DISCOURS DE TALLIEN
à concilier^ avec le désir d'une vengeance révolutionnaire, les égards et Thumanité que les officiers et les soldats avaient témoignés à leurs prisonniers.
— ce Hors du combat, il n'a pas péri un seul ennemi ; aucun même n'a été insulté. J'en ai vu plusieurs conduire des émigrés malades ou blessés et leur prodiguer des soins. «Représentant, disaient ces braves « gens , nous ne sommes pas des assassins ; dous c< nous défendons contre celui qui est armé; nous « protégeons même le criminel sans défense; mais il a existe des lois contre les traîtres , et nous demanu dons qu'elles soient exécutées. »
<c Nous leur avons promis que justice serait faite par la commission militaire; elle est actuellement en activité et s'occupe de l'application de la loi. »
Ce rapport fut fréquemment interrompu par les plus vifs applaudissements et par les cris de «c Vive la République ! » La pensée ne vint à aucun conventionnel de rien objecter à la conclusion. On vota que l'armée des côtes de Brest avait bien mérité de la patrie; une mention honorable fut accordée à Tadjudant général Ménage, qui était entré le premiei* dans le fort Penthièvre; à David et à deux autres sous-officiers qui , revenant à leurs drapeaux, avaient guidé les colonnes pendant l'attaque de nuit.
L^orchestre du Conservatoire était resté dans la salle; après le rapport de Tallien, la musique recommença, et Ton entendit les airs de « la Marseillaise » et de ft Ça ira, » auxquels s'attachaient les souvenirs de tant de sang versé. En témoignage d'impartialité, Bailleul demanda aussi « le Réveil du Peuple. » — « Si d'autres cannibales ont de même commis des assassinats en chantant cet air, il n'en a pas moins