‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 42 sur 88 · OPINION GÉNÉRALE; SUR LÀ RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

OPINION GÉNÉRALE; SUR LÀ RÉPUBLIQUE

attendre le général Dumouriez désigné confine Bon successeur^ it partit avec plusieurs de ses amis et de ses compagnon^ d'armes et. sortit de France.

A sou départ 9 il écrivit à la munieij)a4ité de Sédau : « Je veux, éviter à votre ville des. malheurs i dont Je serais cause; le meilleur moyen de la. servir est, d'éloigner d'elle une tète que tQus les ennemis de la liberté ont proscrit^, et qui ne se courbera sous aucun despotisme. Pénétré, de douleur de j)e pouvoir plus êtrq utile à la. patrie, je ne me consolerai qu'eu faisant des vœux pour. que la cause sacrée de la liberté et de l'é* galité profanée, si elle pouvait l'être, par tes crimes .d'une faction, ne soit pas, du moins pour longtemps, assprvi^, et en renouvelant le serment d'être fidèle aux principes qui ont animé.ma.vie entière. »

La révolution du 1D août était donc acceptée par les armée^:et par leurs généraux. M. de Mohtesquiou , qui commandait sur la frontière des Alpcis.savorsiènnes, n'avait pas montré plus d'hésitation que M. dç ^iï'on.

Les séances ^ . telles que les rapportent les joulrnaux

contemporains, laissent. apercevoir peu de traces du.

tronble que produisit d'abard , dans l'Assemblée , le

refus d'obéissance de M. de La Fayette; on n'y retrouve

pas non plus le témoignage des inquiétudes qu^ellô

éprouva en attendant l'adhésion des provinces. Toute

liberté de la presse avait disparu ; il y allait de la vie

pour les journalistes indiscrets , s'ils se risquaient à

raconter là vérités Seulement on peut remarquer, dans

le compte rendu des séances , la joie qu'excitaient les

adresse^ des villes et des. départements où étaient pro^

clamés des sentiments sympathiques ou dociles à

l'événement.

OPlNlOIf.aÉNÉltALJË ,SUR VA RÉPUBLIQUE. Q09

, tVesl qu'en réalité, les promoteurs de la jouraée da iO^àoût, Giroqdins. ou même Cordelière, ceujL.du moins qui aya,îent.pru^ de sens que leurs instraments aveugles op insensés > ceux qui ^y^ient enflammé les bpinjtons ou ordonné Je combat, savaient très-bien que telle n'était point la volonté de. .la natiba y et que là souveraineté ^u p$uple n'avait été représentée' que pay iine bande d'însûjrgés; . I^orsquei bientôt après la discorde éclata entre les diverses factions révolutionnaires, leurs. controyers!es> produisirent d^s révélationfr et des témoignages où la vérité .doit être cherchée , plus que daas^ le langage officiel et déclamatoire,

Pétion, dans sa réponse à Kôbe^pisrre , en lui rappelant sesF frayeurs et sa fuite j dit ,. en parlant du comité insujfrectionnél : ((/J'ai vU'le mbmiMit où il n'âait plus fbrnié^uerde trois députés ; et de vingt ou trente citoyens;, 1^. terreur avait dissipé le reste. » Ailleurs il déclare que lorsqu'on entreprit l'insurrection du 10 ^oût, a il n'y avait que ciûq hommes en Friamcè qui voulussent ^républigne, w .

Dans . une- pu}>lication contemporaine V Soulavie ,, ami des Girondins, leur;donne la louange- (^d'avoir, mec trois, mille, nûvriers^ fait la révolution du lOaoût contre tout le royaume .des Feuillants , cQutre la.niajarité de la capitale et de l'Assemblée législative, »

Bjazot' écrivait : çr La majorité du peuplé français soupirait api^ès la royauté et la constitution de 4791, à Paris stirtont. . , . Une iourbe de misérables, sans intelligence et saris luinièi*es, vomissaient des iûjùrfes coiitre la royauté; le reste ne désirait, rie voulait ^e la oonstitution d<e 1791, et ne parlait 'dès réjfiublicains quecomlne oa.parle de fous.|çxirêmeirient hoiiriêtës....

Ce pettple'n'est républicain qu à coups de guillotine. »

2j0 MESUREE t>RIS'£S POtltT MODIFIER L^OPINION I^UBlIQtE.

Btissot lui-même > répondant au)c acciisatiotis qni Je condûiiBiirënt à réchafàud , é^cmait : « La pOpulàrité, dii moins à Paris et d^ns quelques autres villes, était pour les Ôoutbons* » .'-

. Trois semaitiès après le 10. août > Dapton donnait pour motif des jmassacre^ le petit! nombre et là fs^iblesse des répiiblicaimâ; domparés âve.e les royalistes.

. Aussi un des premiers Isoins qui occupèrent les ministres fut :d.'enyoyer dans les dépatrténients des. commissaires chargés d'éclairer les. esprits sur les événements du ,10 août* Le- choix «emblait g^ppartènir au ministre de rintérieu,r ; Roknd. demanda vingtquatre heures pour faire sa lifete. « Iq in!*eii charge , dît: Danton; upus ayons d'excellents patriotes à la commune ; » et le lepdèmaiq , il apporta, i^nè liste d'hommes pris parmi les orateurs des clubs > ou qu'il avait employés- à exciter la populace , gens nourris à soc école de vialenee et de cynisme.

Puis il fut question dé publier : un journal en afficfae> intitulé :, (< Compte rendu aij peuple souverain. » Fabre d'Égiantineiet Camille Desmpulins devaient en être, les principaux rédacteui^s. Danton slempara aussi de la direction de ce joumalv • L'Assemblée avait commencé par donner aux miqistre& un crédit' de dQux jnillrons pour dépeiisés sepl^ètes; DantQU :refusa d'en régler l'emploi en ccwir seil des ministres y et ^rottlut que chacun èât sa part et -en disposât4 Lac^enne fut considérable. C'est ainsi qu'il établit sa suprétnàtie sur le pouvoir exécutif . . Lui seul , dani^ te conseil , étvait l'autorité et l'action; lui seul représentait la réviolution qui

ÈfjLt m l'assemblée. , 2i 1

venait cle triompher, ce Je auis porté au ministère par un boulet de canon ^ » avail^il dit en s'imstaî-' lant. .. ^ / .

D^s ces premiers- iiM>meDts, sa domination ne setabla point 9*étendre sur rAsseniblée^ ni métne sur Ja commune; Une sorte d'eatratnemant général , sans subôrdinaiioQy sans concert , était la seule tinité dans cette atiarchie. , v

> De ces trois. po^y(>irs^ T Assemblée était le moins libre; le». Girondins paraissaient y régner; ils oeeupaienl la tribune; ils étaient riapporteurs des plus importants, décrets. Toutefois, ils n'obéissaient point à leurs propres opinions; ils allaient au delà de .leurs "projets et marchaient par l'impulsion d'événements dont ils n'ayaieïit point prévu la- portée. Selon leur babitu^le? ils ne voplaient pas être devancés en popularité : leur asiibition était plutôt vanité qu'instinct du. pouvoir.

, Les Jacobins Bazire,^ Merlin, .Chabot surtout, avaient une importance plus réelle ; ils étaient les amis de Danton et les compagnons des hommes de la commune. . ^ !

Quelques modérés s'étaient ris({ué8 à revenir siéger; ils restaient inaperçus, trouvant, une sauvegarde; dans lel^*/ qualité de représentants. Les unç tâchaient, p^T précaution ou par axnôur du pays-, de se rendre utiles dans .les conàmissionB en atténuant d^ articles de loi trpp injustes- ou trop déraisonnables; lej» autres s'occupaient: des p^épar^tife de défense, ^ et s'efforçaient de niaintenir un peu d'ordre dans l'adu^inistratibn militaire i .

Ce n'était donc pas la tyrannie d'une majorité qui

Page 1