‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 65 sur 88 · LETTRE DE ROLAND · texte numérisé non relu

LETTRE DE ROLAND

hommes innocents sont immolés. — C'est un sacrifice indispensable^' d'ailleurs le peuple ne se trompe pas : Yùai yopuli, v(md Dei : c'est l'adage le plus républicain que je connaisse. »>

Brissot prétendit depuis que ses représentations avaient été énergiques; les amis de Danton soutinrent que la Gironde avait été timide et consentante; ce qui est certain , ç'-est qu'elle vit jusqu'où pouvaient aller les. desseins des promoteurs du 2 septembre. Robespierre et Billaud-Varennes dénoncèrent dès le lendemain au conseil général la conspiration formée par un parti puissant pour porter au ti*0ne le duo de Brunswick. Une visite domiciliaire fut feite chez Brîsâot et ses papiers furent saisis. Ce n^était déjà plus centime les royalistes désarmés, fugitifs, détenus ^miàssacrés/ que. Robespierre voulait déchaîner les furieux qu'il nommait le peuple; la haine contre Brissot et la Gironde était dès lorèi sa pensée principale ; sa position politique ne pouvait grandie qu'en les détruisant. . •

Ils ' se trouvaient donc sur la défensive et leur attitude ne -fut pas la même que le jour précédent. Roland écrivit une longue '^ lettre à l' Assemblée ; ce n'était point, ce ne pouvait pas être une accusation contre les réels auteurs du massacre ; il eût fallu avoir un courage dé dévouement ou de désespoir pour articuler la vérité, pour dire qu'il ne s'agissait point d'une convulsion populaire, mais d'un «rime préparé, ordoimé, payé par un comité de la commune et réglé par un des lîiinistres/ La Gironde, et même Roland, le plus honnête hbmme de son parti, n'étaient pas en position de montrer une telle

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audace^ ils voulaient seulement Tpir flmr les .mas*

SaCFeS*

V « Je sais, .disait Roland/ jjue les révolutions ûe se calculent point par les règles ordinaires'; mais je sais aussi .que le pouvoir, qui les fait, doit bientôt se ranger sous L'abri des lois, si l'on ne veut pas qu'il opère une complète di^sollition.... » « Sans la journée du 10 août, il est évident que nous/ étions perdus; la cour, préparée depui-s longtemps,: attendait l'heure de combler toutes s6s trahisons^ de déployer sur Paris l'étendard de la mort et d'y régner par la'^^tefreur. Le sentiment du peuple, toujours juste et prom^pt a prévenir l'époque marquée. Ta rendue fatale aux conspirateurs, Il est dans la nature des choses et dans celle du cœur humain^ ique la victoire entraîne quelques tBxcès; mais tant a ses homes; on, doit enfin les voir déterminées.. •• I^a eonimune provisoire â ren4u de grands 8epyices> elle n'a pas besoiq de mon suffrage ; je le lui rends avec effusion de coeur ;. rn^is elle s'abuse maintenant en continuant à exercer un pouvoir révolutionnaire qui ne doit jamais être que momentané. Elle nous prépare de grands maux, si elle tardevcncore à se renfermer dans tle justes limites* »

Après avoir continué longtemps ce langage théorique et déclamatoire propre à la Gironde, le ministre en.vçnait au véritable objet de ga lettre.

(( Hi.er^ au sein de la maison commune, on dénonçait les m.inisti^es avec cette chaleur et. cette force d'assertio,n qui égare et détruit la confiance, sans làquelle un homnie en place ne doit pas y rester» Hier, chez M. le. maire, dans une réunion des ministres etde présidents de sections, j'ai reconnu cette naéfiànee réciproque qui suspecte les intentions et enti^etient le

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