MASSACRE DES PRISONNIERS RÉPUBLICAINS
représailles pour venger la mort des prisonniers de Quiberon. Mais je dois prévenir, s'il est possible, de pareilles barbaries ; pas un de vos camarades n'existera demain matin , j'en userai ainsi à Tavenir toutes les fois qu'on égorgera des prisonniers royalistes. »
Cette terrible exécution eut lieu lorsque Charette allait quitter Belleville pour se porter vers la côte, où un convoi anglais devait débarquer des munitions qui lui étaient envoyées. C'était un dimanche ; Tétat-major assistait à la grand'messe; au milieu des chants de Téglise, on entendait d'horribles cris; les soldats qui formaient la garde de Charette avaient emmené les prisonniers dans un bois tout proche du village , et les massacraient à coups de pieux et de bâtons. Le général , en sortant de la messe, vit revenir ses hommes tout sanglants et portant en triomphe les dépouilles de leurs victimes. Un officier avait présidé à cette a&reuse exécution et s'en vantait : — « Sortez de ma présence, lui dit Charette , vous êtes indigne du rang d'officier. >}
Cette indignation contre les massacreurs n'était point de la pitié pour les victimes; plus de cent venaient d'être égorgées. Il restait encore deux cents prisonniers ; ils furent fusillés dans la cour du château de Belleville.
Les populations vendéennes n'approuvèrent nullement ce massacre ; l'armée républicaine des côtes de l'Ouest recommençait la guerre d'une manière régulière; elle était soumise à la discipline, commandée par un général modéré de caractère et de sentiment politique : on n'exterminait pas les habitants; on ne brûlait pas les maisons; on n'enlevait plus les récoltes; ce n'était plus le temps des colonnes in-
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fefuales. Le Poitou et la rive gauche de la Loire ne présentaient pas un spectacle semblable à ce qui se passait en Bretagne dans le pays de la chouannerie.
D'ailleurs les opérations militaires n'étaient pas encore entreprises avec activité. Ganolaux n'avait pas asset de troupes même pour garder la côte ; les détachements qui s'y trouvaient n'étaient pas de force à résister ; ils se replièrent après avoir essayé de combattre , et le premier débarquement des munitions apportées par les Anglais s'aecomplit sans difficulté. Cbarette se porta à Saint-Jean-de-Mont et communiqua librement avec Tescadre anglaise. Il fut reçu avec de grands honneurs sur la frégate qui conduisait le Mnvoi; de nouveaux secours lui furent annoncés; néanmoins il se retira mécontent. On lui apportait ce qui était resté à bord après le débarquement du comte de Sombreuili car on n'avait pas eu le temps de mettre à terre toutes les munitions. Ce qu'on fournissait à Charette était très-insuffisant et il n'avait rien à faire des uniformes rouges destinés aux troupes anglaises. H persista dans sa disposition méfiante et dans ses préjugés malveillants. 11 avait servi dans la marine ; ses camarades et ses amis venaient de périr à Quib^ ron > et il croyait , comme l'opinion vulgaire , que les Anglais avaient voulu cette extermination de la ma^ rine française. Dans sa <sorrespondance avec les princes, il les engageait «c à ne point accorder confiance au gouvernement anglais et assurait que les propositions qui lui étalent faites , prouvaient que les Anglais seraient toujours ennemis de la France , quelque gouvernement qu'elle eût. »
Il n'en sollicitait pas moins les secours de l'Angle-