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moines furent massacrés daiis leur, couvent. Ces excès révoltèrent toute l'Italie*. Il fut ensuite reconnu que la position n-était pas tenablé. La division revint à Tàrnïéé du général Anselme, qui se borna à gaMer Nice, lés pdsitious principales de cette côte et les passages des Alpes maritimes;
Ainsi, lorsque Dumpuriez, après avoir laissé Kellermànn suivre Tarmée prussiienne et Beiirnon ville marcher vers la Flandre, arriva à Paris, la .république était partout triomphante. Sa courageuse obstination et son habileté avaient été la cause première d'un changement de scène si glorieux et si peu prévu. Toutefois il ne reçut point cet accueil que l'opinion française sait si bien décerner à un général victorieux, à un représentant àe l'honneur natioixal. C'est que pour goûter ce consentement patriotique, il faut qu'un peuple puisse s'y Uyrfer sans réserve, qu'il se sente calme, en harmonie avec soû gouvernement, en sécii/ rite pour le lendemain.
Lavsituation ne comportait point (ie.bonbeuj*. Sans doute la prodamtation de la république avavt satisfait les vœux d'un parti puissant. On peut inèm^ ajouter que des âmes généreuses^ avec un enthousiasme sin-r cèré, se félicitaient de ce qu'on, appelait un complet affranchissement 9 et bien plus encore du niveau d'égalité qui ne laissait subsister rien de supérieur. Les conventionnels arrivant de province étaient la plupart dans cette dispôsitien ; nourris dè^oumaux et de rhétorique révolutionnaire, ils apportaient toutes leurs illusions.
Mais les hoinméfs qui avaient travaillé activement
' Mémoires de Napoléon, .
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à cette révolution, ne ressemblaient point aux républicains désintéressés qui venaient se ranger sous leur bannière. Lc^s uns préoccupés des violences ou les avaient entraîaés soit leurs passions, soit leurs calculs, étaient poussés à marcher dans la même .voie; s'y arrêter, cesser d'inspirer la terreur, laisser l'ordre social se rétablir, c'était s'exposer à avoir des comptes à rendre de leurs forfaits. Ils prétendaient garder letir pouvoir sans frein et sans règle. Les .autres^ qui se sentaieiit eux-mêmes menacés par le torrent d'une révolution illimitée, avaient maintenant à se défendre, au nom de la justice et de l'humanité. Pleins d'orgueil, les Girondins voulaient aussi être les aristocrates et les gouvernants de la nouvelle république.
Une guerre à mort commençait entre cpç deux partis. Elle absorbait toute leur attention. Les dangers du pays, son avenir, le soin de le défendre avec discernement et habileté,, de lui assurer le fruit de ses heureuses victoires : tel n'était pas le sujet de leui^s pensées. Tous les événements, toute la âituation étaient, rapportés par eux au^ chances de leurs discordes; les circonstances leur semblaient favorables ou facheuses> selon qu'elles pouvaient iiuire ou profiter à leurs ad* versâirtes. Aucun motif patriotique , aucune calamité publique ne pouvaient les rallier dans un sentiment commun. Excl^re de la sphère politique tout ce qui ne datait point de l'ère nouvelle ,. exterminer ou tenir comprimée tous ceux qui. avaient voulu défeadre. un passé détruit ou qui pouvaient être soupçonnés dé le regretter, telle était la seule volonté commune entre eux ' tempérée chez les Girondins par des .sentiments d'humanité et un amouT sincère de la liberté ;
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exaltée ciiçz'les Jacobins par dès passions haineuses ou une délirante férocité. .
Dumouriez trouva Paris en cet état; lise présenta à la Convention. Admis à la séance, il j)rdnonça un discours, fort républicaiti« Les généraux, dans leur cprresppndance et leur langage, avaient adopté sans null0. difficulté la jactance et le ton injurieux qui étaient devenus à peu près obligatoires. -Il parla de cette guerre, qui devait être la . dernière, où les tyrans et les privilégiés seraient les seules victimes^ de cette lutte du pouvoir arbitraire contre la' raisob. II accusa âàns le nonin^er le général La Fayette d'avoir, par trahison, désorganisé Tarmée. tt s'étendit avec justice et convenance sur les éloges des soldats et des généraux, et termina ainsi : ((Je me montrerai digne de commander les enfants de la liberté' et de' soutenir les lois que le peuple souverain va faire par votre organe.»'
Le président lui répondit sans effusion et sans conteur. '
Un des officiers^ qui acconipagnàient Dumoûriéz, présenta à T Assemblée un guidon qui avait été enlevé à un détachement du corps des émigrés. Vérgniaud deniandà que ce signe de rébe.Uioit autour duquel combattaient des brigands et des assassins fût, comme eux, détruit par là main du bdurreau. Sa proposition fut adoptée*
Dumouriez avait été fort applaudi par T Assemblée et les tribunes , mais il âe * fut question de lui décerner aucun témoignage de la reconnaissance natiônale, aucune récompense honorifique. On célébra par une fête publique la conquête de la Savoie, sans songer à la retraite àe l'armée prussienne. ^
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H vit bien que ââ présence ne plaisait à personne,, qu'on était prêt à le blâmei^ d^avoir quitté, son i3i,rmée> bien qu'il n'en eût pas encore pris le commandement et que Lille ne courût plus aucun danger puisque le siège était levé.
Les. Girondins lui firent beaucoup de caresséâ. Quelques - ùû;8 lui gardaient pourtant rancune du renvoi de Roland ; . nul né lui niontra de confiance., ne lui paria de la situation politique et lie lui communiqua de vues sur l-avenir ; cela leur eût été difficile, car eux-mêmes n'en avaient aucune.
Dumouriez se persuada encore plus que,' parmi les personnages importa;nts de cette phase révolutionnaire,} un seul avait cette liberté d'esprit, sans laquelle on ne juge ni les affaires, ni les hommes; il n'eut de rapports essentiels qu'avec Dantoq^ ,qui siégeait encore au conseil exécutif comine ministre de la justice. Servan^ ministre de la guerre, après avoir eu toute confiance en Dumouriez, s'était troublé de son ob^ stination audacieuse à se maintenir à Sainte-Menehould^ sans couvrir Chàlons et la route de Parii^; cette fin si heureuse de la campagne s'était accomplie malgré ses ordres : ainsi ils étaient en mauvais rapports. /^
L'autorité souvei*aine que Danton avait sur ses collègues était nécessaire à Dumouriez pour faire adopter ses plans militaires et obtenir les moyens d'entrer en Belgique. Il se plaça donq entièrement sous le patronage de Danton*. Ils se montré^ rent ensemble, dans la même logé, à l'Opéra; et, ce qui était plus grave , il parut à une séance des Jacobins,^ que Danton vint présiderf II compli"»
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menta k général : « Une grande carrière s'ouvre devant vous. Puisse la pique du peuple briser le sceptre des rois. Puisse leur couronné tomber devant le bonnet rouge, dont la société vous honore* «
CoUot d'Hérbois prit ce jour-là un rôle grotesque : (i Quand tu seras à Bruxelles , si tu y trouves une exécrable femme quij sous les murs de Lille, est venue repaître sa férocité du spectacle des boulets rouges w Mais cette femme ne t'attendra pas. Si tu la trouvais, elle serait t4 prisonnière. Nous en avons d'autres aussi qui sont de sa famille; tu l'enverrais ici^.,. Faiç-la raser au moins, de manière qu'elle ne puisse j^^iijiais porter perruque. »
^ C^était l'archiduchesse Christine , soeur de la reine Marie-Antoinette^ dont ce comédien parlait avpc des facétiies de bourreau :. « A Bruxelles, tu feras renaître laliberté>. De quelle félicité tu vas- jouir! Dumouriez, ma femme e^t de Bruxelles, tu la trouveras spssi et elle f embrassera. >) . :, ^ ^
Tel était le langage qu'on parlait aux Jacobias. Dumouriez répondit : (r L'éloquent discoura dç Collot d'Hérbois restera toujours gravé dans mou âme; il me servira dé leçon; mais ce n'est pas pour moi seul. Je demande, pour la nation entière^ Timpression de ce discours. » Ce fut. ainsi que, sous la protection de Danton , et avec les encouragements de Collot, le général qui venait de sauver la France, fut accueilli aux Jacobins avec plaisir^ mais sans enthousiasme. I1& avaient dès lors un grief contre lui.
Avant son départ de l'armée,. quatre soldats français , de ceux qu'en émigrant des , officiers avaient