MASSACRE BU GÉNÉRAL DILLON
nications avecf les émissaires jâcobinsy qtii leur prêchaient rindiscipline et la haine de leurs généraux. En vain le général La. Fayette avait envoyé un mémoire sur la nécessité d'une discipline exacte^ et signalé les inconvénients de la mollesse et du laisser aller dans te commandement; il ne fut pias écouté. Les soldats et les officiers de son armée n^aVaient point la permission d'aller au club; dans les deux autres armées, on leur laissait à cet égard toute licence. Le .maréchal Ro* chamheau aimait peula.Révolution, blâmait la guerre et croyait impossible de la bien faire; de sorte. qu'une mauvaise discipline et Tesprit désordonné des soldats lui paraissaient une conséqAience naturelle et inévitable de la situation politique. A Lille et à Valenciennes, on avait laissé les militaires devenir habitués des sociétés populaires; ils y entendaient des exhortatioi^s continuelles à la désobéissance, dés accusations atroces contre leurs chefs et contre le gouvernement; peutêtre lisaient-ils le journal où Marat les excitait a commencer la guerre par massacrer leurs généraux; c'est ce qu'ils firent. ^
Le maréchal Rochambèau, malade et découragé > donna sa démission. 11 n'y eut plus alors que deux armées. Dumouriez, la Gironde , les Jacobins, le roi lui-même craignaient de donner au général La Fayette une importance trop grande. L'armée du nord fut confiée, non à lui , mais au maréchal Luckner; son commandement s'étendait de Dunkerque à Montmédi. Le général La Fayette avait sous ses ordres les troupes qui gardaient la frontière de Montmédi à Strasbourg.
L'invasion.de la Belgique, projet favori de Dumouriez , avait si mal réussi , on avait trouvé si peu d'aide,
DISF^mONS D^S CABINETS ÉTRANGERS. 343
dans les dispositions dés habitants, que le gouvernement en était revenu à l'opinion dés généraux qui avaient conseillé une guerre défenwve. Elle convenait surtout beaucoup mieux à là politique des hommes sensés; ils savaient et voyaient combien les puissances étrangères avaient peu d- empressement à engager cette lutte. L'espoir d*en arriver aune transa<5tion qui, sans rétablir Tancien régime, rendrait au rqi plus de pouvoir et de. dignité, n'était pas encore abandonné.
Toutefois, comme Dumouriez n'avait pas encore cessé d^étre ministre, le niaréchal Luçkner avait fait une sorte de tentative au delà des frontières et occupé Courtrai et Menin ; il les évacua peu après.
Le funeste début de cette campagne n'avait pas eu sûr la. politique intérieure un effet aussi grand qu?on pouvait s'y attendre. Le roi, l'Assemblée, les diverses factions étaient préoccupés des chances de leurs discordes. La masse de la nation voyant que ces premiers revers n'étaient pas Suivis d'une invasion étran^ gère,; se croyait moins menacée ; t^ependant le désir de venger l'honneur du pays augmentait le mouvement patriotique çt facilitait le recrutement de l'armée.
D'un ^utre côté,, les puissances étrangères ne semblaient pas se hâter davantage d'accomplir lés desseins qu'on leur supposait; Elles tardaient à conunencer la guerre , après avoir longtemps témoigné le désir de n'en point venir à cette extrémitéi Leurs.relationsayeé la France pendant l'année qui précéda la déclaration de guerre, expliquent lé peu d'empressement qu'elles mirentà entrer «n campagne.
344 DISPOSITIONS DES CABIIfET$ ÉTRAÏïGEfiS.
Dépuis reatr«[vae de Pilnltz, les .éinigrés> avaient
cleplus eii plas reconnu cofnbien était inactif et froid Tintérêt que leur portaient les cabinets étrangers. L'empereur Léopold ne songeait point à épouser leur cailde: S'il avait Vidée d'intervenir dans les affaires de la France , c'ét9.it uniquement afin de défendre le roi contre }es périls qui le menaçaiçnty afin de. changer la position où il était tombé , position humiliante pour tous les souverains* . .
Le roi avait souhaité cette iotervention. sans avoir une. idée .précise de ce qu'elle pourrait être. Il avait négocié pour l'obtenir, croyant qu'elle serait pent*ètre efficace, sans pourtant amenemne guerre. Voir rentrer ses frères et leur éortége de grands seigneurs , triomphants^ exigeants , orgueilleux de n!avoir pas fait la moindre concession, c'était une. pensée qui lui était insupportable , et à là reine encore davantage. Des lettres inédUçs témoignent de cette disposition , qui ne leur inspirait pourtant qu'un blâine timide et des conseils san» autorité.- Le baron de Breteuil était l'ambassadeur secret chargé de négociations destinées, soit à combiner une médiation de rempereuir, soit à désayoueret à traverser les démarches du comte d'Artoiâ et de son agent, M. de Galonné. Sa mission n'était point communiquée aux princes, chefs de rémigration j ils s'en plaignirent,' et. comme le roi n'avait nulle hardiesse dans se» relations avec ses firëreff , les pouvoirs donnés à M. de Breteuil furent retirés. Ce ne fut qu'utie . apparence ; car, jusqu'aux derniers momen^ts ^ de la , monarchie ,: il continua à être l'agent du roi , et à Correspondre secrètenient avec lui.
C'était avec le baron de Breteuil et le ccHnte de