‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 84 sur 88 · IMPOSSIBILITÉ DE LA PAIX · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ DE LA PAIX

Le duc ne fit pas semblant d'avoir entendu et demanda au général de rendre conipte de cet entretien à la Convention ^ afin qu'elle nommât des plénipotentiaires et désignât un lieu pour les conférences^

La paix était impossible. Dans le <!|onsdeil exécutif OH parmi les hommes princip9.ux de la Révolution y y en àvaitril un seul qui comprît combien la ' république, reconnue des puissances étrangères par droit (Je victoire, pourrait s'établir noblement et s'installer en retrouvant le bon ordre et la civilisation? --Cela est douteux. Mais lors même que> quelques-uns d'entre eux auraient eu cette pensée, comment jpouvait-elle de- . venir un projet et une volonté? Il leur eût été impraticable, non pas même de la réaliser^ mais dé la présenter. La faction furieuse et insensée qui av^ît produit la république n'entendait pas qu'elle fût soustraite, à leurs passions > a leurs vengeances, à lenr puissance ,; à leurs chimériques idées. La Gironde avait plus d'illusions encore. Brissôt et les philosophes du parti se croyaient parvenus à l'ère de l'émaîMîipation des peuples, se persuadaient que la guerre allait susciter des révolutions partout et se réjouissaient déjà de voir briser le joug des tyrans. Leis uns^ comme les autres étaient préoccupés avant tout de leurs luttes de tribunes et de majorité. Leur grande affaire était de constituer et de dominer la république.

Comment aurait-on parlé des questions qui ne pouvaient être traitées qu avec réserve , ménagement et prudence , dans une^ assemblée où régnait la parole , où les opinions logiques et absolues avaient tout l'avantage sur l'appréciation sensée dés circonstances et de la réalité? Les hommes, qui auraient oàé penser à

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la paix, auraifeiatpeu tardé' à être mis aii rang des conspirateuTs. D'ailleurs le roi de Prusse ne pouvait traiter aux eouditions qu^n aurait voulu lui faire. 11 avait commencé là guerre, cfoyànt qu'il pourrait réplacer le roi dé France sur àôn trône et lui rendre au moins une part de sôri ancien pouvoir^ Il recomaaissait que ce but' ,ne^ pouvait êtfe atteint : il y renonçait; mais pouvait-il • consentir à la mort de Louis XVI? L'honneur et l'humanité ne le lui permettaietit point. Il'sàvait que cette condamnation deviendrait un signal de guerre pour rÊuropè entière ^ comment aurait-il déserté cette causée On lui proposait aussi de traiter séparément, en brisant son alliance avec l'Autriche; il se repentait peut-être de l'avoir conclue; il se croyait des griefs fondés contre son allié ; il était en méfiance de ses projets ^ et en fait il lui retirait son concours. Mais il ne pouvait se déterniiner à aller plus loîù, et ne se laissait point persuader par une note de Dumourîez, qui appelait ce scrupule une illusioti du point d'honneur.

Ainsi tes tentatives de négociation^ qui ostensiblement ou par des agents secrets s^ répétèrent de part et d'autre, dans le cours du mois d'octobre, n'eurent aucun résultat. La retraite des Pruissiens s'acheva sans être inquiétée par Kellermann , dont l'armée était trèsTaffaiblié deptiis le départ des troupes que

Dumouriez avait dirigées vers» la Flandre. \

Le duc de Brtinswick pouvait être troublé dans Ba marche par une autre armée frança-ise, qui venait d'être mise €^n mouvement. Vingt mille hommes avaient été détachés de Farmée de Biron^ sous les ordres du général Custiné. Dumouriez avait d'abord

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^ôubaité qu'il, traversât le Palatin^t en suivant )a rive gauche du Rhin, afin de venir couper ou du moins gêner beaucoup, lare^traite des Prussiens* Gustine exécuta une autre opération : aprè& avoirs pris,, avec une audace rapido, Worms et Spire,. il jse présenta devant Mayence; rien n'y était disposé pour soutenir un siège, ni même pour repousser une attaque. La ville fut rendue par capitulation. Trois jours après, un détachement fran^i^s entra à Francfort et y imposa une çontribntiôn de quinze ce^t mille florins. Gustine, maître 4e la région qui ^environne Mayence, leva partout des contributionsv II avait reçu des renforts; mais, les mouvements de. i^ellermann n'étant point concertés avec les siens*, il n'essaya point d'entamer l'armée du duc de Brunswick et se replia vers ht rive gauche^ s'appuyant surMayence. Gette campagûe de quelques jours fut brillante et produisit un grand effet sur les esprits à Paris et en France. Elle facilitait les opérations de Dumouriez et son inVasion en Belgique.

Ce n'étaient pa^s les seuls succès des armes françaises; partout où elles se montraient, aucune résistance ne ' semblait se. présenter devant, le drapeau républicain.

La Convention venait de destituer le général Montesquiou. Tallien, Chai)ot, Chénier avaient, àl'envi l'un de l'autre, dénoncé ses opinions, éalomnié sa conduite militaire; Danton les avait appuyés, en répétant sa phrase accoutumée : « Il fai^t nous ii^on* trer terribles; c'est du. caractère qu'il faut, pour soutenir la liberté. >/. Trois- jours après,' le général Montesqiiioù • annonça, qu'il était entré en Savoie le

INVASION DE LrÀ SAVOIE ET DE NIOE. 395

20 septembre. Le 22, il était à ChambéFy^ et toute lia province était oceupéç par Tarmée française, .Cette conquête n'avait pas prisenté de : difficulté; les redoutes qui d«yaient. défendra les passages n'étaient pas encore armées. , ^

Le» puissances étrangères avaient supposé .que la France, serait ouverte à leurs tnvasioiis, qu'elle n'avait plus de «oldatSy et qu'un : parti puissant lès appelait;, ainsi elles avaient fait peu de préparatifs et n'a* vaient surtout point pensé à se mettre en défense. L'armée française les prepait au dépourvu. La Sa^ voie, d'ailleur|, offrait de grandes facilités : Fran^ çaise par le langage et les relations habituelles, cette province avait été facilement gagnée aux opinions de liberté et de révolution. Lé gé*néral Môntesqùiou, avant de se présenter à main armée, avait des intelligences dans toutes les villes. A peine lés troupes piémontaises se furènt-etlés retirées que la Savoie se trouva sous le régime des municipalités et des clubs , comme un département français.

La soumission de NiiJe €ft des Alpies lûaritimes fut plus facile encore. Le général Anselme, avec une petite ^armée recrutée dans les départements du; midi,' mal équipée, et qui ne comptait' que cinq bataiUonà de troupes^ de ligne, passa le Var. yilles et forteresses se rendirent aux premières sommations. L'amiral Trugiiet se présenta devant Oneille; il voùlaity débarquer une division, -afin: d'occuper tout le littoral, mettre Gènes à contribution et ^se faire livrer Savone. Les parlementaires 'qu'il envoya a Oneille ne furent pas respectés; on tira sur eut. L'amiral Truguet en prit une vengeance tefriWe. : son artillerie foudroya; la ville; les troupes -qu'il débarqua la saccagèrent; des

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