‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 113 sur 121 · RÉUNION DE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

RÉUNION DE LA BELGIQUE

finir. Il faudra toujours que le gouvernement français en vienne à négocier avec la maison d'Autriche. Ce n'est point par obéissance à vos décrets qu'elle renon^ cera à la Belgique. En décrétant cette réunion , vous renouvelez la déclaration de guerre ^ et rien de plus.

cf Mais la vctoire distribue quelquefois ses lauriers au hasard; elle est inconstante , et la France, comme ses voisins, est lasse de la guerre.... Ne nous déshonorons point par des actes ridicules. Attendons : rheure de la paix a sonné ; laissez la diplomatie discuter nos intérêts. Vous allez avoir un gouvernement; il saura vos ressources militaires et celles de vos ennemis; il saura ce que vous pouvez espérer ou craindre ; il se déterminera d'après des circonstances et des motifs qui ne doivent pas être ici l'objet d'une discussion publique. Le gouvernement seul peut conduire les relations extérieures avec con* naissance ; lui seul peut négocier et traiter. La k*epré« sentation nationale sera ensuite appelée à approuver ou rejeter.

«c Défions-nous des séductions de l'ambition ; elle a détruit des nations et renversé des empires. Le génie militaire de Rome planta ses aigles victorieuses jusqu'aux extrémités du monde connu. Ses triomphes devinrent le signal de sa défaite^ et sa propre grandeur lui fut plus funeste que la vaillance des barbares. Toute l'histoire dépose contre les ambitieux.

K Un État peut donc s'affaiblir en s'agrandissant; mais combien les dangers augmentent lorsque les populations conquises repoussent de toute leur force morale des dominateurs imprudents.

a Vous dites que les Belges ont voté leur réunion à la France et que la République a accepté leurs vœux.

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Mais ne devez-vous pas savoir la manière cruellement révolutionnaire dont ce vœu a été commandé? C'est là qu'ont été faits les premiers essais du terrorisme et de la morale révolutionnaire; c'est là que Danton, Lacroix et autres ont développé leur talent pour les vols, les concussions et les assassinats^ précurseurs des proconsuls qui depuis furent envoyés dans les départements et aux armées. Et Ton ose nous rappeler ce temps, qu'on devrait nous faire oublier! ce temps où rien n'était approuvé s'il n'était proposé par les Marat, les Danton, les Robespiei:re ; temps où la Montagne arrachait les votes à coups de sabre et décrétait avant d'avoir pensé.

(c Les Belges ne veulent ni de vous , ni de la maison d'Autriche. Ils souhaitent leur affranchissement, et détestent la révolution que vous voulez implanter chez eux. Lorsque la Belgique fut évacuée, les Français étaient assassinés dans les rues de Bruxelles ; vos représentants étaient méprisés, votre régime abhorré. »

L'orateur entrait ensuite dans de longs détails pour prouver que la frontière ainsi étendue serait plus difficile à défendre et exigerait une nouvelle ligne de places fortifiées. Il finissait en proposant d'accélérer les négociations pour la paix et de poser comme conditions l'indépendance des provinces situées entre Rhin et Meuse; la cession d'Anvers aux Hollandais, qui donneraient en échange à la Belgique la Flandre hollandaise, et la réunion à la France de Nieuport, Courtray, Menin, Tournay, Mons et Cliarleroy.

Harmand et Lesage furent les seuls qui résistèrent à l'entraînement général. Cependant la discussion se prolongea et prit un caractère de gravité et de con-

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