‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 86 sur 88 · DÉSORDRES ET GRIMES DES FÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

DÉSORDRES ET GRIMES DES FÉDÉRÉS

emmenés à l'étrangel» et qui rentraient en désertant , se présentèrent à RetheK II y avait alors dans cette ville, sous le commandement du général Gbazot, deux bataillons de fédérés venus de Paris. Les déserteurs demandèrent à parler au général. Les fédérés voulurent les massacrer; Cbazot accourut ; ils menacèrent de le tuer, Taccablèrent d'injures, et ces malbeureux furent immolés sous Sics yeux.

Dumouriez ordonna au général Beurnonville de faire entourer ces bataillons, de les désarmer, de renvoyer leurs drapeaux aux deux sections où elles s'étaient formées, et d'y faire ramener les coupables pour y être punis par les sections mêmes.

C'était déjà une grande timidité vis-à-vis de l'autorité sectionnaire. Beurnonville alla seul trouver les bataillons, leur lut l'ordre du général eii chef, et leur ordonna de déposer armes et drapeaux; ils se jetèrent à ses genoux , demandant grâce , et livrèrent quarantedeux bommés qui étaient les vrais coupables. Ils furent envoyés à Paris. Les bataillons ainsi épurés devinrent excellents.

La Convention avait été officiellement informée du crime et des mesures de répression. Elle avait eu sous les yeux le rapport du général Cbazot; on y lisait : « Il est impossible d'entreprendre une guerre sérieuse avec des troupes telles que nos volontaires nationaux ; ils méprisent les lois; ils ne connaissent ni discipline ni règles militaires ; ce sont des volontaires dans toute l'étendue du mot. Ils n'inspirent que de l'effroi. Si notre cavalerie légère venait, je les enverrais tout de suite au feu, pour voir s'ils sont aussi bravés que turbulents. » La conduite des généraux avait donc été pleinement approuvée.

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