‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 35 sur 88 · ACQUItTEHE)(T DU GÉNÉRAL LA FAYETTE · texte numérisé non relu

ACQUItTEHE)(T DU GÉNÉRAL LA FAYETTE

noiis a empêchés d'avoir une armée patriotique. Plût au ciel qu'on nous eût délivré9 de tous ces officiers avilie par des préjugés ; ils quittent leur poste au moment du danger. Avec du patriotisme , du courage, et du bon sens, on forme en peu de temps des officiers, non pas à la prussienne, mais à la française....' Ou le décret d'accusation contre La Fayette, ou votre ignominie i Ou le décret oii> ravilissement dé la constitu-^ tien : ou le décret, ou vous élevez un trône à La Fayette sur les débris de la constitution. »

Brissot avait parlé deux heures; TimpatiènCe de l'Assemblée était devenue plu6 vive ; la discussion fut fermée. Un profond silence s'établit, le président mit aux voix le décret d'accusation ; on vota par assis et levé; la majorité fut évidente, ccll n'y a point lieu à accusation contre le général La Fayette , » proclama le président. -

Les tribunes publiques demeurèrent d'abord consternées et silencieuses. La minorité, étonnée pour un instant , récl4ma l'appel nominal et le vote public. Ce fut encore un mécompte; chacuri eut le courage de son opinion'; le décret d'accusation fut rejeté par quatre cent six voix <;ontre deux cent vingt-quatre.

jiussitôt que le résultat eut été proclamé, la minorité fut saisie d'une colère désespérée; Merlin de Thionville tenait des papiers à la main, il les déchira, et les jetant au milieu, de la salle , il s'écria- : ce Que le peuple reprenne ses pouvoirs , nous ne eommes pas faits <p«)ur le sauver, h

Les tribunes publiques n'avaient pas attendu ce signal pour pousser des cris de rage et de féroces me-r naces. Elles étaient une puissance, et la plus' effective de toutes, car elles représentaient la seule force qui

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suhfiistât en ce moment; elles formaient Tayant-garde des insurrections. Les agents du roi avaient voulu ga* gner ces fonbidables serviteurs des révolutionnaires, et y avaient perdu l'argent de la liste civile, autant qu'en payant leurs chefs. L'Assemblée n'avait jamais osé maintenir sa dignité et se faire respecter. Récemment encore, le seul moyen de police qu'elle eût risqué était >de préposer au bon ordre dans chaque tribune un commissaire élii par les assistants qui la remplissaient. ^

Ce jour-là , où le résultat de la séance était l'objet d'une attente passionnée , une foule' nombreuse se pressait dans les corridors, dans les salles, et aux abords de l'Assemblée ; la fureur des tribunes y trouva de l'écho. Leç députés du parti modéré furent désignés aux violences des séditieux; on les insultait par leur nom; on les montrait; on lançait sut eux des forcenés enivrés de haine par les déclamations des clubs et des journaux. Des pierres et de la boue étaient jetées sur les députés; les couteaux, les poignards, les sabres furent levés sur eux. Dumas fut tratué par terre; Oirardin fut frappé; Vaublànc, Quatremère, Lacretelle, Daverhoult furent poursuivis et sauvés du massacre par le courage et le dévonement de quelques bons citoyens et de quelques gardes nationaux. Gi« ràrdin dut la vie à un de ses collègues nommé Juery. Dumolard fut poursuivi jusque . dans un corps de garde par un fédéré qui criait avec rage qu'il lui couperait la tète , s'il avait l'audace de retourner à l'Assemblée.

Le soir,/ dans la séance des Jacobins^ on mit en question de publier* et d'afiicher k liste des députés qui avaient voté pour La Fayette. Un membre de la

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soelété se vaqtp. d'ayoir pourtjiiyi et maltraité phi-^ sieurs dépotés. Montaut^ député lui-même i mit auxvoix la proposition. Un a^endempat fut pré8enté> portant que la demeure de chacun de oés votants serait indiquée avec, leur nom* Conunô le» tribunes des. Jay cQbins n'étaient poiut» à ce moment^ composées poui" servir d'instrument de terreur 9 Un^H s'éleya^ontre. cette atrocité ; mais la proposition première fut {tdoptée.

Le leftdeoiain^ 9 août, là séa^nçe ne ppu^ait plus être une délibération; la. guerre civile était. x^ommeneée; lés d^ux partis étaiept ep présen^çe, non. plus comme des magistrats d'opinions, opposées, mais comme d4r^' récpnciliables et mortels éanfimis. La plupaH des députés metiaçés ou niialtraités avaient é^rit à FAssem* blée pour rendre compte des vidleoce^ exercées contre eux, et pour dét^larer que les votes n'étaient plus libres*. Led^ Jacobins, et même la Gironde qiii avait voulu celle intimidation , se montrèrent indifférents aux plaintes de leurs collègues. Un député, nommé* BaucaroB, avait couru le risque d'être accroché a la lanterne; les furieux, au moment où il fut délivré , le soulevaient déjà ; le ré-' cit de ce commencement d'exécution excita dans les tribunes un abominabte rire; lés interruptions du côté, gauche étaient du même. goût. Girardin raconta q^i'i) avait, été frappé avant même d'avoir quitté la salle.. « En quel endroit? cria un- de ses collègues. -^ Par derrié/e ^ les assassins ne frappent jamais autrement. »

Kersaint voulut faire. finir cette enquête; elle im* patientait cette portion de l'Assemblée qui était réso<^ lue À ne pas désavouer des actes coupables et honteux. «Lorsque no^is dey ons,< disait-il^ <^idcuter la conduite du premier fonctionnaire public^ la France verra peut-être avec indignîition que uût|s nous occu-

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pions de mëpripables délation», a Puis il sembla Acou^^ ser le parti modéré de susciter du désordre dans les tribunes pour di^réditer TAsBemblée.

Vaublanc répliqua énergiqueoient aux étranges pa« rôles de Toratëur. Les mots (c méprisables délationa >i

avaient excité de violents murmures. Vainement les Gi-

rondins voulaient arriver 4 la discussion sur la décbéaQce; la srtuatioii ne conipiurtait plus les combats de latribune et les épreuves du scrutin ; onélaitmanifeste* ment arrivé à la dernière séance d'une assemblée Ubra dana. ses discussiona et dans ses votes. Il s'agissait de savoir si désormais elle allait subsister sous l'empire de la violence. ]&tdit-iL possible de maintenir les der^ niers restas de l'ordre public et du règne des lois? C'était la seule question.

Yaublanc demanda . que le procureur général du département fût appelé v afin que l'Âssembléa' vérifiât si elle pouvait voter en sûreté; et comme les tribunea ne le laissaient point parler^ « Il vaut mieux , ditril^ qu'une bonne fois nous déclarions que nous sortirons d'ici. — : Oui ! oui I u criait le cOté droit , tandis que la gauche jiouasait d^autres clameurs.

On proposa de mander aussi le maire de Paris; il avait, disaît*-0Dy déclaré que, si la déché^t^ du roi tf'était point votée > c'en était fait de l'Assemblée:

Isnard , dont le témo^nage était invoqué , parla des efforts sincères de Pétioii pour maintenir Tordre et calmer les esprita; il blâma les égarements et : les excès populaires , mais en^ les imputant, aoit aux ma^ ncauvresdesariatixirateaf soit à l'inertie de l'Assemblée qui ne savait pas s'occuper du salut public et ne son» geait qu'à sauver le roi, tandis qu'elle, devait sauver le peuple des trs^isous du roi. « Le peuple est en gé<r

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