ADKE6BE PRÉSENTÉE PAR ROBESPIERRE
seule préoccupation ; elle voulait des échafauds et des supplices; c'était ie thème de toutes ses injonctions.
Le 14 août, Robespierre ay ait paru pour la pf minière fois devant TÂssemblée; son nom n'avait p^sétéprônoiicé avant gu^ là victoire fût «assurée et complète; il se présenta au nom de ta section de la place Vendôme pour demander ({u'une pyramide élevée en Thonneùr des citoyens niorts en défendant la liberté au 10 août, remplaçât y sur la place Vendôme, la statut renversée d'un despote. .. .
t>e lendemain., il revint et parla au nom dé la commune : son langage avait un ton d'autorité*
« Depuis le 10 août, la Juste vengeance du peuple n'a pas encore été satisfaite. Le décret par lequel vous avez- ordonné que ceux qui ont fait :tirer sur le peuple seraient traduite devant une eôur martiale; est insufusant, il n^explique^ point la nature et l'étendue des orimes qufe le peuple doit punir. 11 y est parlé seulement des crimes du 10 août; c'est tnip restreindre la vengeance du peuple. Lés plus coupables des conspirateurs n'ont point paru dans la journée du 10 : La Fayette, qui n'était peut-être pas à Paris, mais qui pouvait y être, échapperait donc à la Vengeance nationale? Il faut au peuple un gouvernement^ digne, de lui; il lui faut de nouveaux juges créés pour les circonstanceà. Si vous nous donniez leis juges anciens, vous rétabliriez des juges prévaricateurs.:. Le peuple se repose, mais il ne dort pas; il veut la punition 468 coupables , il a raison ; vous ne devez pas lui donner des lois contraires à son vœu unanime, Nous vous prions de nous débarrasser des autorités constituées qui il'ont pas notre confiance! ÈfTacez le double degré
2t8 CRÉATION DU TRIBUNAl EXTRAOIVBIKAIRIS*
de juridiction qui^ en établissant des lenteurs, assi^re Timpunité. NeiiiB demandons que les ^coupables soienj; jugés. par des commissaires pris dans chaque section y souverainement et. en dernier ressort, n
L'Assemblée ne fit pas atteindre son obéissanoe^; elle décréta^ en p^ncîpe^ sur la proposition de Ghabot> que les coupables seraient jugés par une cour populaire^ lia éoinmission d&vait^ séance tenante, pppposer le mpde d'exécution. , ^
Pendant ^ue la;^ commission s'occupait de cette
tâche^ l'Assemblé^e entendit un rapport sur des pièces trouvées aux Tuileries; elles constataient. que. les ministré$ avaiei^t indiqué au ror uiiplan de conduite concerté- avec MM. Duport, Barriaye et Laméth.Ce plan consistait dans le veto rpyaly apposé aux décrets contre IcA émigrés et les prêtres, en même temps que le roi manifesterait hautement que les rassemblepieùtâ d'émîgré& sur la frontière étaient contraires, a sa volonté. Rien d'inconstitutionnel n'était proposé au roi ? rassurer l'opinion publique en 9e montrant énergique et sincère contre l'émigration, tel était le conseil qui lui ayait été donn^w
:^rnave> Lameth et les ministres furent aussitôt mis en accusation.
Puis la commission , par l'organe de Brissot, présenta, au lieu d'un projet de décret, une adresse aux citoyens Ae Paris; elle exprimait le désir de rester fidèle aux principes de la constitution , ai^x garanties de justice établies par des lois qu'avait dictées l'esprit de la vraie liberté. Ainsi la commission repoussait l'idée d'une cour martiale : «Ue ne voulait poiqf frapper les coupables avec le ^aive du despotisme ;
GRlS^ÀTlOV DU TRIBUIÎAL EXTRAORDmAIRE. 219
mais pi^enant en veonsidéf atiôn k méfiance qui s'éteit déclarée contre les tribunaux exîstanl^ ,et contre la justice orâinairie)^ la commission proposait, de former un jyry propre à inspirer uW confiance entière au peuple, un jury électif formé ^e quatr^ jurés ohoisis par chaque section. Dans cette liste seraient pris, d'àbord le jury d'accusation > puis )e jùry> de jugement. Le recours en cassatioa était supprimé, V
Sous ce langage sans sincérité, sous iietté apparence dé respect pour la liberté et la justice, Briâsot proposait le tribunal révolutionnaire : ce^e institution €st venue de la pironde , qui déj.à avait inventé la poUce politique confiée à radmii;iistr$.tion« Cette obéissance déguisée à la commune de Paris , ét^h accomipa'gnée ' de précautions oratoires , afin de se faire parçlonner les objections de forme que la com^ mi^sioû s'était permises.
« Vos enne^E^is sont vaincus; les uns ont expié leurs érinies/ d'autres sont daps les fers. Sans dôute-i il faut pour ceux-ci donçer un grand exemple de sévérité, mai^ il -faut le donner dLYeû fruit... 11 ne restera rien à désirer ni pour la célérité |. ni pour la justice..... Un peuple libre veut et doit, être- juste, m^me dans ses vengeances.... Soyez dans le <;alm(e ; attendez dans le silence le jugement de la loi; ilfrappera, et promptement, car vos jurés sont vos représentants. i> .
'L'adressé fut votée à l'unanimité. Le surlendemain, un envoyé de la coi&mune se présenta, ej; parla ainsi :
« Gomme citoyen, comme magistrat du peuple, je viens vous annoncer que ce soir, à minuit > le tocsin sonnera, la: générale battra; le peuple est las de n!ètre point, vengé- Craignez qu'il ne se fasse justice lui-
220 CBÉATION -Ht TRIBUNAL EXTRAÔRDINAIBIS.
même* ie demande qjit, sans désempàr^^ tfous dédrétiez qu'il aéra nomnoté par chaque section uâ. citoyen pour former un tribunal criminel. Je demande que ce tribunal siège au château des Tuileries, Je demande que Louis XVI et Marie-Ântoinettè , si avides du sang du peuple y soit rassasiés en voyanf couler le sang de leurs infamies* satellites. »
L'orateur delà commune avait. passé lâ^ mesure; il avait anticipé > de quelques jours , la mardhé dé la Révolution. Deux députés appartenant à la portion la plus ardente des Jacobins , Choudieu et Thùriot, s'indignèrent de ces menaces et fireiit entendre des paroles-d'une énergie que la Gironde n'aurait' pas risquée.
' Elles ne pouvaient pasrame'ner dans les limites de la justice et de Thumanité des liommes qui se savaient les maîtres. Conformément -à l'adressç votée par l'Assemblée, les sections avaient élu une liste de jurés; ils envoyèrent aussitôt' une députation. L'â^ dresse n'avait ri^n indiqué quant- aut juges qui devaient composer ce tribunal extraordinaire. * :
ce Je viens, dit l'orateur, au nom des jurés pour éclairer Tôtre religion, car vous paraissez être dans les ténèbres sur ce qui se passe à Paris.Uti très-petit nombre déjuges jouit de la confiance du' peuple* Si, avant deux ou trois heures , le juge , directeur du jury^ n'est pas nommé, si nous ne sotnmes pas mis en état d^àgir^ de grands malheurs se promèneront dans Pa** ris. Nous vous invitons à ne' pas vous traîner sur les traces de l'ancienne jurisprudence. C* est à force de ménagements que vous avez mis le peuple dans la nécessité de se lever; c'est par sa sèule^ énergie que le peuple^ s'est sauvé. Levez-vous, repjrésen-