NÉGOCIATIONS AVEC LE ROI DE PRUSSE
le duc avait à prendre les ordres du roi de Prusse, et Dumouriez attendait une réponse de Paris.
Cette conférence avait lieu le 27 septembre. Le lendemain arrivèrent aii camp trois commissaires de la Convention, Sillery, Carra et Prieur de la Marne; ils venaient faire prêter le serment à la république, et • veiller à la proclamation du régime nouveau. Sillery était attaché au duc d'Orléans; Carra était un journaliste, fougueux révolutionnaire, mais ami des Girondins ; Prieur un Jacobin exalté. Si Dumouriez avait eu la pensée de donner à la négociation un caractère politique et de concéder un point quelconque sur ce terrain , les représentants auraient assurément empêché l'armée de lui garder obéissance.. Organes de l'opinion générale de l'Assemblée , ils voulaient que l'armée se repliât sur Châlons. Dumouriez , avec son habileté ordinaire , sut les si bien ménager, qu'ils ne le contrarièrent aucunement et lui servirent même à rendre Kellermann plus soumis.
Pendant ce temps-là le quartier général prussien avait pris une face nouvelle. Le roi, irrité du cours qu'avait pris la négociation^ reprenant courage par l'arrivée d'un grand convoi qui faisait cesser la détresse de son armée, prêta l'oreille au parti des princes français. « On ne conçoit rien, disaient les émigrés, aux conférences avec Dumouriez. Aurait-on te projet de- sauver seulement les jours du roi et de nous sacrifier? Alors adieu la noblesse, le clergé et les propriétés. »
Un grand conseil fut assemblé pour décider si on
livrerait bataille. Le duc de Brunswick et les généraux
pruâsiens renouvelèrent toutes leurs objections et
parlèrent du mauvais état de l'armée. Le maréchal de I. 25
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