‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 49 sur 88 · DÉCRET CONTRE LES PRÊTRES · texte numérisé non relu

DÉCRET CONTRE LES PRÊTRES

dant vingt ans : (c Écrasez l'infâme; » Iprsqu^on en fut venu au point de dire : '

« Et mes mains ourdiraient les entrailles du. prêtre * , A défaut d'uQ. cordon , pour étrangler les rois ]»

lorsque de^ tels livres furent, devenus classiques dans toute une générationy il en résulta que les âmes grossières perdirent, non - setilemeût la fpi et le respect, mais la mansuétude, la tolérancie et la justice. La véhémence du langage avait accoutumé les imaginations âne reculer devant aucune extrémité. Le vulgaire des esprits forts ne pouvait plus prononcer le nom de prêtre sans un accent d'injure et d'irritation ; ils croyaient se délivrer d^un joug tyrannique , se garder de la Saint-Barthélémy et des bûchers de l'inquisition, en poursuivant de malheureux ecclésiastiques que leur habit suffisait à rendre odieux. •

L'Assemblée constituante les avait dépouillés, et avait voulu les côûtraihdre à entrer dans une nouvelle Église établie par la loi civile.

L'AsJsçmblée législative avait commencé la persécution; elle avait âuppriitié la liberté des cultes et mis le clergé sous une. loi d'exception et de police. Les deux partis qui se . combattaient sur lé tçrrain. de la politique^ s'accordaient faëileinent dès qu'il s'agissait des prêtres. L'irréligion fijivole des uns votait avec rincrédulité haineuse et violente des autres*

Le 28 juillet, le ministre de l'intérieur avait informé l'Assemblée des circonstances d'une émeute où deux prêtres avaient été massacrés à Bordeaux» Les

* Diderot.

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