‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 14 sur 121 · EENODVELLIMEMT DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

EENODVELLIMEMT DE LA GUERRE

reux que tous ne vous soyez pas trouvé là pour empêcher ce crime envers Thonneur, Thumanité^ la géné«* rosité française. Sans perdre un moinent^ vous ferez arrêter les officiers qui commandaient le détachement de grenadiers, et ceux d'entre eux qui ont coupé et promené la tête de Bois-Hardi. »

Bientôt la guerre ne fut plus qu^une poursuite contre des hordes de voleurs et de brigands éparpillées , sans ensemble y sans consistance : mais le vaste théâtre de cette rébellion mal éteinte n'en était pas moins en proie à une horrible dévastation; des mesures de rigueur et de méfiance devenaient souvent indispensables; la discipline d'une armée ainsi éparpillée était nécessairement incomplète : de sorte que des plaintes s'élevaient sans cesse contre Tautorité militaire; les autorités locales , lorsqu'elles avaient été renouvelées dans le sens de la réaction , dénonçaient au comité de salut public la conduite des militaires et la confiance qu'ils accordaient aux terro-^ ristes. Le général Hoche supportait impatiemment de tels procédés.

Il écrivait au comité : « Tous les genres de malveillance sont, dans ce pays, h l'ordre du jour. Il faut que les soldats français soient doués d'une grande vertu et que ce peuple soit le meilleur de l'Europe. Non, ce pays ne sera pas transformé en Vendée. Depuis dix mois, en butte à toutes les passions haineuses, à tous les intérêts particuliers, j'ai combattu les royalistes, les terroristes et les voleurs. Je continuerai sous vos auspices. Mais au nom de l'humanité, faites que les lois soient en vigueur. Voyez quels inconvénients résultent de leur inexécution. Les soldats désertent et deviennent par cela même nos plus grands ennemis.

32 nENOUVELLEMEMT DE LA GUERRE.

S'ils sont pris on les acquitte; ceux qui restent sous les drapeaux, indignés de l'impunité des traîtres, se refusent à faire des prisonniers et fusillent impitoyablement amis et ennemis. De combien d'horreurs j'ai été témoin : épargnez-les à la patrie. Arrêtez le torrent de maux prêts à bouleverser l'ordre social. »

Pour mettre un terme à cette impunité , deux lois furent successivement adoptées par la Convention. La première s'appliquait spécialement aux faits de la guerre civile. — « Les individus qui, contre leur serment de soumission aux lois de la République auront conspiré ou se seront armés contre elle , seront poursuivis comme rebelles. Les chefs, commandants et capitaines, les embaucheurs et les instigateurs de ras* semblements armés sous le nom de chouans ou sous telle autre dénomination, seront punis de mort. Les habitants des campagnes surpris dans les rassemblements et qui ne seront pas convaincus d'avoir participé aux assassinats, seront punis de deux, trois ou quatre mois de détention et d'une amende égale à la moitié de leurs revenus. » — Les individus arrêtés dans les rassemblements armés devaient être traduits devant les tribunaux militaires.^Ceux qui étaient prévenus seulement d'avoir pris une part active à la révolte étaient justiciables des tribunaux ordinaires ^

La seconde loi était plus générale et plus importante : elle s'appliquait aux crimes de meurtre et d'assassinat commis hors du fait de guerre civile; elle était destinée surtout à atteindre les compagnons de Jésus et du Soleil, les massacreurs de Marseille et du midi ; et pour qu'elle ne parût point une mesure de

* Loi du 30 prairial (18 juin 4795).

circonstaDce applicable seulement aux criminels d'un seul parti, elle remontait jusqu^au 1*' septembre 17929 et comprenait par conséquent les massacres de la Terreur. Ce n^était pas seulement ceux qui les avaient exécutés 9 mais les auteurs, instigateurs et provocateurs. Ainsi, des représentants en mission, des administrateurs locaux, des orateurs de club pouvaient, aux termes de cette loi , être poursuivis immédiatement. Pour mieux assurer la punition, le comité de législation avait proposé et l'Assemblée adopta, malgré quelque opposition, de graves modifications au Code d'instruction criminelle. Le jury d'accusation ne devait pas être appelé. La déclaration du jury de jugement était prononcée à la majorité simple ; il n'y avait point de recours en cassation.

Les 'généraux remercièrent la Convention d'être venue à leur aide par ces deux lois.

La descente prévue depuis longtemps fut enfin effectuée. L'escadre française était en mer. Elle eut connaissance du convoi , et comme elle croisait entre Brest et Lorient pour empêcher le débarquement, elle fut rencontrée par l'escadre anglaise devant Belle-Isle. Le combat ne fut pas heureux; l'amiral Yillaret- Joyeuse rentra à Lorient, après avoir perdu trois vaisseaux.

Belle-Isle fut sommée par le commodore Ellison; il proposait au général Boucret de reconnaître le roi Louis XVUI, offrait lalliance et la protection de la Grande-Bretagne, et engageait le général à mettre, dans Tîle qu'il commandait, un terme aux calamités affreuses qui désolaient la France. — « L'épuisement des ressources de la Convention , le soulèvement des

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royalistes dans toutes les parties du royaume et particulièremeot en Bretagne , contre son pouvoir oppressif; Tarmée de débarquement composée uniquement de troupes françaises, qui viennent d^ètre débarquées pour se joindre aux royalistes; la victoire récente qui a presque achevé la destruction des forces navales de la République : toutes ces circonstances doivent vous porter à ne pas prolonger les calamités de votre île. »

Telles étaient les idées que les émigrés et les Anglais se faisaient de la situation de la France; les agents qui envoyaient des rapports, les correspondants qui écrivaient leurs illusions les confirmaient dans ces présomptueuses espérances.

— « Ne craignez pas, monsieur, continuait le Commodore anglais, que Belle-Isle soit soumise à une puissance étrangère* Belle-Isle ne doit se rendre qu'à son souverain légitime, ne recevra que des troupes françaises, et restera sous la garde de ses habitants. Mon roi, dans sa générosité sans bornes, leur fournira les moyens de subsistance et leur assure sa protection. »

Le général Boucret répondit :-—•(( Monsieur, nous n'avons besoin ni de la protection , ni des vivres du roi votre maître. Nous ne manquons de rien ici, il ne tiendra qu'à vous de vous en convaincre. Vivre libre ou mourir en défendant la République une et indivisible, voilà mon vœu; c'est aussi celui de tous les braves cépublicaitis que je commande. »

Pendant que le commandant de BeUe-Isle répondait à cette sommation , le 26 juin la descente s'opérait sans nulle résistance dans la baie de Carnac sur la presqu'île de Quiberon.

Le convoi portait trois corps d'émigrés^ formant

plus de quatre mille hommes ; quatre-vingts gentilshommes qui Tenaient se joindre aut chouans; TéTèque de Dol avec cinquante prêtres ; une immense artillerie; quatre-vingt mille fusils; des habillements pour soixante mille hommes; des magasins de toute espèce^ et beaucoup d'argent. Le ministère anglais avait promis de continuer à aider Texpédition avec la même munificence et de pourvoir à ses besoins.

C'était surtout avec le comte de Puisaye que c^ projet avait été concerté. Depuis neuf mois^ il avait quitté la Bretagne ; il était convaincu que la guerre civile pourrait y être longtemps maintenue , mais que la rébellion laissée à ses propres forces n'arriverait jamais à aucun grand résultat et ne servirait point i accomplir la contre-révolution. U inspira beaucoup de confiance au gouvernement anglais, surtout à M. Windham, le seul de tous les ministres qui montrât aux émigrés un véritable intérêt^ qui plaignît cordialement leurs malheurs , qui semblât s'associer à leurs idées chevaleresques.

Le comte de Puisaye assurait que la Bretagne était entièrement royaliste; qu'une expédition serait favo*^ risée et soutenue par la généralité des habitants ; il promettait de mettre toute la province sous les armes» si on lui donnait quelques troupes , des armes, des munitions et de l'argent. U était en correspondance habituelle avec les chefs des chouans; il soutenait leur courage, leur promettait appui et secours; envoyait les subsides qu'il pouvait obtenir; tentait des négociations avec quelques généraux de la République ; cherchait à profiter de l'esprit réactionnaire » et à rallier au parti royaliste les mécontents de toute origine. U se trompait sur beaucoup de points et ne

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réussissait pas à inspirer aux émigrés ou aux chouans la modération qui eût été nécessaire ; encore moins à séduire les patriotes , lors même qu'ils n'aimaient point la Convention. Au totale il était pourtant un homme sensé ^ et connaissait mieux que personne la Bretagne et les chouans.

Dans son idée^ il fallait que la petite armée de débarquement se fortifiât dans la presqu'île de Quiberouy sous la protection de la marine anglaise, s'emparât d'une partie de la côte et fournît des armes 9 des munitions et des renforts aux bandes de chouans. On se serait ensuite assuré des communica* tions avec Gbarette et Stofflet qui^ en ce moment même, devaient reprendre les armes; en un mot, Puisaye voulait que le débarquement servît non point à amener une armée destinée à faire la guerre régulière, mais à donner un grand développement à la rébellion , à lui procurer les ressources qui lui manquaient, à lui imprimer une direction d'ensemble. 11 croyait pouvoir ainsi la rendre formidable à la République^ efficace pour parvenir à une contre-révolution.

Mais lorsque le débarquement fut opéré, il se trouva que le comte de Puisaye n'était revêtu d'aucun pouvoir qui l'autorisât à diriger l'expédition qu'il avait conçuis. Les régiments émigrés étaient à la solde de l'Angleterre, et M. d'Hervilly était ofiiciellement leur commandant. Puisaye était seulement général des bandes bretonnes^ qui viendraient se joindre aux troupes régulières.

Georges Cadoudal^ déjà le plus fameux des chouans, était venu à la côte avec quatre mille hommes pour protéger la descente. Environ dix mille Bretons se

présentèrent pour demander des armes. Ils furent mis sous les ordres du chevalier de Tinteniac et du comte Uubois-Berthelot. Les gentilshommes venus d'Angleterre furent répartis dans ces diverses bandes. En même temps , la petite garnison du fort Penthièvre, qui défend Tisthme par où la presqu'île Ae Quiberon est jointe au continent, n'ayant nul espoir d'être secourue, se rendit au comte d'Hervilly. Dans la préoccupation où il était des facilités qu'on trouverait à rallier la France aux royalistes , il offrit aux soldats de s'engager dans son régiment; trois cents acceptèrent cette proposition.

Tout semblait prospérer et promettre un heureux succès à Tentreprise; les chouans s'avancèrent jusqu'à Auray et à Landevant, à six lieues de Lorient, sans trouver de résistance. Les détachements de troupes républicaines se retiraient; les autorités locales quittaient les villes et les bourgs, accompagnées de la population patriote.

Mais les chouans n'avaient point encore d'artillerie; M. de Puisaye croyait essentiel de les appuyer aussi par quelques compagnies de soldats réguliers ; autrement dès qu'on rencontrerait une force républicaine un peu considérable, les bandes se disperseraient. 11 assurait qu'avec quatre cents hommes de troupes de ligne et quelques pièces de canon, occuper Vannes était une chose possible. M. d'Hervilly ne voulait point compromettre son armée en la diminuant par des détachements ; il refusa.

Cependant les républicains revenaient de leur première surprise; le général Hoche était à Vannes, et envoyait partout Tordre de faire marcher des troupes vers Quiberon ; il demandait des renforts à Aubert-

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Dubayet et à Canclaux. — cr Du seeret et du calme, disait-il sans montrer ni précipitation, ni trouble. — (f Je prie le comité de salut public d'être tranquille sur les suites du débarquement, qu*il me donne seulement la cavalerie et les canons que je lui demande depuis trois mois, »

A la nouvelle du débarquement, le comité de salut public envoya Tallien et Blad pour commissaires auprès du général Hoche. Dès la première rencontre considérable , les deux bandes de chouans de Tinteniac et de Dubois-Berthelot furent mises en déroute. Ce dernier chef fut blessé , deux gentilshommes bretons , MM. de La Moussaye et de Lannion furent tués. Le lendemain, le comte de Yauban réussit à dégager la troupe de M. de Tinteniac, qui était cernée par les républicains; mais il fallut se replier vers Quiberon ; le plus grand nombre des chouans se jeta dans l'intérieur des terres,, sans plus avoir de communication avec larmée de débarquement.

Bientôt ceux qui restaient encore réunis sous le commandement du comte de Yauban , de Georges et de M. de Tinteniac , se trouvèrent seuls à défendre les approches de la presqu'île de Quiberon où s'était renfermé le corps entier de M. d'Hervilly. 11 paraissait impossible de se maintenir dans la position qu'ils avaient à garder; M. de Yauban proposa à Georges de prévenir l'attaque et d'essayer une charge contre les républicains. — * « Mes gens sont furieux, découragés, répondit Geoi^es, ils ne veulent pas se battre. La conduite de la troupe de ligne les indigne; on ne leur vient pas en aide. Pourquoi et pour qui sont venus tant de secours de l'Angleterre , si on ne veut pas s'en servir? je me reproche d'avoir protégé

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eette descente, qui fera écraser notre parti , d'après le système qu'on a suivi. »

Ainsi les chouans se replièrent jusque sous les forts qui sont placés sur Tisthme en avant de la presqu'île. Dix jours après le débarquement , les royalistes n'avaient plus le pied sur la côte. Les populations, fuyant les républicains qui revenaient occuper leurs villages, 86 réfugiaient en foule à Quiberon, où elles accroich* saient les embarras et consommaient les provisions.

Les forts destinés à défendre Tarmée de débarquement, maintenant renfermée et pressée dans une étroite langue de terre, étaient en assez mauvais état. Rien n'avait été disposé pour leur donner des moyens de défense ; à peine y avait-on placé une garnison suffisante. Les chouans se plaignirent de cette incurie; un conseil de gqerre fut convoqué, et Ton résolut une attaque pour reprendre sur la côte la position de Sainte-Barbe qu'on avait abandonnée la veille. Cette attaque fut repouseée et les républicains se seraient avancés sur Tisthme, si les chaloupes canonnières de Tescadre anglaise n'étaient pas venues assez près pour concourir avec le canon des forts et pour arrêter les assaillants.

Il y avait donc trente mille personnes entassées dans la presqu'île ; les vivres allaient manquer , on résolut de reporter les chouans sur le continent. H. de Tinteniac et Georges furent débarqués avec environ huit mille hommes à Sarzeau près de l'embouchure de la Vilaine. D'autres détachements de chouans furent successivement conduits sur la côte; il en resta environ quatorze cents commandés par le comte de Vauban, mais sous les ordres de M. d'Hervilly.

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On essaya encore sans succès de reprendre poste sur la côte ; les attaques furent repoussées.

Le 1 5 juillet un convoi anglais mouilla dans Iji baie ; il amenait environ mille émigrés commandés par le comte de Sombreuil qui venait de faire la guerre avec eux pendant la campagne^ où les Français avaient conquis la Hollande; c'était un corps entièrement composé de militaires braves et éprouvés ; leur chef était digne de marcher à leur tête. L'armée de M. d'Hervilly ne pouvait recevoir un meilleur renfort. Toutefois il s'obstina à ne pas attendre ce débarquement pour tenter l'attaque générale qu'il avait résolue, afin de délivrer la péninsule du blocus où elle était resserrée.

Le 16 juillet au matin M. de Vauban avec huit cents chouans ou royalistes, essaya une descente devaut Carnac; sa colonne était évidemment insuffisante; il fut obligé de se rembarquer presque aussitôt qu'il eut mis le pied à terre ; les hommes qu'il avait amenés ne voulaient pas se battre, lorsqu'ils n'avaient pas une chance de succès; ils trempaient leurs fusils dans la mer pour ne pas tirer.

Pendant ce temps-là, M. d'Hervilly attaquait les retranchements des républicains avec environ trois mille hommes de troupes régulières et six cents chouans. Il voulut d'abord tourner les lignes ennemies; ce mouvement exposa les assaillants au double feu du front .et du flanc droit de l'ennemi; il fallut renoncer à une manœuvre si dangereuse; alors fut ordonnée l'attaque des retranchements, elle ne réussit pas mieux ; les républicains étaient fortement retranchés et leurs batteries foudroyaient les colonnes des émigrés. L'ordre de la retraite fut donné par M. d'Her-

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villy, qui fut mortellement blessé , et elle devint bientôt une déroute. Due partie de l'artillerie fut perdue, cinquante-trois officiers du régiment de la marine furent laissés sur le champ de bataille, morts ou blessés ; le régiment de Dudresenay en perdit à peu près autant.

Les républicains poursuivirent les vaincus jusque soûs les forts, et le désordre était tel qu'on put craindre qu'ils n'y entrassent pèle-mèle avec les royalistes.

Les chaloupes anglaises prévinrent ce danger en faisant un feu très-vif sur les poursuivants. D'ailleurs les régiments d'Hervilly et Loyal-Émigrant se retiraient en bon ordre.

Les royalistes montrèrent dans cette journée une bravoure désespérée. Ils avaient attaqué avec trois mille hommes des lignes défendues par quinze mille.

M. d'Hervilly ne mourut que quelques semaines après , mais il n'était plus en état d'exercer le commandement. Le comte de Puisaye ne pouvait pas lui succéder ; il n'était pas au service du gouvernement anglais, par conséquent il n'avait pas la condition indispensable pour commander des corps soldés par l'Angleterre; lui-même indiqua le comte de Sombreuil qui avait une réputation militaire, qui amenait une division, seule ressource actuelle de l'armée, et qui avait la confiance des troupes.

Il était impossible de conserver le moindre espoir : comment allait finir cette défense qui ne devait pas être longue? quel serait le sort des malheureux enfermés dans une lieue carrée de sable où une armée victorieuse allait bientôt les forcer? M. de Yauban et M. de Gontades eurent une conversation avec le gé-

néral Humbert qui se présenta à eux comme parlementaire aux avant-postes.

— » a Pourquoi nous battons -nous? disait-il, on pourrait s'arranger , vous devriez écrire à TalUen. — Si Tallien, répondit M. de Contades, pouvait rétablir la paix et la justice en France nous lui écririons; ni le roi , ni les princes , ni la noblesse n'ont aucune passion de baine et de vengeance. Si votre Tallien et ses collègues avaient des sentiments pareils , nous cesserions bientôt de nous battre. »

Le général républicain répéta encore : — « Écrivez à Tallien, c'est le seul moven de s'entendre, n — Puis en preuve de disposition conciliante et pacifique , il parla des prisonniers qui avaient été ramassés blessés sur le champ de bataille et assura , ce qui certes ne dépendait pas de lui , qu'on aurait soin d'eux et qu'il ne leur arriverait rien de funeste. Il déplora comme une grande perte pour la France les ofilciers de la maripe royale qui avaient été tués; il donna de bonnes nouvelles du général Tinteniae, qui, ce jour-là même, était tué aux environs de Ploermel, Après son débarquement, il avait été contraint à s'enfoncer dans l'intérieur des terres et n'avait pu, comme Tavait espéré M. d'Hervilly , attaquer l'armée républicaine par derrière, le jour où la tentative de forcer les lignes avait eu des suites si désastreuses. Ce fut après sa mort que Georges Gadoudal devint le chef des chouans du Morbihan.

De pareilles communications ne devaient avoir aucun résultat : c'était une guerre à mort; les partis avaient encore toute l'ardeur des passions politiques; nulle transaction n'était possible ; on ne pouvait rien se concéder mutuellement; les vainqueurs étaient

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impitoyables ; les vaincus ne renonçaient pas à leurs espérances^ à leurs opinions, à leur désir de vengeance. Si parmi les généraux ou les représentants républicains se trouvait quelque âme généreuse ou même quelque politique sensé qui voulût épargner le sang français et sauver des hommes dont, sans partager les opinions , on ne pouvait s'empêcher d'honorer le dévouement et la valeur, alors les révolutionnaires exaltés et la tourbe de cette faction criaient à la conspiration royaliste. D'autre part , il ne dépendait pas des chefs ou des personnages importants de rémigration .de calmer ou d'arrêter les ardeurs des subalternes ou du vulgaire de leur parti; ils n'auraient pu empêcher les meurtres de Lyon, les massacres de Marseille ou les cruels excès de la chouannerie. En vain M. de Puisaye écrivait-il : — «Ajournez vos vengeances, »>— il n'obtenait pas même la dissimulation et la patience. M. de Montlosier , dans ui^e controverse imprimée, pouvait dire, avec plus ou moins d'exagération polémique, à un compagnop d'émigration : — a Vous êtes gros de plus de crimes que Marat et Robespierre. »

Le général Humbert avait peut-être cédé à un mouvement d'humanité, mais assurément ni Tallien, ni Hoche n'avaient conçu la pensée de traiter; ils pouvaient en avoir le regret, mais ils l'auraient tout au plus laissé entrevoir.

Le fort Penthièvre, dernière défense de la presqu'île, n'aurait pas sans doute résisté à un siège. L'occasion se présenta d'y entrer sans retard et presque sans résistance. Les émigrés avaient recruté en Angleterre un assez grand nombre de prisonniers français. Ces hommes avaient servi sous les drapeaux de la République;

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iU étaient pénétrés d'un sentiment patriotique, dont ceux qui les enrôlaient ne connaissaient pas la force. Les mauvais traitements qu'ils avaient endurés en Angleterre les avaient aigris et ajoutaient à Taversion que leur inspirait Tinvasion étrangère où on voulait les employer. Ils ne virent dans cet enrôlement qu'un moyen de s'évader. Lorsque M. d'Hervilly se fut emparé du fort Penthièvre, il joignit encore à son régiment presque toute la garnison qu'il fit prisonnière.

Quelques-uns de ces soldats réussirent facilement à passer dans les lignes Françaises. Ils racontèrent au général Hoche la détresse de l'armée des émigrés , le peu de moyen de défense du fort; de sorte qu'il conçut l'espérance de le surprendre pendant la nuit. Au milieu d'un orage épouvantable et d'une complète obscurite, deux colonnes républicaines s'avancèrent l'une à gauche, l'autre à droite de l'isthme , au pied de la falaise, sur la plage que la marée basse laissait découverte, tandis que le général avec son corps d'armée se présentait en face du fort. Au crépuscule du matin, les bâtiments anglais, embossés dans la rade, virent filer le long des rochers comme une ligne noirâtre. C'était la colonne de ^gauche qui, marchant dans l'eau, se glissait vers le fort. Au même moment les batteries des ouvrages avancés commencèrent à tirer; le trou^ ble se mit dans la colonne républicaine, les soldats se hâtèrent de grimper en désordre sur la falaise pour ne plus être ainsi foudroyés.

Pendant que le général maintenait avec peine son attaque, le soleil se leva et on «aperçut au sommet du fort le drapeau républicain, remplaçant le drapeau blanc. La colonne de droite avait eu pour guide un prisonnier enrôlé en Angleterre ; cet homme avait ma-

Difestë au général une ardeur et un courage extrêmes et surtout un profond ressentiment des souffrances de sa captivité, montrant avec une sorte de rage la trace des coups qu'il avait reçus pour une tentative d'évasion. Sous sa conduite^ les républicains gravissant la falaise étaient parvenus à un point des fortifications qui était mal gardé. Us pénétrèrent d'autant plus facilement que déjà de fausses patrouilles, déguisées sous les capotes et les chapeaux ramassés sur le champ de bataille du 16, étaient entrées dans la place, en disant le mot d'ordre que David leur avait donné. Les canonniers furent tués sur leurs pièces. Un détachement d'émigrés essaya de se défendre et combattit corps à corps avec un grand courage. Ils périrent jusqu'au dernier.

Le camp retranché établi sous le canon du fort n'a- Tait nul moyen de résistance. Les soldats recrutés parmi les prisonniers rentraient sous le drapeau de la République. Les restes du corps de M. d'Hervilly et des émigrés venus avec M. de Sombreuil se retirèrent vers Quiberon, au fond de la presqu'île; le parc d'artillerie avait été placé près du fort, les républicains s'en emparèrent, et une colonne d'environ huit cents hommes s'avança sans obstacle. Il n'était encore que quatre heures du matin; aucune lutte n'était plus possible; il n'y avait d'autre devoir pour le comte de Sombreuil et les émigrés que de se maintenir assez longtemps pour protéger rembarquement des débris de cette funeste expédition ; encore ce devoir était-il diflicile à remplir.

M. de Puisaye, voyant que tout était perdu, que son autorité n'était pas reconnue, crut qu'il serait plus utile à la cause qu'il servait, en retournant en Angle-

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terre afin d'y coatiauer ses correspoodances, de procurer d'autres secours aux chouans , et de présenter de nouveaux projets. Il se rendit à bord de l'amiral Waren.

Quelques canots furent d'abord chargés des blessés, des malades et des personnes inutiles à la défense. On embarqua le comte d'Hervilly; les officiers d'artillerie, n'ayant plus de canons, partirent aussi. Dans le commencement de la journée, les républicains ne s'étaient pas approchés du petit port d'Orange ; l'em-' barquement se faisait régulièrement mais avec lenteur, car on n'avait encore qu'un ou deux canots.

Bientôt les colonnes républicaines avancèrent; aucune disposition défensive n'avait été prise : les inégalités de terrain, qui auraient pu donner une chance pour arrêter leur marche pendant quelques moments, n'avaient pu être occupées , puisqu*on n'avait point d'artillerie. Le comte de Sombreuil se retira sous le petit fort de Portaliguen, situé au bord de la mer. Ses troupes s'y rassemblèrent en grand désordre; une corvette anglaise, lïiouillée non loin du rivage, balayait par son feu la plage découverte par où les républicains étaient obligés de passer.

Des cris s'élevèrent confusément du côté des assaillants : -^ (c Rendez- vous; bas les armes; on ne vous fera rien. » — Alors quelques-uns parmi les régiments venus d'Angleterre, disaient : •— » « il faut nous rendre. »— ^M. de Vauban et ceux qui savaient ce qui se passait dans la guerre des chouans assuraient que les troupes républicaines ne faisaient jamais quartier.

M. de Sombreuil voulut parlementer avec le général Humbert qui commandait l'avant-garde; mais le feu de la corvette empêchait toute communication.

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On parvint à le faire cesser; les Hpublicains avançaient et Ton entendait toujours des voix criant : — « Rendez-vous. » Le général Hoche arrêta un moment ses soldats; plusieurs officiers lui représentèrent que la victoire ne serait qu'un horrible carnage. — « Je ne veux pas, dit-il, remettre en question ce qui est décidé. » — Quelques émigrés s'avancèrent pour parlementer : il ne les écouta point et les fit arrêter. On le pressa encore de ne pas continuer ce combat qui allait devenir un massacre ; on lui rappelait que, parmi ces malheureux vaincus, se trouvaient encore un grand nombre des prisonniers enrôlés en Angleterre.

Pendant ce moment d'hésitation, quelques ofiiciers s'étaient avancés jusqu'au pied d'un petit mur ruiné, dernier retranchement des royalistes. — « N'êtesvous pas Français ? leur criait-on ; ne vous faites pas massacrer. Rendez-vous, faites cesser le feu des Anglais; si un des nôtres est encore frappé, le général fera marcher en avant. y> — Les uns franchissaient la muraille et venaient se mêler aux républicains; les autres tentaient de s'embarquer.

Il n'y avait d'abord le long du rivage qu'une corvette anglaise. Elle avait arrêté la marche de la colonne d'attaque, mais ne pouvait donner asile aux fugitifs, ni opérer un rembarquement; M. de Som^ breuil était convenu avec l'amiral Waren qu'un signal placé sur la tour du fort Penthièvre l'avertirait de l'attaque des républicains et qu'alors il enverrait des bâtiments pour les canonner : mais le fort avait été occupé pendant la nuit, et tout s'était passé avec tant de précipitation et de désordre que le signal n'avait pu être donné. Cette nouvelle fatalité devait consom-

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mer la perte des malheureux royalistes. Les cha* loupes, destinées à les protéger ou les sauver n'arri*. vaient point. 11 y avait là sur le rivage quinze à dii- ^ huit cents personnes, officiers, royalistes, paysans, femmes. Le désespoir s'emparait de tous. Les uns s'avançaient dans la mer, au-devant des chaloupes qu'on attendait; d'autres se noyaient,- il y en eut qui se brûlèrent la cervelle, ou se percèrent de leur épée. ' Enfin arrivèrent toutes les embarcations de l'escadre, luttant avec peine contre la marée et le vent contraire. ^

Deux pièces de canon, amenées par les républicains, vinrent encore enlever cette dernière ressource. La corvette anglaise continuait son feu, qui se croisait avec celui des assaillants. — « Faites cesser le feu des Anglds, » disait le général Humbert. — «Vous voyez bien qu'ils tirent sur nous autant que sur vous, » répondaient les royalistes. M. de Guerry s'offrit à aller à la nage porter à la corvette l'avis de cesser le feu. 11 demanda au général Hoche qu'on ne tirât pas sur lui pendant cette périlleuse traversée. — w Allez, monsieur, et ne revenez pas, » lui dit le général à demi voix, en se penchant sur le cou de son cheval. M. de Guerry y alla et revint pour ne point se séparer de ses camarades et combattre encore ou mourir avec eux. De même , M. de Lamoignon porta son frère blessé dans une barque, et retourna au rivage.

C'était avec ce courage de dévouement, attendant une mort certaine , aujourd'hui sur le champ de bataillé ou le lendemain au supplice, que cette poignée de royalistes restaient aux ordres de leur général. M. de Sombreuil pensa qu'il'valait mieux se fier à l'humanité des vainqueurs que de faire massacrer ses

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braves compagnons ; le cri général des soldats et des officiers républicains semblait leur promettre la vie : le général Humbert ne démentait pas ce généreux mouTement. Sombreuil commanda à sa troupe de mettre bas les armes et demanda à voir le général Hoche 9 qui venait de s'avancer jusqu'aux premiers rangs de ses soldats. 11 descendit de cheval , vint trouver le malheureux chef des royalistes et lui témoigna de grands égards; on les vit tous les deux se promener sur le bord escarpé de la falaise où est situé le fort. Sombreuil lui demanda , s'il n'y avait point de capitulation , à être la seule victime ; c'est ce qu'il avait déjà offert au général Humbert , et sa réponse lui avait laissé quelque espérance, du moins pour ses compagnons. Hdtshe répondit qu'il ne pouvait permettre le rembarquement.

 cet instant arrivèr/But les deux conventionnels Tallien et Blad. Hoche, dès qu'il avait vu la victoire assurée, les avait envoyé avertir. — «Mon affaire est faite, avait-il dit, le reste les regarde. »

— r< Monsieur, dit Blad , qui était un des représentants détenus après le 31 mai, je me suis trouvé en prison avec vos parents. » — « Les émigrés sont- ils donc si coupables, répondit Sombreuil, d'avoir voulu éviter les prisons et les échafauds? » — Alors Tallien, avec plus de dureté et de hauteur , répliqua : — -> « Monsieur, nous avons tous été sous le couteau; niais la pensée ne nous est pas venue de porter les armes contre la patrie. » — Sombreuil rompit cette conversation , et ce fut à Tallien qu'il remit son sabre.

Pendant cette entrevue les embarcations s'étaient approchées du rivage; les fugitifs s'y précipitaient. VI. 4

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Aûn qii^il n y eût point *d'eacombreinent , et pour ne pas laisser surcharger les canots de manière à chavirer, ce qui était advenu pour les premiers^ on les tenait à quelque distance de la plage. Ces malheureux parvenaient à les atteindre en s'aidant des cordages qu'on leur jetait, ou des avirons qui leur étaient ten* dus ; ceux qu'on ne pouvait plus admettre s'accrochaient au bordage et se cramponnaient si fortement, que les marins anglais leur brisaient les mains à coups d aviron, ou même leur coupaient le poignet à coups de sabre. Il y eut des chaloupes qui firent cinq ou six fois le trajet du rivage à la frégate la Pomme. Ainsi furent sauvés MM. de Contades , Chambray , Vauban , Saint-Morys. Le duc deLévis, blessé grièvement, s'était traîné sur la plage, sontenu par deux Bretons qui avaient combattu sous son commandement. Un canot déjà chargé s'éloignait du rivage : •— « Revenez prendre notre commandant; nous ne demandons pas. que vous nous preniez à bord, » crièrent les chouans. L'embarcation se rapprocha. — « Sauvez aussi , non pas moi , mais mon drapeau , » ajouta un porte-drapeau du régiment d'Hervilly. — On porta le duc de Lévis, avec le drapeau, sur le canot, qui les amena à la frégate.

Vers six heures du matin , le général Lemoine ordonna aux émigrés de se mettre en rang ; ils furent conduits au fort : aucune insulte , aucune menace ne leur fut adressée. Le général Hoche avait commandé de les traiter avec les égards dus au courage mal* heureux. Une population tout entière, fuyant les colonnes républicaines, s'était réfugiée dans la pres* qu'ile; un grand nombre de femmes, avec leurs enfants , avaient été portées sur l'escadre anglaise

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par les embarcations : celles qui étaient restées furent laissées en liberté.

Le lendemain les prisonniers furent dirigés sur Auray. En tête du premier détachement marchaient MM. de Hercé^ évêque de Dol, de Sombreuil, de Broglie, de Senneville» de Rieux et d'autres gentils'^ hommes. On leur avait donné une garde peu nom« breuse et accablée de fatigue. Dans les chemins creux et bordés de haies que suivait le cortège , il eût été facile de s'échapper, et les prisonniers étaient assurés de trouver un asile et une courageuse hospitalité dans les cabanes bretonnes. Un très -petit nombre profita de cette occasion ; presque tous croyaient à une capitulation, sinon formelle, du moins placée 80UB la sauvegarde de l'humanité et de l'honneur : ils arrivèrent ainsi à Auray, où on les enferma dans Téglise.

Sombreuil et ses compagnons se trompaient en supposant qu'il y avait quelque espoir à placer sur les sentiments de générosité et de miséricorde d'un gouvernement issu du 10 août, habitué pendant deux années à voir couler des flots de sang dans les massacres ou sur les échafauds , pour qui la guerre civile semblait une abolition, non pas seulement du droit des gens, mais de toute sympathie humaine : tuer les émigrés était devenu un principe établi , sur lequel le doute et l'hésitation n'étaient pas admis.

Le général Hoche et beaucoup d'officiers de son armée envisageaient sans doute avec une douloureuse pitié Textermination des. nobles et vaillants adversaires qu'ils avaient vaincus. Le nombre des victimes épouvantait leur cœur, mais sauver les chefs et les principaux émigrés paraissait chose impossible.

52 DISCOURS DE TALLIEM.

Dès le jour même de la victoire^ Hoche s'éloigna des lieux où devaient se passer de sanglantes exécutions, livrant au cours nécessaire des lois de la Révolution le sort de ses prisonniers. La pensée ne lui vint point d'avoir une volonté ni de s'autoriser de ses succès et de sa gloire pour prendre une généreuse décision.

Tallien était peut-être dans une disposition assez semblable; lui aussi ne voulut pas être exécuteur d'une loi qu'il n'eût pas osé désavouer : il se hâta de retourner à Paris, laissant à son collègue Blad le triste office de veiller à la vengeance révolutionnaire. 11 pouvait arriver à la Convention assez promptement pour y proposer un acte de clémence y pour donner un véritable témoignage de son retour à des opinions et à des sentiments qu'il avait mis en oubli, au 2 septembre et à Bordeaux. 11 ramenait avec lui^ dans (a même voiture, Rouget de l'isle^ son secrétaire et son aide de camp, homme de mœurs douces et d'opinions moderéesy quoique auteur de « la Marseillaise, » qu'il avait composée comme un chant guerrier et non point comme un hymne sanguinaire; il avait combattu à Quiberon et avait reçu une blessure légère. Pendant la route , Tallien et lui s'entretinrent sans cesse du sort des malheureux prisonniers de Quiberon. Parfois Tallien y encouragé par son ami, s'animait à la pensée de les sauver et de demander leur grâce en annonçant la victoire à laquelle il avait pris part; puis il retombait dans son hésitation et ne savait point se résoudre à prendre un rôle que lui-même trouvait noble et grand.

En arrivant à Paris il vit que, dans la Convention,

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