LETTRE DE ROUND
trouble.. <• » « Hier fut un jour sur les événements du* quel il faut peut- èfre laisser un voile. Je sais que le peuple^ terrible dans sa vengeance, y port^ encore une ^rte de justice; il ne prend pas pour victime tout ce qui se présente à sa fureur; il la dirige contre ceux qu'il croit avoir été trop longtemps épargoiéB par le glaive de la loi y et que le péril des circoqstances lui persuade devoir être immolés sans délai; mais je sais qu'il est facile à'des scélérats, à des traîtres, d'abuser de cette effervescence, et qu'il faut ràrrêter; Nous devons à la France, entière la déclaration que le pouvoir exécutif n'a pu ni prévoir, ni empêcher ces excès. Je sais qu'il est du devoir des autorités d'y mettre un terme, ou de se regarder .comme anéanties. Je sais encore que pette déclaration m'expQse à la. rage de quelque» agitateurs. Eh bien, qu'ils prennent ma- vie; je ne veux la conserver que pour la liberté e.t légalité. Si elles .étaient violées et détruites par le règne des despotes étrangers ^u l'égarement d'un peuple, abusé , j'aurais assez vécu. Mais jusqu'à mon dernier soupir, j'aurais fait mon devoir. » , ^
Aswrénient il n'avait pas fait son devoir : c'était sous < ses yeux, à sa parfai^te connaissance, que le mallïaçre des prisons avait été adopté et ordonné par un de ses collègues. 11 en avait éprouvé une douleur sincère et profonde; mais il avait consenti à voir dans ce' crime une conséquence nécessaire du 1 août, un acte de révolution, une volonté du peuple souverain, lorsqu'il savait que ce peuple était une bande d'assassins soldés. . t
Et pourtàAt la lettre de Roland parut . un acte de
courage. En effet, elle prouvait un courage, suscité,
.il est vrai, par son propre danger. Tant sont terribles