ARRIVEE DES MARSEILLAIS
contre ces assertions^ Des témoignages irrécusables certifiaient que les convives du repas de la garde nationale ne s'étaient attiré par aucune agression les violences exercées contre eux. Mais il ne restait nulle espérance de voir le désordre réprimé et puni ; Tautorité des lois avait cessé ; tout administrateur ou magistrat qui, poiir leur obéir ^ tentait de faire son devoir et de poursuivre les délits, était dénoncé à rAîs*semblée par d'impérieuses pétitions. Une majorité do^ cile donnait, sans enquête, sans réflexion, louadge aux. délinquants, blâme aux organes de la' loi. Un citoyen, nommé Paris, avait dit à la tribune de sa section : a C'est ici un combat à mort de la liberté contoe le despotisme; il faut que Louis XVl succombe ou la liberté. » Ces paroles avaient semblé séditieuses au ministère public ; des poursuites avaient été commenr cées et un mandat d'arrêt décerné contre Paris. Des députés de la section vinrent dénoncer les magistrats.
« Ces etpressions ne sont pas coupables, disait Duhem ; Louis XVl a violé ses serments. » r— Un député représenta modestement que la justice devait avoir son cours et que le pouvoir judiciaire était indépen^ dant du pouvoir législatif. « Quoi! s'écria Grangeneuve, on ose parler de la hiérarchie des pouvoirs et de la longue échelle des tribunaux ! Misérable prati«eien! Grand Dieu! cet homme n'est pas né pour la liberté; »
Déjà, depuis plusieurs jours, lé duc de La Rochc" foucauld et plusieurs autres membres de l'administration départementale de Paris avaient donné leur démission. Aucune action légale exercée dans les limites du pouvoir exécutif ne pouvait subsister devmit le terrent des calomnies» le soulèvement des passions