‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 58 sur 88 · QtSGOCRS DE TALLIËN · texte numérisé non relu

QtSGOCRS DE TALLIËN

semblée qu'Us en sont redevables? Vous avez applaudi vous-mêmes à toutes nos mesjures.... tout ce que nous avons fait y le peuple Ta sanctionné* Ce n- est^ pas quelques factieux , comme on voudrait le faire croire; c'est uu million de citoyens.... Nous éii6n% chargés de sauver la patrie; nous Tavions juré. Nous avoirs cassé une municipalité feuillantine et des juges .de paii indignes de ce beau titre. Nous n'avons donné aucuii ordre contre la liberté des bons citoyens; mais nous nous faisons gloire d'avoir séquestré les biens des émigrés, d'avoir fait arrêter? des conspirateurs et de les avoir mis entre les mains des tribunaux pour leur salut et pour celui de l'État; nous avons chassé les moines et les religieuses, afin démettre en vente leurs maisons; nous avons proscrit des journaux incendiaires; nous avons ^fâit des visites domiciliaires. Qui les avait ordonnées? Vous.. Les armes «aisies chez lés gens suspects seront remises entre les niains des/ défenseurs de la patrie. Nous avons fait arrêter dés prêtres perturbateurs; ils sont renfermés, et sous peu de jours lé sol de la liberté sera purgé de leur présence.... Une seule section a réclamé contre nous; ndais spn vaiu n'anéantira point celui d'une majorité très-prononcée. Hier les citoyens, qui remplissaient nos tribunes, nous ont juré qu'ils nous, conservaient leur confiance. Si yous nous frappez^ frappez donjB aussi le peuple, qui a fait' la révolution du 14 juillet, qui l'a consolidée le 10 août, et qui la maintiendra.

. «f Vous ôous avez entendus : prononcez^ nous sommes là. Les hommeis du 1 août ne veulent que la justice et n'obéissent qu'à la volonté du peuple. »

Lacroix était président; il répondit avec une dignité

LUTTE ENTRE, l'assemblée ÊT LA COMMUNE. 243

ferme : a Que dirait la France/di Paris investissait un cousait provisoire d'une autorité dictatoriale? S'il voulait s'isoler du reste de l'empire et lutter d'autorité avec l'Assemblée nationale? Paris ne donnera point cet exemple. Un décret a été rendu hier. L'Assemblée a rempli ses devoirs. Vous remplirez les vôtres. Elle examinera. votre pétition. Vous devez tout attendre de sa justice. »

Trois citoyens s'étaient avancés jusqu'à la barre r « Peuple des tribunes, Assemblée nationale , cria l'un d'eux, et vous, monsieur le président, nous venons, au nom du peuple qui attend à la porte, demander 'à défiler dans la- sdle pour voir les représentants de la commune qui. sont ici. Nous maurrons, s'il le faut, avec eux. a :

Vergniaud avait pris le fauteuil : « Les intérêts du peuple sont compromis, dit-il, si Ton manque de réspect pour les représentants de là nation : l'Assemblée vous invite à aller dire à vos concitoyens qu'elle maintiendra également ïa liberté du peuple et le respect. dû aux autorités constituées.

. — Le peuple est libre et on lui ôte sa liberté, répliqua le pétitionnaire.

— Ot nous, sommes -nous libres?»' repiartit Lacroix.

. Les magistrats niunicipaux étaient restés à la séance^ Manuel 'fit arrêter les insolents pétitionnaires.

La lutte semblait engagée entre le conseil qui ré-^ gnait à l'Hôtel de Ville et l'Assemblée nationale, entre la Gironde et la faction qui en ce moment avait pour organes Danton et Marat; mais la partie n'était pas égale. Lors même que l'Assemblée aurait eu une détermination et un courage qui lui manquaient, elle

244 LUTTE ENTRE l'aSSËHBLËÉ ET LA COMMUEE.

était saas nulle puissance. Aucune.force armée n'était à sa disposition; la garde nationale de Parla avait pour commandant Santerre ; elle ne pouvait recevoir d'ordre que de Pétion. H n'y avait à compter ni sur l'un,, ni sur l'autre. Santerre n'avait -ni honneur, ni sincérité; Pétion ne pensait qu'à se dérober à toute rësponsabili1;é : il n'était plus rien dans sa mairiie. Roland et Servan fléchissaient sou^ Danton, leur radoutable collègue.

Les Girondins auraient pu trouver quelque appui dans l'opinion modérée , dans le parti constitutionnel; mais ils avaient travaillé à l'anéantir, à le disperser ; il ne subsistait plus : d'ailleurs la Gironde s'était mise ail point de ne pouvoir revenir en arrière; die avait ce vain orgueil des opinions passionnées , qui ne sa^ vent pas s'avouer kurs fautes et leurs /erreurs , ni se rallier à ceux qu'iîs ont combattus.

La tentative qiie l'Assemblée venait de faire , pour saisir le pouvoir et arrêter le mal, était donc destinée à précipiter rs^ccomplissement des résolutions déjà prises. Maintenant il s'agissait, pour ces l^ommes sanguinaires, de rester maîtres et de -ne pas avoir à rendre compte du mal qu'ils avaient déjà fait.

Mais leurs projets, mais le^carnage qu'ils avaient préparé ne pouvaient être mis à exécution que parmi un désordre public ; ils - voulaient donner à teurs crimes une apparence de convulsion populaire , de soulèvement patriotique..

Le tribunal extraordinaire venait d'acquitter M. de Montmorin, non point le ministre, qui toujours poursuivi de la haine des Qirondins venait d'être mi3 en accusation par l'Ajssemblée; mais le gouverneur de Fontainebleau , contre lequel il n'y avait pas la moin-

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