‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 48 sur 88 · DÉCRET CONTRE LEB PRÊTRES · texte numérisé non relu

DÉCRET CONTRE LEB PRÊTRES

sailles et que les ennemis ne manqueraient pas de créer un corps de généralicides.

Il se trouva un orateur , nommé Mailhe , pour soutenir le projet.- Jean de Bry, lui-même , comprit qu'il y fallait reiiôncerj Tidée des représailles le toucha; c( comme il estimait la vie d'un homme libre plus que la vie de tous les rois, » il demanda seulement le renvoi à une commission.

« Le renvoi même à une commission est une injure au peuple français ; je démande Tordre du jour, » s'écria Henri Larivière. L'Assemblée pensa pourtant qu'elle devait des égards aux intentions de Jean de Bry ; le renvoi fut voté, mais la commission ne fit pas de rapport.

Cette fièvre révolutionnaire, ce délire qui abolissait la raison, l'humanité et tous les sentiments sociaux, s'allumait de jour en jour davantage; nulle résistance et presque riulle contradiction ne l'arrêtaient dans son progrès ; un décret contre les prêtres en fut un sinistre témoignage.

L'irréligion avait pris à cette époque le caractère du fanatisme. La philosophie et la littérature du xviii* siècle avaient répandu dans les esprits, non pas même Tindifférence et le scepticisme, mais une négation hautaine, absolue, intolérante. Les écrivains, dans leur polémique, dans ïa yérve de leurs controversés, ne savaient pas sans doute quels ravages ils produisaient; ils croyaient n'enseigner que l'incrédulité; l'invective n'était pour eux qu'un excès de langage ; leurs ignobles injurei^ ne prouvaient qu'un manque de mesure et de goût. Mais lorsqu'en parlant de la religion on eut écrit pen- I. 16

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