PÉTITIONS CONTRE LES LENTEURS DE LÀ JUSTICE
les igaorànees de ses accusateurs. L'Assemblée lui avait permis de se retirer. Un autre Girondin i Lasource, voulut que y par précaution, il fût retenu en prison. '
Son parent^ le marquis de Montmorin, gouverneur, de Fontainebleau , dont les papiers:, saisis aux Tuileries où il avait un logement, étaiejit devenus un motif de soupçons, fut aussi mandé à la barre. Il se justifia. Bazire trouva ses* réponses spécieuses, mais elles demandaient > disait-il, une méditation réfléchie. L'Assemblée le renvoya à l'Abbaye pour être traduit devant le tribunal extraordinaire.
L'impatience des lenteurs de la justice. Je besoin de voir couler le sang sur leâ échafauds , continuaient à fermenter parmi les révolutionnaires dé la cômnmne et des sections. Le nouveau Iribiinal commençait à peine ses procédures; on l'attendait à l'œuvre; mais on s'in* dignait depuis longtemps qu'aucune condamnation ne fût encore prononcée par la haute cour, qui siégeait à Orléans. Un pétitionnaire s'était déjà plaint de cette lenteur et de l'impunité des. crimes. « Il semble, disaitil, qu'un décret d'accusation soit un brevet d'immortalité. »
Quelques jours après, vint une députation du conseil général. « Il est temps, dit l'orateur, que les criminels d'Orléans soient transférés à Paris pour y subir le suppliée dû à leurs forfaits; Si voua n'accorder; pas cette demande, nous ne répondons plus de la vengeance du peuple. Vous nous avez entendus, et vous savez que rinsurtection est lin devoir sacré. Nous voulons une vengeance prompte , non par les formes anciennes, mais par une cour martiale. »
SITUATION DE L'âSSBHBLÉE. 234
Hérault de Séchellés présidait FÂssemblée; il ne put endurer un tel langage. «Les menaces, ne produiront, répondit41 , d'autre effet sur rAssemblée que de la résigner à mourir à 3on .poste. Ce n*est pas à nous qu'il appartient de. changer la constitution : c'est à la Convention nationale. Vous lui présenterez vos péti* tions; elle seule pourra changer ^organisation de la haute cour. Nous avons fait notre devoir. $i notre mort est une ^ernière preuve nécessaire pour en convaincre le peuple; si son effervescence, dont vous nous menacez , ne peut être calmée, qu'il dispose de notre vie. w ' . .
Voici en quelle situation se voyait rAssemblée nationale;, c'était sous cette menace qu'elle avait ù délibérer et à voter. A chaque instant pouvait se lever contre elle la même tourbe qui avait, deux semaines auparavant, renversé la royauté. Des commencements d'^émeute éclataient, tantôt sur un point, tantôt sur un autre. Un jour> F Assemblée envoya en toute hâte deux commissaires pour préserver du massacre de paiivres sœurs- de la chaHté, qu'un rasseniblèiuent assiégeait à la section du Roule. Les commissaires eurent le bonheur de les sauver, et revinrent annoncer la soumission du peuple à la loi et sa confiance dans la réprésentation nationale.
Cependant 1! Assemblée n'était aucunement rassurée; elle était loin d'avoir la certitude d'être respectée; elle s'iBquiétait de la fermentation qui croissait chaque jour. Les hommes de la municipalité savaient que lour pouvoir usurpé et l'usage qu'ils en faisaient ne pouvaient point se prolonger; ils ne voulaient pas y re lioncer, surtout à l'époque prochaine des élections,