CRÉATION DU TRIBUNAL EXTRAORDINAIRE
tants^! soyez grands . camine le peuple pour mériter sa confiknee. )J
. Eu réponse à cette réprimaiide,' Hérault dé Séohelr les présenta Le décret qui réglait la coa)p(^sitîon et la procédure du tribunal. '
^ Les jugés devaient être élus, ma^i s. par une élection à deux degrés ; ils étaientau nombre de huit et autant de suppléants ; le tribunal sédivisait en deux sections. Les directeurs du* jury d'accusation qui, selon les lois de cette époque, remplissaient Içs fonctions des juges d'instruction, étaient aussi électifs. Plusieurs, articles indiquaient des délais, les moindres possibles, pour l'élection des jug^s et la mise, en activité du tri-, bulfiah , . .
L'Assemblée lie discuta aucunement et. yotà le projet à runsmimité.. Dès le jour même les électeurs déjà nommés par les se^ctions procédèrent au choix des juges. Kobespiei^re fut élu le premier, mais ir n'accepta point; les autres juges étaient^ copime lui, des membres de la cpmniune, quelques-uns connus alors par leur ardeur .révolutionnaire. En aiinonèant ces nominations V le Moniteur ajoutait, sans null^ ré* flexion : ce Les exécutions se feront sur la place du Cacï^usel. « . '
La création de ce tribunal était loin de satisfaire les pétitionnaires. Le i9 août,. Mar$t, devenu le gbide et le cbef de^s hommes qui voulaient du sang,: imprima dans son journal. un article où, après avoir parlé de la scélératesse de l'Assemblée et de la cômpog^ition du. tribunal, i) s'exprimait aiosi : « €etté vermine du barreau ,;gangrenLé(} d'aristocratie. » Puis il remarquait que l'on avait choisi une marché des^ tinée à. tirer les choses en longueur, à différer :1e
222 PREMIÈItÇS CONDAMNÀtIOUS RÉVOLUriONIlMRES.
supplice des traitreis et à donner le temps à leur chef Moitié d'arriver pour les délivrer r « car il passe pdur çonstaht quHl marche à la fête <le son arpiéè contre Paris.
^< Quel est donc le devoir du peuple? A y a deux partis à prendre. — rLe premier de. presser le jugement des traîttres détenus à T Abbaye , d'envelopper les tribunaux et T Assemblée, et .. si les.< traîtres sont blanchis, de les massacrer avec le nouveau tribunal .et les ^élératsi faiseufs du perfide décret. — Le dernier partie le plus sagc^et le plus sur, est de se porter en armes à V Abbaye^ d'en >rracher les traîtres, et particulièrement les officiers suisses et leurs comr plices, et de l.es passer au fij de répée. Quelle tolie de vouloir faire leur procès ! Il est toiit fait ; vous les a^ez pris l^s armes à la main contre la patiria;'vous ayez massacré Ij^ soldats ; pourquoi épargneriez-vous leurs officiers ? »
Le 21 àQÛt,. le tribunal' condamna à mort lin maître dC; langues nommé d' Ang^emont, <|ui ^ avait autrefois donné des léçQus à la reine; il était accusé d'embauchage, pour avoir, le 10 août, cherché à susciter parmi les gardes liatipnaùx des défenseurs. au roi; il fut etécuté le soir même.
^ Le 24, M. d'AfEri, commandant supérieur des Suisses, justifia qu'il ù'était point aux Tuileries le 1 aroût. Son grand ^e avait afi^bîi. son courage et ses facultés. On sut lui' faire dire qu'il s'était refusé aux in^ stances de la reine, lorsqu'elle avait voulu lui prescrire dé faire tirer sur le peuple, jl fut acquitté, et ce jugement fit éclater une vive satisfaction parmi les assistants^
MEMIÈRÉS G6H1)AMNAT10NS héyolotionnaiaes.^ 223
L'instruction du procès de M. de Laporte, intendant de la liste civile, fut longue. C'était un homme respectable ; la conîmulie avait envoyé, pour l'arrêter «t pour saisir ses papiers, Hébert, le rédacteur du honteux jpui*nal h Pire Duchesne. Au 90m de cet homme se trouve accolé, dans les registres municipaux, le nom de. Chénier. M: de Lapôrte fut d'abord interrogé par des commissaires' municipaux. C'était en vertu des pouvoirs conférés aux municipalités que se faisaient l'arrestation, l'instruction préliminaire et le renvoi des prévenus devant le tribunal;
M.^ de Laporte se défendit avec calme et dignité. On luirprouvà seulement qu'il avait payé, des journaux, des pamphlets, desafiibhes contraires aux opinions 'qui avaient triomphé. Le jury déclara qu'une conspiration avait existé, et que M. de Laporte en était cdnipliee; il fut condanrné. « Puisse ma mort, dit-il, rarmener le calme dans Vempii:e, et mettre un terme aux discordes civiles ! Puisse mon arrêt de mort être le dernier jugement injuste de ce tribunal ! >> \
il monta cQurageusement à l'échafaud. On raconte qu'une pauvre femme, qui souvent aVait reçu de lui des secours dus à la bienfaisance du roi, s'écria: (t Peùt-ori fjaire mourir un si brave homme? ^ et qu'elle fût massacrée sur-le-champ.
Le lendemain, Durosoîr, i:édacteur du journal rAm du rvif fut aussi condamné. C'était un homme plein de zèle dans ses opinions et de vivacité dans lés controverses politiques. «Il est beau pour un royaliste de mourir le jour de la Saint- Louis l» écrivit-il dans une lettre qu'il fit remettre au président.
Lé tribunal procéd$it avec une cei^taine observation dés formes et une gravité qui prouvaient que
224 BATAIi.L0N BES 7>MNI^ICIDE^«
' lés habitudes iudîciaïre» survivaieTît encore aux lois et à la jiistiçè- 11 eii sésultak uiii& lealeqr dont a^mpatientaient les hopinies qui \^oulaieqt un0 justice plus sommalï^e.^ . , . . ;
Le parii vainquieur se préoccupait uniquemeiit /Je yengeances et de supplices; il ue songeait pas;, .ea ce lôonitent,^ àujc dangei^ qui pquvaiebt mena<;er^^ iiob pas àeuljBineiit la factiou répiiHlieainejj maisriionnèUr et riadép^nd^nce de la patrie. .
' \." ■»'■'' '',••"' ■ ' . ' • . ' ■ - ■ ' ■ > Au milieude.ce trouMe anarçhique, de cette aboli-
tioa.de rbrdre public, r\AssEml:)léé inpntrait un plus
véritable patriotisme ;. sur la proposition dés; députés
qui avaient quelque coniiaisaaace ;de,,rad.'ministî'atiDn
eil de la idi^cipliae miUtaire, elle adaptait des. me^^
destinées à la défeose des frântîèrôs menacées, et
, surtout\âL haier le recrutement dçs armé^Sy- '
Ce sehtimjbnt honorable se vproduisjait parfois ^sous une forme sauvage et insensées ua jour^ Jeap de Bry proposa Torganisation d'uii corps de dp\M5e cents iy^ . ,rapmpides, qui se dévôùemieti.tà aller attaquer, corps à corps, individueyeineiît, lés ly/ank qui faisaient la guerre à la France^ .et les généraux préposés pour a;neantir la liberté. X , .\ -
Chabot et Merlin déclarèMnt aussitôt qu'ils, s'enrôler?iienl dans ce corps, dès; qu'ils auraient cessé Jeurs fonctiôn;3 législatives.
Cette propositioa allait devenir, un lâécret de l'Assenlblée naliQDîçile ; Vergniàud prit la parole, et après avpir diï qû!il n'examifierait point la que^stion de naioralitéy dont la solution était dans , toutes les âmes , il fit remarquer qu^abdlir les règles de la- guerre loyale et du droit des gens, c'était appeler des répré-