PLAN DE CAMPAGNE DE DUMOCRIEZ
mîUtaires. Le roi était détrôné et prisonnier/ son parti opprindé dans Tintérieur; les émigrés , loin de rencontrer aucune sympathie , semblaient exciter Tir^ ritation de^ habitants ; les troupes françaises étaient fidèles et ardemment dévpuées au nouvel ordre de choses; le suicide du commandant de Verdun était un symptôme remarquable. Il s'agissait donc d'une guerre régulière et difficile; elle devait être conduite selon les règles de la prudence; avant de s'avancer, il fallait s'être emparé de Thionville, de Sedan et de
Montmédiv
Mais la volonté du roi de Prusse , animée par les instances des princes émigrés ^ ne céda^ point aux conseils de son général; il ordonna de passer la Meuse.
Pendant cçs hésitations du duc de Brunswick, qui faisait lentement ce quittait contraire à son opinion , Dumburiez avait occupé le^ cinq défilés de l'Argonne. Lorsque la Meuse fut passée , aucune attaque ne fut encore tentée sur le^, positions de l'armée française. Ce fut seulement le 1 2 septeml^re que le général prussien , ayant achevé de disposer toutes ses troupes sur la rive gauche dé la Meuse , en face de l,a ligne orientale de l'Argonne, sur une étendue de quinze lieues , commença ses opérations contre l'armée française.
Duinouriez avait déjà reçu quelques renforts; uue excellente division de l'armée de Flandre était venue le joindre; il attendait Kellermann et Beurnonville dans trois ou quatre jours.
Tous les passages n'étaient pas également défendus; le plus important de tous, les l^slettes devant Saipte-Menehould , se liait avec le camp de Grand-Pré
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et pouvait facilement eu recevoir du secours. Les Prussiens n'avaient pas étejidu leur ligne de manière à faire craindre une attaque sur le poste du Chêne- Populeux, le dernier du côté de Sedan. Un des passages intermédiaires ^ la Croix-aux-BoiSy était faiblement défendu. Par suite d'un malentendu , il ne s'y trouvait que cent hommes. Le général Clairfait profita de cette faute et fit occuper ce poste le 1 4 septembre. On en (ut bientôt infbrmé au camp ,de Grand- Pré , qui était à peu de distance; Dumouriez envoya aussitôt le général Chazot avec deux brigades, six escadrons et du qànon pour reprendre la Croixaux-Bois. Il y réussit d'abord / mais les Autrichiens revinrent en force. La résistance fut inutile; le général Chazot et son détachement ne pouvant opérer la retraite sur Grand-Pré, prirent la route de Vouziers; ils étaient coupés du corps d'armée.
Le corps des ^ émigrés avait d'abord été employé devant Thionville ; la ville s'était bien défendue. Lç prince de Hohenlohe n'avait point de grosse artillerie, ni les moyens de faire un siège en règle. Il renonça à cettç entreprise , et les émigrés vinrent joindre l'armée du duc de Brunswick. Pendant que les Autrichiens emportaient la Croix-aux-^is , un détache^ ment des émigrés attaquait le Chêne^Populeux ; le général Dubousquet y commandait; la défense était impossible» il se retira avec ses troupes ; il était aussi séparé de Dumouriez , et se dirigea sur Châlons.
Ainsi l'armée ennemie avait traversé la forêt d' Argonne, elle tournait le camp de Gr^nd-Pré, elle empêchait Beurnonville , qui était déjà à Rethel, d'arriver avec ses onze mille hommes; elle avait. coupé une partie de Tarmée de Dumoiiriez, et sans doute la
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jonction avec Keller^nan'n allait devenir impossible. Le projet des Thermopyles avait échoué; jamais la position n'avait été plus mauvaise.
Dumouriez conserva toute sa présence d'esprit, il continua à naontrer bon espoir , à soutenir lès courages ; à prendre, les dispositions nécessaires autour de lui, à envoyer ses ordres aux corps détachés.
Beurnonville reçut pour instruction de partir aussitôt de Rethel. et de marcher sur Sainte-Menehould , le long de la rivière d'Aisne par Attigni. Kellcrmann fut averti d'arriver à ce même rendez-vous par Bar et Revigni; l'ordre fut donné à Dillon de tenir ferme aux. Islettes , dont Dumouriez allait se rapprocher. Le général Chazot devait partir dé Vouziers , remonter le cours de l'Aisne et arriver sur les hauteurs d'Àutry. A supppser tous ces mouvements exécutables, Duniouriez aurait réuni soixante mille hommes cinq jours après.
Mais il fallait abandonner sans perdre un instant le camp de Grand-Pré , dont la position n'était plus tenable; Dumouriez mit encore à profit les indécisions et les lenteurs des généraux ennemis. Le prince de Hohenlohe, commandant de la colonne qui s'était emparée de la Çroix-âux-Bôis , lui fit demander un rendez- vous pour le major Massenbach, envoyé en parlementaire par le roi de Prusse et le duc de Brunswick* Dumouriez chargea le général Duval de cette entrevue. Aucune ouverturture ne lui fut faite, mais sa conversation et sa tenue contribuèrent à rectifier les fausses idées que les émigrés répandaient sur l'armée française \ le parlementaire s'aperçut qu'elle se composait de troupes régulières, commandées par