LIVRE PREMIER
l'âÎSS^MBLÉB législative. — ! LE 10 AOUT.
Le 30 septembre 1 791 y au moment où l'Assemblée législative venait saccéder à T Assemblée cpdstituantey la Révolution aurait pu sembler accoinplie ; une con-p stittition ' laborieusement discutée {tendant plus de deux années^ parmi tant d'hommes éclairés, honora^ bles^ animés d'un v:éritab1e patriotistné, amiâ sincères de la liberté, venait d'être achevée* Le roi l'avait acceptée, avec plus de résignation sans doute que de conyiction^ mais avec la volonté d'eti faire l'épreuve.. Le jour où, en apparence libre et persuadé , il s'était
2 L^ÉiyGRATION.
soumis aux cOiicUtions de cet. acte solonael, où il en avait fait ua contrat entre la nation et lui. le ^entîment pubUc s'était ému de joie et de^ confiance; le |xeuple àp Paris avait, pour quelq.ues instante^ témoi-^ gné son conteintemetit et presque son afTectibé^^ Tous les vœux qui avaient appelé et accompagné la convocation des états généraux , toutes les exigences qu'avaient suscitées lès insurrections victorieuses avaient été cbuvertiésJen lois par l'absolu pouvoir de; l'ABsembléè nationale.
Et cependant nulle sécut*ité n'était venue calmer (es efsprits^ ni donner bon espoir dans l'avenir. La plus faible intelligence , la plus légère réflelion , suffisaient pour donner la triste certitude que la France n'avait pas atteint un dénoûment> qu^elle était encore en cours dé révolution,
Dès le lendemain du 14 juillet, aussitôt que L'autorité royale eut été contrainte de céd^r aux volontés populaires^ un des frères du roi, les trois princes de Condéy un nombre considérable d^ gentilshommes de !a co^r et de: l'atmée, avaient quitté la France. Depuis deux ans ils.solli:eitaient lés souverains de l'Europe^ leur demandant d6 les ramener à main armée et de dompter le mojavement national qui^ à leurs yèux^ a'était qu'une mutinerie encouragée par la faiblesse du roi- P«u à peu le nombi^ d^séniigrants s'était augmenté: les uns^^fujaient le^ désordres qui > danâ quelques provinces,. les avaient n;ienacéÂ;. lés autres étaient déc<;^uragés de l'inutilité des efforts que le parti royaliste avait tentés dans l'Assemblée constituante pour sauver le ^ pouvoir et la dignité monarchiques ; la plupart étaient entraînés par ]a mode et la