‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 112 sur 121 · RÉUNION PE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

RÉUNION PE LA BELGIQUE

sur Topinion des provinces belges exprimée, disaitil, en toute liberté, quoi que Dumouriez en eût dit alors. Il nommait ces décrets un contrat obligatoire. 11 parla contre Tidée assez répandue de constituer ces provinces en État libre et indépendant; il appelait cette proposition machiavélique et inspirée par la politique anglaise ; il traita aussi la question d'une réunion de la Belgique et des provinces hollandaises en un seul État. .

Merlin examinait quelles difiQcultés cette détermi* nation pourrait apporter à des négociations et à la conclusion de la paix.

— « Ce n'est pas, disait-il, pour rentrer honteusement dans nos anciennes limites, que les années républicaines vont aujourd'hui, avec tant d'audace, chercher et anéantir au delà de ce fleuve redoutable les derniers ennemis de notre liberté.

« Attendrons-nous, pour effectuer une réunion votée et décrétée il y a trois ans, qu'il ait plu à la maison d'Autriche de la sanctionner?

(c 11 n'y a pas de voie plus courte et plus efficace pour dérouter et pour rompre les chicanes diplomatiques, pour prévenir les longueurs , des négocia* tiens. ».

Le rapporteur faisait aussi valoir l'intérêt des finances et la nécessité de ne pas diminuer le gage des assignats^ en renonçant aux biens confisqués dans la Belgique. .

Harmand, de la Meuse, fit un discours très-sensé, et qui, dans la circonstance, était courageux.

— w La Convention peut-elle se persuader , que les puissances de l'Europe resteront tranquilles spectatrices de ce prodigieux accroissement de puissance ?

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La maison d'Autriche est-elle tellement épuisée qu'elle soit hors d'état de résister encore? Ne pourra-t-elle pas vous susciter, de nouveaux ennemis? Quoi ! dirat-K)ny si une république encore à son berceau pousse aussi loin ses prétentions ambitieuses ^ que sera-ce donc quand un gouvernement stable lui aura donné une puissance plus grande?

« Quoi ! c'est lorsque vous traitez de la paix que vous indisposez les puissances par des vues ambi*tieuses I N'est-ce pas le moyen de rompre toutes négociations ou de ne faire qu'une fausse paix? n

L'orateur excita de vives colères lorsqu'il rapporta ce que Merlin et Tallien nièrent^ et ce qui était pourtant exactement vrai : c'est que la paix était possible lors de la retraite des Prussiens après Valmy en 1 792, et. que si les hommes qui croyaient alors fonder la République l'avaient voulu , ils auraient épargné à la France une guerre dont la fin ne pouvait pas être encore prévue.

Lesage d'Ëure-et-Loir parla aussi avec raison et avec sagesse. Il s'attendait à être entendu avec défaveur ; il demanda que la discussion des intérêts de la France ne fût point troublée par des injures et des calomnies y et qu'on ne repoussât point des opinions dictées par l'amour de la patrie en criant : « Agent de Pitt et Cobourg. »

11 n'obtint pas d'abord les égards et l'attention qu'il sollicitait. On ne voulait pas lui laisser dire que 1 acquisition d'un territoire n'avait la sanction du droit que par les traités. 11 fut interrompu bruyamment lorsqu'il ajoutait : — « Devant la justice et la raison, la puissance des baïonnettes n'est rien.

« L'état de guerre est un état de violence : il doit

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