‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 102 sur 121 · SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

première fois , Gambacérès fut placé sur la liste par les modérés et par quelques suffrages obtenus de l'autre côté. Il était le sixième candidat , et trouva au conseil des Anciens plus de faveur qu'au premier scrutin; son concurrent Carnot remporta à une faible majorité.

La République était constituée; le gouvernement de la Convention avait pris sa forme nouvelle. Les mêmes opinions, les mêmes hommes allaient exercer le pouvoir I mais à des conditions différentes. L'autorité executive avait une bien plus grande liberté d'action; elle n'émanerait plus de la législature par des élections sans cesse renouvelées, comme les comités de la Convention ; ses déterminations ne seraient pas contrôlées chaque jour avant même d'être arrêtées. Les lois seraient peut* être délibérées hors de son influence, mais leur exécution lui appartiendrait presque souverainement. En somme, les deux pouvoirs seraient plus indépendants l'un de l'autre; par conséquent, des luttes s'engageraient entre eux , et ces luttes seraient de nouvelles crises révolutionnaires.

Elles étaient d'autant plus à prévoir et à craindre que la Convention léguait à l'établissement républicain une opinion publique, hostile, irritée, dont on avait repoussé les vœux, qu'on avait mensongèrement accusée de conspiration et de complicité avec les contre-révolutionnaires , tandis qu'elle avait voulu seulement changer de mandataires et se donner d'autres gouvernants moins décriés, moina tyranniques, moins préoccupés du passé dont le souvenir pesait sur eux.

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