‹ Histoire de la Convention nationale (volume 3)Chapitre 9 sur 88 · LOIS CONTRE LES ÉMIGRÉS · texte numérisé non relu

LOIS CONTRE LES ÉMIGRÉS

de gouvernement était sans donte dans la pensée et dans le désir des révolutionnaires, mais ils ne l'avouaient point; ils protestaient même de leur respect pour les lois récemment données au pays. Du moins c'était le langage obligé dans TAssemblée. Elle n'eut donc à traiter que des questions de circonstance et de gouvernement. Cette assemblée unique et souveraine ne fut pas un pouvoir législatif; elle fut constamment occupée à usurper et à détruire le pouvoir exécutif. C'était un résultat nécessaire du mécanisme constitutionnel de 1791.

La première affaire qui se présenta fut l'émigration. L'Assemblée constituante avait déjà dû s'en occuper. Elle avait pu juger quelles dangereuses difficultés allaient sortir de cette grave circonstance. Dès le mois de février 1791, l'opinion publique avait commencé à se préoccuper vivement des sollicitations que les princes émigrés tentaient pour obtenir l'aide des puissances étrangères. Déjà ils commençaient à se former une armée; elle se recrutait de jour en jour par les mécontents; leur sortie de France était non une protestation> mais une menace contre le nouvel ordre politique. La crainte d'une invasion étrangère, susci* tée par les émigrants; la pensée que les grands propriétaires allaient porter leurs richesses hors de France, que la consommation et le travail en seraient diminués, inquiétaient les populations. Les autorités électives, qui, dans une complète indépendance, dirigeaient l'administration, contribuaient, par leur influence, à répandre le mécontentement et la plainte. La tribune des clubs et les journaux excitaient des sentiments de haine et de colère.

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