobins et la Gironde prétendiuent à une victoire complète. Des discours violents se succédèrent, k Je viens briser une idole que j^ai longtemps encensée , » disait Lasource en commençant; puis après une longue diatribe il terminait ainsi : « En démasquant un traître j'ai servi mon pays. Si j'obtiens sa punition j'aurai «auvé la patrie. »

La Fayette fut vivement défendu par Dumolard.» L'animosité désordonnée des partisans de Faceusation nuisait à leur cause; Fimpression du discours de La* source avait été refusée; le vote devenait incertain; ' déjà la clôture de la discussion était demandée. Aloi^ les Girondins introduisirent un motif de délai; Làsource avait affirmé que le général La Fayette, ayant proposé à Luckner de marcher sur Paris, ce le maréchal s'était refusé à partager cet acte de scélératesse. » Le témoignage de six' membres de l'Assemblée avait été invoqué; ils savaient ce fait du maréchal lui-même, qui en avait parlé devant eux à un dîner chez l'archevêque de Pariis. Guadet était un des six témoins cités par Lasource; il assura que les paroles du maréchal lui avaient semblé si positives et si importantes qu'il les avait écrites en rentrant chez lui. Il donna lecture de cette tiote> d'après laquelle Luckner s'était exprimé ainsi r «C'est M. Bureau de Pusy qui- m'a fait cette proposition ; je lui ai répondu : « Je ne marcherai que i< contre les ennemis du dehors. La Fayette fera ce « qu'il voudra; mais s'il marche sur Paris > moi je « marcherai sur lui, et je Je dauberai! «

SITUATION DE l'aSSENBLÉE* t09

Les ab^is du général La Faj^ette demandèrent que Guadet signât cette note et la déposât sur le bureau.

Pendant cette discussion si importante et si pas* sionnée, les tribunes publiques étaient devenues de plus en plus bruyantes ; une foule tumultueuse s'était amassée aux abords delà salle et dans les Tuileries. Le maire de Paris vint rassurer l'Assemblée et affirmer que.tout ^tait calme autour du château. Les Girondins demandèrent et obtinrent que la discussion fûtajpuirnée jusqu'à vérificatioa du fait attesté par Guadet. .

L'Assemblée reprit le cours de ses travaux, ou pour parler plus exactement^ l^s discussions continuèrent avec une vivacité toujours croissante. Tout contribuait à irriter les esprits; les incidents de cl;iaque jour sembliûent se précipiter vers une catastrophe» One puissante conspiration royaliste venait d'être découverte dana le Vivarais et avait suscité un commencement de guerre civile ; tout annonçait le prochain soulèvement des populations du bas Poitou. Le commerce perdait l'activité et la confiance; le» nouvelles des armées étaient inquiétantes; les négociations diplomatiques avaient abouti à des ruptures déclarées. Ce n'était cependant pas qes circonstances qui troublaient les séances de l'Assemblée ; les, députatioufi et leurs menaçantes adresses y les. huées ou les applaudissements des tribunes ; les injures outrageantes et grossières que les deux partis «^adressaient l'un à l'autre ; l'appréhension continuelle des émeutes;, ainsi se passaient les journées de la représentation nationale.

, Parmi ce désordre, quelques députés > avec up vrai sentiment de patriotisme, avec des connaissances spéicialeset avec autant de bon sens pratique que le com*

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portait ronÎTerselle perturbation , s'oceopaient du reerutement de Tannée , des règlements militaires, des approvisionnements ; ils rendaient possible la défense du territoire. Lenr^ soins contribuèrent à préparer de glorieuses victoires^ qui bientôt allaient ciMnmencer à illustrer les armes françaises. Dumas et Ga^ot, d'opinions opposées , apportèrent àTaccom-' plissement de cette tache leur dévouement et leur eapacité. '

La situation devenait si grave, que la Gironde commença à s'en inquiéter; elle apercevait la grandeur et l'imminence du danger. Evidemment il ne s'agissait plus du résultat qu'ils ambitionnaient. Les auxiliaires qu'ils avaient pris et auxquels ils ne commandaient point, ne se proposaient certes pas pour but de leur procurer des départements ministériels, ni dé leur laisser exeîcer le pouvoir au nom d'un roi prisonnier ou déchu.

D'ailleurs ilë n'étaient pas eux-mêmes d'accord entre eux. Les uns, comme Brissot^ Gensonné, Gm* geneuve, Ouadet, Lasource, envisageaient sans trop d^effroi les extrémités révolutionnaires; Condorcet, Ducos et surtout Vergniaud, leur premier orateur^ reculaient devant les conséquences probables d'une complète révolution. Au total, les Girondins n'avaient pas un dessein arrêté ; leurs aperçus de l'avenir étaient incertains et vagues. En ce moment ils parurent se rallier à l'opinion la moins téméraire ; ils venaient d'éprouver que la majôHté leur échappait, quand ils voulaient aller trop loin» Leurs négociations secrètes avec la cour furent reprises; Gnia^et, Vergniaud et Gensonné firent remettre am roi une lettre , par Fin*termédiaire du peintre Bose et du premier valet de

chambre Thierry. Ils eoudeillaient de prendre des mi-* nistoies patriotes et de rassurer les inquiétudes de Topi* nioû, en s entourant d'hommes amis de la liberté; Brissot» lui-même, entra en relation avec le ministre des ;pifi(aires étrangères, Chambonnas. Des paroles lui furent portées par Lacroix, ami de Danton et pension-

^ nairé habituel de la liste civile. Brissot promit de ne plus travailler à la déchéance du roi.

Il tint parole pendant quelques jours. L'Assemblée discutait alors un projet présenté par Gensonné^ il avait proposé d'attribuer aux municipalités le pouvoir de mettre en détention les citoyens qui seraient pré^ venus de complot contre la sûreté de l'État et la con-

. stitutiouf il établii&sait une distinction entre la police politique et la police judiciaire : c'était entrer dans les voies de l'arbitrairçi et de la tyrannie. Gepsonné demandait ainsi le régime qui, quelques mois i^rèSi devait peser sur la JFrance.

/Brissot l'appuyait; dans $o.n discours se trouva le passage suivant : « On parle d^une faction de régi* cides. Je dirai) non .pas. un paradoxe, mais une vérité, en affirmaût qu'il n'y a point de meilleur moyen que le régicide pour affermir la royauté. La résurrection de la royauté en Angleterre fut due au supplice de Charles V. Si doiic, des républicains régicides existent^ ce sont des républicains stupides; les^ rois devraient les payer potir rendre le républicanisme à jamais exécrable» » \

Peu de jours après, Guadet présenta au nom de la commission un projet d'adresse au roi : c'était comme k manifeste des intentions qu'avait à ce moment la Gironde. I) disait : << Vous pouvez encore sauv^ la patrie et votre couronne avec elle; que le. nom

1(2. BÉCLAA^tlOW DÉ.BtJREAlI j6l5 PUSY.

de vos npiînistii^sy ^iip J^ vue d.0s, Epifnteçç-q^^ vous eBtoureiît,, ai)|>eUeiit la coi^aiiçë, publiquf^^ la DatioB;&aura.«tôiii8 doute. défendre et côn&eryiçr sft li»berté: maiB elle vemsdeùiande de vous Uiiir à elte pou^^ défèndrç la coustitution et le .trôii«. » . '

Ea niêûie tempâ U Gîrojade faisait ado|>tér la resr ponsa^illté solidaire .des îniniâtresiy for mai)i va même cabinet : elle écartait ai^si la rei^pn8a,biUté toyâ^^^ <:

Brisç^Ot traita açsBi cette qiieatioû qui reqférjïiait impHcitemejpt la possibilité À'uM déchéance îtdus Jès jours (J^^^Bd^ avec exigeQ:ce ^t menace par les j^ titiounaires.

«La ïàajorité de la nation yeut justio^^^^ di$ia^t*il; elle vous blâmerait si le roi était coâdaiiiné^ . dan^ la cbaleurj( avec légèreté et précipitation- Quoiqu^elle n'acquittât point entièrement Je roi, eljè pourrait cependant ne pasvvoii* soutenir dan^ vos mesures ultérieures- •^.- qnè pourrait couloir* dans dei^eilles circonstances ^n m ; ^cont^'^évol^^^ %et des|

' puissances coalisées ?--- fine seule cho«^^^ de , l^ constitution. 'Car ne toyci^^vonu^ïas- qiie céfte violation entraînerait >.eo favç^ur dtt rbi; cette iftftj^'^*^ ifitermédiaire entre les partis extr&nes ? > , - ; BrisSot tenait aipsi la promesse qu'il avait>£aite aii ministre ; il fut averti par les b^jées dés t|^ibnnefi^ ou'il perdait sa popularité revolutinanaîre. , ;

Puis arrita la séanjce où icamparut Bureau de t?jisy } il s'exipriipa avec fernieté et même avec hauteur^ « Je serai obligé, dit-il> de convaincre d'imposture qui?. :^ — ou des législateursy qu'on devrait c^stinguerderajUtrcâ citoyen? r à leur modération ^ a leur jusliiiîe, à ; léuf: amour de la vérité .ou un géùéral) un vieiUar4 vénérable 9 dont la glpife a marqué la carrière*:*., sans le

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