‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 55 sur 88 · PROJETS D£ MASSACRES · texte numérisé non relu

PROJETS D£ MASSACRES

Il 86 décida^ non sans s'être consulté avec quelquesans de ses amis et de ses fidèles. Quels furent ceux dont Topinion l'encouragea à cette résolution. et quels autres y contribuèrent par leur formel assentiment? Les mémoire^ et les traditix>ûs varient sur la part plus ou moins active que chacun des conseillers dont il s'entoura prit à la sanguinaire détermination: Plus tard^ quelques-uns essayèrent d'échapper à cette terrible responsabilité, Billaud-Varennes et CoUot d'Herbois ne la désavouèrent jamais.. Tallien^ Fabre d'Églantine, Camille Desknbulins^ li'ont jamais réussi à s'en laver; Manuel y consentit par lâcheté^ et eut même sa part dans l'exécution. Robespierre fut de cet avis> mais son nom n'apparut point parmi les ordonnateurs d^i massacre.

Le 28 août, à la séance du soir, les ministres se présentèrent à l'Assemblée ; Danton parla ainsi :

« Le pouvoir exécutif m'a chargé d'entretenir l'Assemlblée nationale des mesures qu'il a prises pour le aalut.de l'empire.. Je motiverai ces mesures en ministre du peuple^ en ministre révolutionnaire. L'ennemi menace le royaume; mais l'ennemi n'a encore pris que Longwi. Si les commissaires de l'Assemblée ji'ayaient pas contrarié les opérations du pouvoir exécutif , l'arknée de Luekner> confiée à Kellermann^ se serait concertée avec celle de Dumouriez. Vous voyez que nos dangers ont été exagérés. Il faut que l'Assemblée se montre digue de la nation. C'est par une convulsion que nous avons renversé le despotisme ; ce n'est que par unie grande convulsion nationale que nous ferons rétrogràdej: les despotes. Jusqu^ici, nous a'avons fait que la guelrre simulée de La Fayette; il faut faire une guerre plus terrible ; il est temps de dire au peuple

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qull doit se précipiter en niasse sur les ennemis. Le pouvoir exécutif va nommer des commissaires pour aller exercer dânp les dépârtempnts ^influence de l'opinion; il a pensé que vous deviez en nommer aussi pour les accompagner > àfiQ que la réunion dés représentants des deiix pouvoirs produire xin effet plus salutaire et plus- prompt. Uùus vous proposons de déclarer que chaque municipalité sera autorisée à prendre l'élite des hommes bien équipés qu'elle possède. On a jusqu'à ce moment, fermé les portes de la capitale^ et l'on tt eu raison; il éts^it important de se saisir de& traîtres. Y en' eût'il. trente mille > il faut qu'ils soient arrêtés demain, et que demain Paris communique avec la France entière, ^ous demandons que vous autorisièz^ le» visites domiciliaires. Il doit y avoir quatre-vingt mille fusils à Paris.; Eh bien! il faut que ceux qui sont armés volent aux -frontières. Go'mnient les peuples qui' ont conquiâ la liberté , l'oiit-irs oonservèe? Ils ont volé aux ennemis, et ne les ont pas attendus. Qi;e dirait la France/si Paris, dans sa stupeur, iattendait l'arrivée :de& ennemis? Le peuple français a voulu être libre, il le sera bientôt. Des forces nomr bretises fieront rendiies ici. On mettra à la disposition des municipalités tout ce qui sera nécessaire, eu prenant l'engagement d'indemniser lés possesseurs. Tout appartient à la patrie, quand la patrie est en danger. » Ce discours fut applaudi ^ Sans exciter toutefois un grand enthousiasme dans l'Assemblée. Une discussion insignifiante s'éleva sur l'envoi de^ commissaires et sur; l'interventioh directe de l'autorité législative dans l'exercice du pouvoir* exécutif. On ne parla point des expressions vagues et menaçantes du tûinistre de la justice. Les visites . domiciliaires furent autorisées

MESURES. PBISES PAJl tA COMMUNE. 23T

pour rechercher des armes » et désarmer les gens suspects. Quant aux arrestations , elles étaient devenues licites depuis le décret sur, la police, politique /confiée au? municipalités. . .

En sortant de r Assemblée. Danton se rendit à la commune^ Il parla des mesures de vigueur nécesssjiires dans les circonstances actuelles ; il proposa , entre autres^ de faire dans chaque section une liste des ci* toyens nécessiteux qui étaient propres au service militaire et de leur assigner une paye. Trois jours après, on vit pour quel service ils avaient été enrôlés.

Ce jQur-là, Danton et Marat, réparés par, une mésintelligence passagère, se réconcilièrent et s'embrassèrent*.

Le conseil général ordonna que tous les citoyens absents de leur domicile seraient tenus d'y rentrer; que les commissaires qui saisiraient dçs armes en tiendraient registre, afin que le. conseil pourvut à leur distribution; que toutes le^ maisons resteraient éclairée^ pendant la nuit; que les sections suspendraient les opérations de leurs assemblées primaires, et s'occuperaient de l'élection des commissaires chargés de l'arrestatioh des citoyens suspects.

L'exécution de cette mesure jeta le trouble et Teffroi dans toute la ville. Les barrières étaient fermées. Au commencement de la nuit, des commissaire^ def section, qui s'étaient donné à eux-mêmes cette thlsi^îon, com^ piencèrent les visites de maison en maison, ep ayant soin dé faire garder les deux bouts de la rue. Aucun contrôle, aucuif ordre supérieur, aucune ré-

V Séance du conseil général de la communey 29 août. * Méiûoirea de M'."' Roland.

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clamation n*appêtaient • rinVasion àrbitrqlire - des domiciles; ils fouillaient ' partout, bouleversaAt lés meubles, eafonçant les portes. La haine d'uu de ces misérables, un soupçon sans fondement, liue calomnie répandue dans le quartieîr, les fantaisies du fanatisme politique pouvaient àévir sans empêchenient. L'occasion était favorable aussi pour les repris de justice où les voleurs. Les secrétaires étaient forcés; les cassettes et les çcrinsemporté^f. Parmi les commissaires, les plus honnêtes apportaient leurs saisies à l'Hôtel de Ville. Les salles et leS' bureaux étaient encombrés de malles, de boîtes, de cartons. Quant aux armes on en trouva peu; cette recherche ii'était 'qu'un prétexte.

Ces premières arrestations furent notiibreuses; elles se multipliaient sans mesure ; on en faisait de toutes parts, non pas seulement dans les maisons, mais dans les ru0s, siir les places, dans lès jarçlins, partout oh arrêtait. Les fiacres et les gendarmes ne suffisaient poînl; à transporter et à conduire les suspects qu'on saisissait. .

Les prisons étaient pleines; lés détenus étaient d'abord entassés dans un grand dépôt placé près de la mairie. Des con;Lmissaires leur faisaient subir des interrogatoires y puis les envoyaient dans les pirisons où à peine ils trouvaient placé ; quelques-uns étaient mis en liberté; •

Tout ce qui venait de se passer dans la journée du 29, et les horreurs dont on se savait metlàcé réveillèrent cependant un peu d'énergjie dans l'Assemblée* Le ministre de l'intérieur était venu représenter que le comité des subsistî^nces avait été cassé par le conseil général^ et que l'approvisionnement de

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