‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 59 sur 88 · TRISTES NOUVELLES DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

TRISTES NOUVELLES DE LA GUERRE

dre inculpatiouy même apparente. Danton avait arbitrairement ordonné ]a révision de son procès et Tavait maintenu en prison./ Cet acquittement était un nou-. veàù et grave sujet d'irritation pour les hommes qui demandaient du sang, mais il n'y avait pas prétexte suffisant pour insurger la population de Paris.

Une cause pltts puissante, vint répandre Tépouvante et ^presque le désespoir; on reçut, le 1*' septembre, la nouvelle que l'armée du duc de Brunswick se portait en avant' et que Verdun était assiégé. On savait que cette place n'était pas en état suffisant de défense. La commune prit soin d'eïagérer les alarmeà; elle fit une proclamation qu'eHe communiqua à. l'Asseniblée le 2 au malin.

« Citoyens, l'ennemi est aux portes de' Paris. Verdun, qui l'arrête, né peut tenir que huit jours.. Le$ citoyens qui la défendent ont juré de mourir plutôt que de se rendre : c'est vous dire qu'ils vous font un rempart de leurs corps. Il est de votre devoir de voler à leur secours. Citoyens^ marcbez à l'instant soiis vos drapeaux; allons nous réunir au Champ de Mars; qu'une armée de soixante mille hommes se forme à Tinstant. Allons expirer sous les/coup^ de Tennemi , ou Texterminer souâ les nôtres. »

Après avoir entendu la lecture de cette proclamation, Vergniaud, avec l'entraînement de son éloquence , parla des devoirs que de si grands dangers imposaient au peuple dé Paris , des terreurs paniques' que les émissaires de la contre-révolution chercher raient à répandre; du projet que les ennemis semblaient avoir de se porter sur Paris en laissant derrièreeux les places fortes et les armées françaises;

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de lUmprudence dlùne telle tactique et de Tespoir qu'elle devait donner à la résistance^

II, terminait ainsi : (c Hommes du i4 juillet et: dn 10 août^ c'est vous que j'invoque; oui ^ l'Assemblée nationale peut compter sur votï*e courage. Cependant^ pourquoi les retranchements du camp qui dûit défendre Paris ne sont-ils pas plus avancés? Où sont les bêcb^s;, les pioches y qui ont élevé Fauter dé ia patrie et nivelé le Champ de Msu^s ? Vous -avez manifesté une grande ardeur pour les fêtes) vous n'en aurez pas^ moins pour les combats^ You? avez chanté la.liberté; il faut la défendre. Nous n'avons plus à renverser des rois de bronze; mais des rois environnés d'armées puissantes* L'Assemblée nationale est aujourd'hui plutôt Un grand comité militaire qu'un corps législatif. Nous envôrropQ chaque jour deux commissaires au- eamp^^non pour exhorter, par de vains . discours , les citoyens à travailler^ mais pour piocher euxpeines; il n'est plus teijips de. discourir i U;faut piocher la fosse de nos ennemie, ou chaque pas qu'ils feront en ,av9.nt piochera la nôtre. » ^ ^

C'était de retentissantes paroles , mais cilles. ne tou^ chaient pas au réel de la situation^inili taire y . encore moins s'appliquaient-elles à la situation politique.

Danton vint parler un autre langage^ ce II est satisfoisant, messieurs, pour les ministres d'un peuple libre d'avoir à lui annoncer que la patrie va .être sauvée.. Tout s'émeut, tout s'ébranle, tout brûle de combattre. Vous savez que Verdun n'est point encore au pouvoir de nos ennemis. Une partie du peuple va se porter aux frontièrcfs , une autre va creuser des retranchements , et la troisième , * avec des piques , défendra l'intérieur dé nos villes. Pariç va seconder ces

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grands efforts; les commissaires de la commune vont proclamer Tinvitation aux citoyens de s'armer et de marcher pour la défense de la paitrie. C'est en ce mo^ ment, messieurs^ que vous pouvez déclarer que la capitale. a bien mérité de la France entière. Nous de* mandons que vous concouriez -avec nous à diriger ce moQYemént sublime du peuple. Nous demandons que quiconque refusera de servir en personne ou de remettre ses armes soit puni de mort. Le tocsin qu'on va sonner n'est point un. signal d'alarme > c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs; il nous faut de l'audace, fsncore de l'au-^ dâce, toujours.de l'audace, et la France est sauvée. »

Le vrai sens de ces paroles était connu de tous; chacun savait quelle était cette audace, et à quoi elle allait s'employer.

Deux jours auparavant, Danton s'était expliqué plus clairement. L'idée de transporter le. siège dé l'Assemblée nationale hors dé Paris , en y laissant le pouvoir exécutif, avait été mise en ayant et répoùssée sans contestation. Écartant cette question, sur laquelle on était d'acCordt Danton, avait dit : « Le 1.0 août nous a divisés en républicains et en royalistes ; Iqs • premiers peu nombreux et les seconds beaucoup. Dans cet état de faiblesse, nous républicains, nous sommes exposés à deux feux, celu^ de l'ennemi au dehors, celui des royali3te8 au dédans. Il est un directoire royaliste qui siégp secrètement à Paris et correspond avec l'armée prussienne. -Vous dire où il se:. réunit et qui le compose serait impossible, aux ministres; pour le déconcerter.^ il faut.... il faut faire peur aux royalistes. » Un geste affreux acheva d'exprimer la pensée de Danton^ Personne

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