‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 61 sur 88 · TRIBUNAL DES MASSACREURS · texte numérisé non relu

TRIBUNAL DES MASSACREURS

qui; négligeaat leurs études de médecioe oudedroit, s'étaieqt exaltés dans les clubs , les cafés ou à la section ; ils se nommaient les frères rouges de Danton , et portaient le bonnet 9 la cravate, le gilet et la ceinture rouges. On ne les vit point dans les autres prisons. Eux seuls se mêlèrent aux massacreurs et s'introduisirent aux Carmes^ les portes avaient été fermées ^ et la population effrayée entendait les cris des victimes et les clameurs des assassins, sans les voir.

Ensuite., l'ordonnateur fit suspendre la fusillade; tojis les prêtres encore vivants furent rassemblés dans Téglise; on y rapporta les blessés, puis on les appela deux par deux; quand ils avaient passé la porte qui ouvrait au jardin, on les tuait sur le perron. L'évêque de Beauvais était à genoux devant un autel, ils vinrent l'y prendre. L'évêque de Saintes fut appelé; il ne venait point. « Messieurs, dit-il, je ne refuse pas d'aller mourir avec mes frères ; mais une balle m'a cassé la jambe, aidez-moi à marcher. » Ils le relevèrent du matelas où il gisait, le prirent sous les bras et le conduisirent sur l'escalier. Vers huit heures du soir le massacre était achevé et les cadavres chargés sur des chariots ordonnés d'avance, pour. les transporter dans une fosse creusée près la barrière Saint- Jacques. Trois ou quatre prêtres avaient réussi à se cacher ou à passer par-dessus le mur du jardin.

« 11 n'y a plus rien à faire ici, dit alors Maillard, qui semblait le principal délégué de Billaud-Varennes et du comité de la commune ; retournons à l'Abbaye, nous y trouverons du gibier. »

Cette fois , il voulut procéder avec ordre : un tribunal présidé par lui se forma, élu par acclamation

TRIBUMAI; BE8 MASSAGil&UHS^.

pà^mi cé^é bande d'^ssâsBipâ.. « Me» camarlade», .mefi anûft^jL d^ait un des jugea de la sànglaate juridictioû.^ c'est UQ ^mBaV à mortf je sensvcommè vous qu'il faut quHti! |>érissent ; toais^ v6ii& ète» de boii6 eitoy eus ; Yous^ deye? uimer )a justice; il ne faut pas yous jeter' comme des.tigtes sur les bommés qui sont vos frèr> reav»-"^ Un autre répôndjtit : « Je suîsun pèi?e de famille, j'ai nne feiatme et cinq enfants^ j'irai combattre rennëmi > liiâis je ne veux pas que pendant ee temps-Mi I ces soélératâ ouvrent les portes de leur prison:, et vien^nent égofger ma femme et meseu'fants^. Soit par moi, soit pai: d'autres^ !& prison ^era purgée de ces gueui^à^ i> / - • - ■ v

Cependant le tribunal s'était Jait apporter le registre d^ la prison. Lctgeôlier Sit sa femme, en remettant cette liste: des personnes 4sopfiées à leur^garde et dont le sort était facileà prévpir, semblaient près de s'évariouir« Âv'aai de jeommencer, et |iur une réquisition sortie du groupe qui se pressait autour, des juges, il fut décidé que les soldats, suisses ^ encore, enfermés dans -yA|;>bay$,seraiBbt' massacrés, sans jugement. Maillard^ alla leur annoncer que le peuple demandait vengeance et. qu'il fallait se rendre à la prison de la Force* C'était la formule convenue - pour désigner: les victimes aux inassacreurs. Les malheureux Suisses le comiirirent « Grâce , grâce ! d criaient-ils en se serrant lies uns contre les autres. — (r Allons , décidez-vous , » répondaienti les bourreaux impûtientjs. — L'amour de la vie; les retenait, ils ae pouvaient se décider a leur sort. ■*- « Eh bien, voyons donc qiii- sortira le premier, » disaient les exécuteurs. "— Un des Suisses se présenta alors avec fermeté et comme un soldat qui a fait le ^sacrifice de

25S TRlBUll^t l^ES lUS&ACREliRS.

«a vief « Je passe- lé premier, je yaisjdapa^r Texeippte ; nous ne sommes pas eoupablea ^ nous avons oj^éi à nos- officiers; mais ptiis({U'il le faut, àdieû! Par où faut-îl aller ? Éaantrez-^moi donele chemin^ » ^^ Il passe la porte, croisje tes bras ^^ regarde autour èe lui sans sourciller j le :€èrcle se referme , et .il tombe péroé par les baïonnettes, les sabres et les piquesi Tous, ses camarades périrent .dans ce carnage; ils étaient <3ent cinquantë^six.i)eûx seulement, par un de ces hasar^B qtii Se reùcpnb^ent toujours même au milieu de Tivrasse du lsang> fuieiit. épargnés ; on s'attendrit sur la supplication de l'an.; l'autre avait un^ figure intéressante. -^^

Après cette exécution ; préliminaire^^ le tribunal commença à siéger ; Maillard ^ avec un . sabre au oôté^ présidait dix ou douze hommes assis atrtour d'une table eu était placé l6 registre de la prison, pêle-mêle avec des verres , des bouteilles et des pipés. -;. • ■ ,-•..■•

. On appelait un prisonnier; . il était . amenée dans cette salle, qui avait le guiebet pour porte d[e sortie. L'audience se composiait d'bommés à den^i nus , les bras et les vêtements ensanglantés, arpaé^ de sabres, de massues, de coutelas s.aQglants. On iur terrogeait le prisonnier; parfois on écoutait ^ peine ses réponses. Chacun des assistants donnait^ s'il lui plaisait, son avis; ils étaient, à leur gré, jurés, juges ou bourreaux. Hormis le cas d'absolution, le président prononçait l'arrêt, en ces mots : « Gondùir sez monsieur à la Force. » Deux au trois homines le saisissaient,' un vieux guichetier poussait les verrous, la porte s'ouvrait.. ^ peine lie prisonnier y avait-il passé qn'il était; massacré avec plus où moins

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