‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 74 sur 88 · DUMOURIEZ GÉNÉRAL EN CHEF · texte numérisé non relu

DUMOURIEZ GÉNÉRAL EN CHEF

de Lille pour demander la déchéance du roi ; il s'était lié avec Ceuthon.

Le 10 août réalisa ses espérances; il se donna au parti vainqueur, qui plaça en lui sa confiance ; nulle autre réputation militaire ne pouvait être mise en balance. Les autres généraux étaient plus ou moins suspects au parti républicain. Son assurance était grande, le danger pressant : ce fut sur lui que, pour le moment, on fit reposer l'espoir de sauver la France.

Dumouriez succéda au commandement du général La Fayette. 11 tenait tellement à son idée, qu'il s'occupa aussitôt de préparer l'entrée en Belgique^ croyant qu'il aurait le temps d'y obtenir des succès assez importants et assez prompts pour que cette diversion dérangeât tous les plans de l'ennemi.

Quinze jours s'étaient écoulés depuis le 10 août, et depuis que l'armée prussienne avait passé la frontière. Heureusement elle n'avait pas mis à profit ces moments d'incertitude et de désordre. Ujae de nos armées avait été d'abord insoumise au gouvernement, puis privée de sQn général, sans que le duc de Brunsv^ick eût hâté sa marche d'un jour. La révolution qui venait de renverser le trône l'avait troublé plutôt qu'excité. Dans le premier village français où les Prussiens â,yaient paru, les habitants leur avaient tiré des coups de fusil. Une exécution militaire avait signalé le premier pas de cette campagne.

L'armée, après être restée quelques jours campée aux environs de Luxembourg, se mit en marche sur Thion ville et Longwi. En ce moment on apprenait les tristes détails du 10 août. Les chefs dès émigrés devinrent plus pressants pour accélérer la marche de

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Tannée. « Quelque affreuse que soit la position du roi et de sa famille ^ on ne doit pas rétrograder^ » disaient-ilsi. Le roi de Prusse tenait le même langage : a Si nous ne pouvons arriver à temps pour sauver te roi, marchons pour saùvep la royauté. Mon premier devoir est de préserver l'Europe. »

Le 20 août, Longwi fut investi; les sommations ne furent pas écoutées. Oïi bombarda cette petite ville; des incendies y éclatèrent; le désordre gagna des habitants aux soldats ; la garnison était de dix-huit cents hommes; elle se rendit.

Cette sinistre nouvelle, qui semblait en présager de plus tristes encore, fut apportée à Dumouriez par Westermann, l'ami dévoué de Danton> qui l'avait envoyé aux armées, en lui donnant le grade de lieute* nant-colonel.

Dumouriez, laissant à regret ses préparatifs, partit pour Sedan. La consternation y était générale et ne produisait que le désordre; les soldats n'obéissaient plus; les officiers n'osaient pas commander; les autorités administratives étaient très-résignées à la contrerévolution prochaine. Les commissaires envoyés par l'Assemblée étaient repartis sans espoir, dès que leur arrestation avait cessé par la retraite du général La Fayette.

Tout sen^blait perdu : une armée sans officiers su-^ périeurs; travaillée par les factions politiques; regrettant un chef qu'elle avait adoré; imputant sa perte à son successeur, qui passait pour uq homme de plume et un intrigant; partout la mauvaise volonté, ou le décduragepient produit par la terreur ; Longwi s'était rendu presque sans résistance; les autres places de cette frontière, étaient défendues par

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