‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 103 sur 121 · SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT. A · texte numérisé non relu

SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT. A

On a écrit avec raison qu'à nul autre moment la France n'avait été aussi républicaine. Ce n'est pas à dire qu'elle eût une confiance entière dans cette forme de gouvernement; mais elle était disposée à en essayer^ à y retrouver la liberté, à ne plus porter le joug d'une faction. Lors même que la Conven* tion n'aurait pas imposé la condition de prendre parmi ses membres les deux tiers des conseils législatifs, les élections n'eussent pas été royalistes. Les corps électoraux ne furent pas intimidés par le 13 vendémiaire et pourtant ils nommèrent des députés qui étaient loin de vouloir la contre-révolution. Les conventionnels que tant de départements placèrent en tète de leur liste étaient républicains ou du moins hostiles à l'ancien régime.

Si l'élection du Directoire eût été faite loyalement, c'est parmi ces élus de l'opinion nationale que les membres du gouvernement auraient été choisis ; ainsi composé, il n'aurait pas vécu dans la crainte de voir se former aux élections prochaines une majorité qui lui serait contraire. Cette combinaison n'eût probablement pas donné une très-longue durée à la constitution de 1795, ni consolidé une république qui n'était pas conforme aux mœurs et aux traditions .nationales. La difficulté d abolir les lois d'exception , de faire cesser le bannissement des émigrés et les confiscations , de rétablir le culte catholique eût été grande, quelle que fût la composition des conseils et du Directoire. Toutefois sans supposer que la Révolution eût trouvé ainsi son dé- « nouement et sa clôture, on peut croire que si la république a eu quelque chaDce, c'est à ce moment. Dans la bataille du 13 vendémiaire, ce n'était pas

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