‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 13 sur 121 · RENOUVELLEMENT DE LA. GUERRE · texte numérisé non relu

RENOUVELLEMENT DE LA. GUERRE

de commander, protégera la sûreté des personnes et des propriétés, la liberté du culte et la tranquillité de ses ministres, lorsqu'ils observeront les lois et qu'au lieu d'exciter la sédition ils prêcheront la paix et Tuoion.

« Je maintiendrai la police la plus sévère parmi les

troupes; les actes d'indiscipline, commis par le soldat, seront punis avec la même vigueur que le brigandage des chouans. Les chefs qui auraient toléré la licence ou les vexations arbitraires, feront dénoncés aux représentants du peuple qui en feront justice. »

La guerre était rallumée. Les plus ^andes mesures avaient été prises; un plan de campagne avait été arrêté; la conduite politique était tracée, avant que la Convention eût manifesté sa volonté. Le rapport du comité de salut public fut présenté le 16 juin: il répétait presque dans les mêmes termes la proclamation du général Hoche, et proposait Tapprobation de tout ce qui avait été fait. Pour donner plus de force et d'unité au pouvoir des commissaires de la Convention , leur nombre devait être réduit à trois : GuezDO, qui avait pris part aux mesures décisives; xMathieu, qui tenait aussi au parti révolutionnaire; Bodin, qui avait toujours voté et siégé avec les modérés.

Cette proposition fut adoptée sans débat; l'Assemblée comprit combien il importait de ne pas laisser une discussion s'établir sur un sujet si grave. L'esprit de parti devait garder le silence; il eût été dangereux de donner aux déterminations qui venaient d'être prises Tapparence d'une opinion triomphante. Genissieux demanda à parler sur les chouans, il ne lui fut pas permis de monter à la tribune. On lui dit qu'il

30 RBMOUYELLBIIBNT DB LA GUBBRB.

pourait communiquer ses vues au comité de salut public.

Cette guerre ne comportait point de batailles. Dès qu*on pouvait rencontrer ou atteindre un rassemblement, la victoire n'était ni douteuse, ni difficile ; mais pour préserver le pays du brigandage , pour établir quelque sécurité sur les routes, il fallait que Tarmée fût dispersée sur un vaste territoire ; elle était de cinquante-deux mille hommes; ce n'était pas assez. Hoche et les représentants demandaient sans cesse des renforts : toutes les informations annonçaient que la descente des Anglais serait prochaine.- Une nouvelle répartition des commandements confia au général Hoche la défense de toutes les côtes depuis Cherbourg jusqu'à Nantes. Le général Aubert Dubayet commanda la rive droite de la Loire et dans les départements de laSarthe, de la Mayenne, de TOrne et du Calvados.

Malgré l'activité et la vigilance du général Hoche, les désordres continuaient. Il faisait parcourir le pays par trente-deux colonnes mobiles, tout en prenant grand soin que leur marche et leur conduite ne pussent rappeler en rien la guerre du général Turreau. Mais les chouans se comportaient souvent en véritables brigands; leurs actes de cruauté suscitaient la colère et la vengeance des habitants du parti opposé et parfois des soldats. Un des chefs de chouans, Bois-Hardi, était tombé sur un champ de bataille; sa tète fut coupée et promenée sur la pointe d'une pique. Hoche écrivit au commandant :

« Je suis indigné de la conduite de ceux qui ont souffert qu'on promenât la tète d'un ennemi vaincu. Pensent-ils, ces êtres féroces, nous rendre témoins des horribles scènes de la Vendée? Il est malheu-

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