‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 23 sur 121 · TRAVAUX LÉGISLATIFS DE LA CONVENTION · texte numérisé non relu

TRAVAUX LÉGISLATIFS DE LA CONVENTION

malheureuse partie de son territoire; la persuasion , la douceur^ Taménité, doivent aussi être les armes dont nous nous servirons avec succès. Malheur à quiconque, répftndant inutilement le sang, voudrait ne voir que des ennemis dans les habitants des campagnes ! malheur à qui leur ferait le moindre tort! mais aussi point de grâce à quiconque, trahissant son devoir sous quelque prétexte que ce soit; favoriserait Tennemi. »

Tel allait être désormais le caractère de cette guerre. Le résultat en était certain , tant que les circonstances intérieures et la direction du gouvernement resteraient les mêmes. Mais on ne pouvait se promettre de la terminer promptement. Les guerres civiles 9 les guerres d'opinion, où la population prend part , ne sont point décidées par le choc de deux armées régulières. Elles ne comportent pas les grandes batailles , ni les victoires foudroyantes des grands capitaines. 11 y faut une patience habile; en voulant réussir par la rapidité et la violence , on éloigne souvent le succès pour avoir voulu l'emporter trop tôt* Avant d'atteindre le terme de la guerre qui a honoré la mémoire de Hoche, et qui la placé hors ligne parmi les généraux de la Révolution , il ne fallut pas moins de six mois.

Pendant que la guerre civile désolait de nouveau les provinces de l'Ouest, et que de sanglants désordres continuaient à affliger la Provence, la Convention, pleinement victorieuse des Jacobins de Paris, affran-* ebie de l'opposition factieuse de la Montagne, s'occupait à donner une constitution à la France, et la discutait avec calme. Mais , avant de raconter les

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délibérations qui pendant deux mois préparèrent l'adoption successive des lois fondamentales de la République j il convient d'exposer les travaux de législation auxquels elle avait pu se livrer parmi tant d'agitations 9 de luttes et de crises révolutionnaires. La majorité de TAssemblée n'avait certes point été composée des mêmes votants; l'esprit qui l'animait avait subi d6 progressives variations; elle était conduite maintenant par des opinions très-dififérentes de celles qui prévalaient le lendemain du 9 thermidor; elle professait d'autres principes; toutefois, grâce aux circonstances et à la pression de l'opinion publique , les lois de cette époque eurent un même caractère de réparation, de désir de l'ordre et de la justice; autant que la situation et l'esprit révolutionnaire, toujours dominant, pouvaient le permettre. Non-seulement la pensée républicaine inspirait la législation , mais la haine contre les émigrés et le clergé étouffait les sentiments d'humanité et de justice.

Ainsi, voulant réunir en un code toutes les dispositions qui avaient été successivement décrétées contre l'émigration , souvent par des votes donnén à la hâte sous Tirapression des circonstances, la Convention n'apporta aucun adoucissement ni à la pénalité, ni à la procédure. Ce travail dura longtemps et fut souvent interrompu par de plus urgentes occupations. Lorsque les débats commencèrent, la Montagne n'était pas encore vaincue ; c'était avant qu'elle fût en lutte ouverte avec la majorité , et elle avait même encore sa part d'influence dans les délibérations de l'Assemblée. Carrier, Duquesnoy, Rulh et d'autres Ja^ cobins prenaient la parole pour appuyer ou aggraver les rigueurs de la législation existante, et ils étaient

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écoutés. Lorsqu'ils furent réduits au silence ^ la discussion ne prit pas davantage un caractère de mansuétude; Ja loi du 15 novembre 1794 renferma, sans Dul adoucissement y les mesures décrétées dans les plus mauvais jours de la Révolution; et aucun mem«> bre de la Convention ne proposa d'y déroger. Quelques mois après, elles furent appliquées dans toute leur cruauté aux prisonniers de Quiberon. Ce code conservait si complètement Tesprit et le texte des lois révolutionnaires que Saint-André , revenant de Tou-*loD y où il avait été envoyé en mission y demanda à la Convention d'interpréter un article dont le sens lui atait semblé douteux. — Un bâtiment de commerce allant de Barcelone à Malaga avait été pris par une frégate française. Il s'y trouvait trois émigrés avec leurs femmes y leurs enfants et leurs domestiques. Aucun d'eux n'était armé ; aucun d'eux ne cherchait à rentrer en France. Ils se rendaient d'un port espa^ gnol à un autre. Le coipité de salut public, consulté^ ne voulut pas se rendre responsable d'une décision , et s'en rapporta à la prudence de Saint-André; de son ebtéy il ne se crut pas le droit de suppléer au silence de la loi. Heureusement , dans le doute, il s'abstint de toute rigueur, mit les domestiques en liberté, et plaça les émigrés et leurs familles dans une maison de détention.

L'Assemblée approuva la conduite de Saint-André et la question fut renvoyée au comité de législation;.

De toutes les branches de l'administration, l'instruction publique fut la première affranchie de la domination barbare des révolutionnaires extrêmes. Les collèges avaient été détruits; l'instruction litté-

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raire et classique était abolie ; une loi inexécutable avait réglé Tinstruction primaire; ni le gouvernement, ni les autorités locales ne s'étaient occupés de la mettre en pratique. Les sciences exactes et naturelles , encore que leur utilité fût contestée par Topinion jacobine y avaient échappé à la proscription; mais rien n'avait été fait pour établir des écoles où elles pourraient être enseignées; toutes celles qui existaient avant la Révolution n'avaient pas échappé à la destruction universelle. L'ignorance allait envahir ce domaine de l'intelligence humaine , comme tous les autres.

Un décret du 11 mars 1794 avait déposé , comme par hasard y le germe d'une institution, et rien encore n'avait été fait pour lui donner naissance.

Ce décret, excessif comme tout ce qui se produisait alors, avait réuni sous une même administration les travaux publics de toute sorte, ponts et chaussées, mines, génie militaire, constructions navales ou maritimes , édifices publics. Un paragraphe d*un des articles chargeait les trois commissaires préposés à cette vaste et incohérente centralisation de présenter le projet d'une école centrale des travaux publics.

Aucune suite ne fut donnée à cette injonction, et lorsque, le 23 septembre 1794, Fourcroy parut à la tribune pour accomplir le devoir prescrit par la loi du 11 mars, il fut loin de témoigner aucune recoouaissance à ses auteurs.

— a Vos comités de salut public et d'instruction publique ont recueilli trop de preuves pour qu'il soit permis de douter d'une conjuration contre les progrès de la raison et de la science. Il leur est démontré que les conspirateurs voulaient marcher à la domina*

LOIS SUn L*IftSTUt'CT10N PUCLIQUE. 93

tion à travers les débris des connaissances humaines.

(( Voyez ce qu'ils avaient fait pour éteindre le flambeau de Tinstruction. Persuader au pouple que les lumières sont dangereuses et ne servent qu'à le tromper; saisir toutes les occasions de déclamer vaguement contre les sciences et les arts; proscrire Tesprit; tarir toutes les sources de l'instruction publique ; perdre en un instant le fruit des efforts dd plusieurs siècles; proposer la destruction des livres; mutiler Ie& chefs-d'œuvre des arts; avilir les productions du génie ; placer les dépôts précieux pour les arts et les sciences près de la torche d'Omar; repousser, par de Frivoles objections , tous les projets d'instruction pour eD présenter d'inexécutables, afin qu'il n'y eût plus d'éducation ; détruire, tous les établissements publics sans rien mettre à leur place ; enfin, anéantir toutes les choses et tous les hommes utiles à l'instruction. »

Telle était la peinture que Fourcroy présentait à la Convention. Il appelait conspiration, selon le vocabulaire du temps, toutes les folies de l'esprit révolutionaaire. Il voyait un projet où étaient seulement les conséquences nécessaires d'opinions aveugles et insensées; il supposait une politique, tandis qu'il fallait seulement reconnaître la passion de l'égalité et la haine des supériorités.

Réparer le mal et même faire mieux que le passé, en créant un enseignement pour les sciences exactes et naturelles, était une tache plus facile que de rétablir l'instruction littéraire. Les esprits étaient beaucoup plus tournés de ce côté. Les carrières que l'ancienne société française ouvrait aux hommes qui s'étaient formés à l'étude des langues anciennes et des grands écrivains français étaient alors fermées, et

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il semblait qu'elles ne pourraient se rouvrir. Le goût de Tesprit semblait éteint dans les préoccupations politiques y dans les tristesses de la tyrannie, dans Tabolition des loisirs heureux et des mœurs polies.

La littérature ne présentait pas alors des noms aussi illustres que les mathématiques ou la chimie. Beaucoup d'hommes de lettres avaient fait fausse route en épousaût les opinions révolutionnaires. D'autres avaient péri sur Téchafaud ou avaient été, soit bannis, soit persécutés ; d'ailleurs on se portait volontiers ve>s l'utile, vers les connaissances qui promettaient des résultats pratiques. La guerre , qui était devenue si glorieuse, qui avait été le refuge de l'honneur français, appelait la jeunesse dans les armes savantes et recrutait ainsi pour les sciences mathématiques et physiques. Tout promettait donc un prompt et grand succès à cette école des travaux publics fondée par Monge, Fourcroy, BerthoUet. Avant même de devenir l'École polytechnique, cet enseignement préliminaire suivi en commun, pour entrer ensuite dans les études spéciales et pratiques, réalisa toutes les espérances qu'il avait données.

La Convention > après avoir institué cette école où les jeunes hommes qui se destinaient à la carrière militaire pouvaient acquérir les premières connaissances nécessaires aux oflficiers du génie et de rartillerie, utiles aux officiers de la ligne , supprima l'École de Mars ; elle pensa que donner aux soldats et aux officiers une instruction identique était une conception fausse, inspirée par les chimères de l'égalité. Il en résultait même une sorte de privilège en faveur du petit nombre de défenseurs de la patrie, qui seraient appelés à recevoir cette éducation trop restreinte pour

MIS SUR l'iMSTRVCTION PUBLIQUE. 95

des officiers 9 trop développée pour des soldats. Cette école, établie dans un camp aux portes de Paris, était an corps militaire plutôt qu*uQ établissement d'instraction. On avait pu craindre un moment que la réelle destination des élèves de Mars fût de servir de satellites armés pour le service d'une tyrannie.

Dne renaissance, sinon des études classiques» du moins de 4*amour des lettres et du mouvement qu'elles avaient jadis imprimé aux esprits , suivit de près l'empressement qui les portait vers les sciences mathématiques. Le 24 octobre 1794, Lakanal» qui s'était fait de l'instruction publique une attribution spéciale, et dont les projets peu regrettables avaient été repoussés par Robespierre et les Jacobins, présenta au nom du comité un long rapport que depuis quelque temps la Convention témoignait le désir d'entendre, afin de mettre un terme à la complète et honteuse abolition de toutes les écoles. À en croire Lakanal, le moment où la France pourrait adopter un plan d'instruction publique était encore très* éloigné.

— - K II faut d'abord que les principes du gouvernement soient tels que, loin d'avoir rien à redouter des progrès de la raison, il y puise une nouvelle autorité. 11 faut que l'expérience du temps qu du malheur ait consolidé ce gouvernement bon par sa nature, qu'il soit plein de vie et de mouvement, mais sans être tourmenté par les orages ; il faut que la liberté n'ait plus aucune oonquôte à faire; que le peuple entier ait senti que, pour repousser les attaques de la monar* diie et de l'aristocratie, la démocratie doit se soumettre à la raison; il faut enfin que l'esprit humain ait .bit assez de progrès pour être sûr de posséder les

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méthodes avec lesquelles il est facile d'éclairer tous les esprits et de faire tous les progrès.

€ Jusqu'à cette époque aucune de ces conditions n'a existé. » Et il ajoutait qu'au moment présent elles existaient « peut-être. »

Toutefois, aucun moment depuis le commencement des siècles n'avait été, selon Lakanal , aussi favorable pour établir une bonne éducation nationale.

— <i Les philosophes ont quelquefois proposé leurs vues à des rois. C'était leur proposer de mettre à bas leur trône. Les tyrans ont leur instinct, comme les bêtes féroces. Ils sentaient confusément que si les peuples apprenaient à penser, ils apprendraient à être libres, et que les monarchies fondées sur des prestiges perdraient leur base si les hommes perdaient leurs préjugés et leurs erreurs.

(( En France, V Emile parut un roman plus encore que VHéloise. L'intelligence et l'âme naissante de nos enfants demeurèrent comprimées et étouffées dans les sombres écoles de cette université qui ne rougissait pas de s'appeler la fille aînée des rois.

a L'Assemblée constituante enorgueillie et fatiguée de toutes ses destructions, était arrivée sans force et sans courage au moment des grandes créations. Elle avait voulu concilier deux choses inconciliables : la royauté et la liberté. Elle ne pouvait donc savoir quel génie il fallait donner à la nation, puisqu'elle cherchait à unir deux génies opposés et ennemis.

« L'Aspemblée législative s'efforça par tous les moyens d'écarter la puissance executive sans la détruire. L'éducation publique a besoin d'un pouvoir exécutif; la législature pensa à en créer un, qui fût digne de confiance : les événements se soulevèrent

LOIS SUR l'instruction purlique. 97

contre les barrières constitutionnelles qui étaient élevées entre les pensées sublimes du peuple français et ses lois. La Convention parut, et le plan d'instruction publique de T Assemblée législative» comme celui de TAssemblée constituante ne fut plus qu'une brochure.

a Incessamment agitée par les événements qui naissaient dans son sein et au dehors, la Convention n'a pas pu et n*a pas dû s'occuper à la fois du soin d'é^ clairer la France et de la faire triompher.... C'était iiQe nécessité y c'était une sagesse d'attendre la fin (le ce grand cours d'observations sociales que nos malheurs avaient ouvert devant nous. Le temps , ce grand maître de l'homme, devenu si fécond en leçons plus terribles et mieux écoutées, devait être le professeur unique et universel de la République.

«Tel a été l'état de la France; mais elle en sort. Nous ne sommes plus agités que par le besoin de réparer les insultes faites à la justice, et de fermer les plaies faites à l'humanité. Tout doit plier avec grandeur et se niveler avec fraternité devant la puissance exécutrice des lois de la République. L'égalité n'est plus seulement un principe, elle est un sentiment. Le besoin de l'empire des lois n'est plus seulement une théorie, mais une passion comme l'amour de la vie est l'horreur de la mort. L'Europe se soumet à la puissance de la République ; la République se soumet à la puissance de la raison.

« Voici donc le moment où il faut rassembler, dans UD plan d'instruction publique, digne de vous, de la France et du genre humain, les lumières accumulées par les siècles qui nous ont précédés.... L'esprit humain, jusqu'ici conduit au hasard , a trouvé, après ▼I. 7

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tant de siècles d'égarement la route qu'il doit suivre et la mesure des pas qu'il doit faire. »

Après cette orgueilleuse célébration de Tâge d'or de la raison humaine, le rapporteur ne descendait pas encore des hauteurs de la philosophie aux moyens pratiques d'établir son règne ; il passait à l'apothéose de Bacon, de Locke, de leurs disciples et de la méthode analytique, qui seule pouvait donner une « création nouvelle à l'entendement humain. Les sciences morales si nécessaires aux peuples qui se gouvernent par leurs propres vertus, vont être soumises à des démonstrations aussi rigoureuses que les sciences exactes ou physiques. Dans un nouvel enseignement public, cette méthode deviendra l'organe universel de toutes les connaissances humaines ; elles seront mises à la portée de tous les hommes, à qui la nature n'a point refusé une intelligence commune.... L'analyse appliquée à tous les genres d'idées détruira l'inégalité des lumières plus fatale et plus humiliante que Tinégalité monstrueuse des richesses. L*analyse est donc un instrument indispensable dans une grande démocratie.

« Mais où trouver un nombre suffisant d'hommes pour enseigner dans un si.grand nombre d'écoles, des doctrines si nouvelles avec yne méthode si nouvelle elle-même? Les instituteurs des écoles anciennes n'y seraient pas propres. Les universités étaient au-dessous des académies, et les académies étaient au-dessous des vues par lesquelles vous voulez opérer la révolution de l'esprit humain. Existe-t-il en France, existe-t-il en Europe, existe-t-il sur la terre deux ou trois cents hommes en état d'enseigner avec cette méthode , qui rend les esprits plus pénétrants et les vérités plus claires? Non. Il faut donc les former.

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(c C'est ici qu'il faut admirer le génie de la Gonveution oationale.

« La France n'a point encore les écoles où les enfants de six ans doivent apprendre à lire et à écrire^ et vous avez déjà ordonné l'établissement des écoles du degré le plus élevé , des écoles normales.

tf Dans ces écoles on n'enseignera point les scien^ ces, mais Tart de les enseigner : pour la première foisi sur la terre^ la nature , la vérité, la raison vont donq * avoir aussi un séminaire. »

Tel était le superbe et chimérique enivrement de la philosophie révolutionnaire. Elle croyait être arri* vée au jour où elle allait accomplir une création nouvelle de la nature humaine , changer les conditions de rame, les lois de la raison et de rintelligence. Voulant réformer la société et lui donner des conditions autres qu'elle les avait toujours eues, il fallait bien commencer par changer l'homme lui-même.

L'imagination hyperbolique des adeptes subalternes de l'école analytique ne reculait point devant cette tâche, mais comme ils en sentaient toute la difficulté, ce n'est pas à la liberté qu'ils s'adressaient pour l'accomplir. Les doctrines , comme les passions révolutionnaires, concluaient toujours à la nécessité du despotisme.

« Revêtus d'un pouvoir sans bornes , vous vous féliciterez d'avoir en vos mains, comme gouvernement révolutionnaire, des moyens tout prêts pour faire avec rapidité ce bien immense à la République et au genre humain. » Le rapporteur citait à ce propos le mot de Turgot : — « Donnez-moi le pouvoir absolu , et je rendrai la France libre. » — • « Il ne .

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vous manque rien de ce qu'avait Turgot; et ce qui lui manquait, vous Tavez. La résolution que vous allez prendre, va être une époque dans l'histoire du monde. »

La discussion ne s'éleva point à la hauteur où le rapporteur avait placé « Tidée essentielle de l'école normale. » On parla sur la durée des cours, sur le peu de probabilité du succès d'un tel enseignement dont on ne comprenait pas bien l'objet précis. Les membres du comité d'instruction publique ne paraissaient pas même d'accord ; Thibaudeau disait qu'il était seulement question de professer la meilleure manière d'enseigner, dans les écoles primaires, la lecture, l'écriture, l'arithmétique et la morale. Le projet fut adopté le 30 octobre 1 794.

Les administrations de district étaient chargées d'envoyer à Técole normale un nombre proportionné à la population de citoyens âgés de vingt et un ans au moins, déjà instruits dans les sciences utiles, de mœurs pures et d'un patriotisme éclairé; un traitement leur était accordé.

Le comité d'instruction publique devait proposer à la Convention les instituteurs de l'école normale.

— « Ces instituteurs donneront des leçons aux élèves sur l'art d'enseigner la morale et de former le cœur des jeunes républicains à la pratique des vertus publiques et privées. Ils leur apprendront d'abord à appliquer à l'enseignement de la lecture, da l'écriture, des premiers éléments du calcul, de la géométrie pratique, de l'histoire et de la grammaire française , les méthodes tracées dans les livres élémentaires approuvés par la Convention nationale. »

' 'Les cours devaient durer quatre mois; puis les

l'école kormale. 101

élèves retournant dans leurs districts auraient h y ouvrir au moins trois écoles normales de second ordre pour enseigner aux citoyens et citoyennes , qui voudraient se vouer à Tinstruction publique, la méthode d'enseignement qu'ils auraient apprise à Técole normale de Paris.

Ce qui importait le plus, ou pour mieux dire, la seule chose qui importât, c'était le choix des professeurs, d^autant que les livres élémentaires dont parlait le décret n'existaient encore que dans un article de loi. Le comité d'instruction publique proposa pour instituteurs à l'école normale les hommes que lui désignaient la renommée et l'opinion des hommes éclairés. Ydici quelle fut la liste :

Mathématiques, Lagrange et Laplace.

Pkysiqtie, Haûy.

Géométrie descriptive^ Monge.

Histoire naturelley Daubenton.

Chimie, Berthollet.

Agriculture, Thouin.

Géographie, Buache et Mentelle.

Histoire y Volney.

Morale, Bernardin de Saint-Pierre.

Grammaire , Sicard .

A nalyse de t entendement. Garât

Littérature, La Harpe.

Quelques jours après, une chaire d'économie politique fut ajoutée à l'école normale , et confiée à Yandermonde.

L'école normale n'accomplit nullement la destination vague et illusoire qu'avait indiquée le rapporteur du décret qui l'avait créée; mais sa courte apparition est une époque dans l'histoire des sciences et des lettres en France. Lorsque les noms des profes-

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fieurs furent proclamés, lorsque après deux ans de barbarie, après le silence et Tétouffement de la pensée imposés par la Terreur; après cette interruption de tous lés rapports sociaux , on vit reparaître une première lueur qui annonçait la liberté et le loisir rendus à Tesprit, Taliment offert à son activité; le public se prit d'un vif intérêt. De toutes les provinces arrivèrent les hommes qui cultivaient les lettres , qui ^'occupaient des sciences; aucun ne songeait à devenir magister de village, mais tous venaient entendre les maîtres illustres qui allaient professer, et reprendre le cours des études et des occupations littéraires ou scientifiques.

L'école normale ne s'occupa point de donner, ni même de chercher ce mode universel d'enseignement, cette formule élémentaire de toutes les connaissances humaines qui charmait l'imagination des nouveaux philosophes ; mais elle fut une jouissance , une excitation offerte aux esprits cultivés; elle ranima le goût des plaisirs intellectuels. Ce nombreux auditoire accouru de toutes les parties de la France ; cette réunion d'hommes animés de l'amour des lettres ou des sciences; ces leçons orales, qui avaient tout l'attrait de l'improvisation et que des sténographes recueillaient pour les répandre parmi un public empressé; ces conférences entre les maîtres et les élèves dont quelques-uns devaient plus tard se faire un nom dans le monde littéraire; les sciences exactes jusqu'alors enseignées seulement dans leur partie élémentaire et pratique, maintenant professées par les premiers savants de l'Europe; Monge, dont la parole était si claire et si vive, démontrant la géométrie descriptive dont il venait de faire un nouveau corps de

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science; Garât, interprète élégant et lumineux de ridéologië de Condillac , qui régnait alors avec une autorité incontestée; La Harpe, qui avait déjà obtenu tant de succès dans ses cours du Lycée ; Volney, érudit ingénieux, mais systématique dans ses recherches sur Tbistoire : tel (ut le spectacle que présenta cette institution passagère, née du hasard de la Révolution. Durant trois mois, elle eut le bonheur imprévu de distraire le public des débats orageux de la Convention et des inquiétudes quotidiennes de la famine.

La littérature eut la plus petite part dans ce congrès encyclopédique. La Harpe en fut à peu près le seul représentant. Bernardin de Saint-Pierre, lorsqu'il parut, fut accueilli par de plus vifs applaudissements qu'aucun autre professeur. Il n'avait nulle facilité à improviser; peut-être aussi jugeait-il qu'enseigner la morale ; à titre de science , était une iàée fausse et impraticable ; pourtant il était chargé par le comité d'instruction publique d'écrire un manuel de morale républicaine. Il donna cette excuse aux élèves , promit de leur lire son livre lorsqu'il serait terminé , et De donna point de leçons. Delille, ayant été reconnu parmi la foule des auditeurs, fut aussi honoré par de grands témoignages d'admiration.

Toutefois les honneurs de l'école normale restèrent surtout aux sciences exactes et naturelles, qui commençaient à Jouir de la faveur publique. Yolney et Ciarat, sans rencontrer ni contradiction ni critique, parlèrent de l'histoire et de la formation des idées avec toute l'assurance que leur donnait la philoso^ pbie du xviii^ siècle ; elle était devenue classique , même pour ceux qui se refusaient à en tirer' les conséquences.

104 l'école normale.

Les quatre mois assignés à la durée de cet enseignement n'étaient pas encore écoulés , lorsque Dau* noU| au nom du comité d'instruction publique, en proposa la suppression.

— « Cette école, disait-il, n a point pris la direction que vous aviez cru lui prescrire. Elle a enseigné directement les sciences, et non pas la méthode de les enseigner. Beaucoup d'élèves expriment le désir de retourner dans leurs foyers; la dépense qu'ils sont obligés de faire à Paris excède l'indemnité qu'ils reçoivent, et leurs propres ressources.

(( Cet établissement exige des frais considérables qui ne sont point compensés par les fruits qu'on en recueille.

« Peut-être en instituant l'école normale n'a-t-on pas assez réfléchi à la destination qu'on voulait lui donner. 11 eût fallu savoir si, en appelant quatorze cents citoyens* de toutes les parties de la France r on voulait en faire des instituteurs primaires ou des professeurs d'écoles supérieures. On aurait pu examiner si le mode d'enseigner une science est séparable de l'enseignement immédiat de cette science elle-même. « La célébrité des professeurs et le concours des hommes de talent rangés parmi les élèves ont fait accueillir l'école normale a^ec enthousiasme. Cet enthousiasme est devenu depuis, comme c'est l'ordinaire, la mesure de la défaveur dont elle est l'objet.

« Appelés au foyer des lumières nationales, beaucoup de talents se sont fécondés; des hommes éclairés et studieux , qui jusqu'ici avaient vécu loin de cette sphère d'activité, n'ont pu, sans en recueillir quelque fruit, passer trois nîois au milieu des bibliothèques, des musées, des monuments, des théâtres que ren-

ÉCOLES CSATRALES. 105

ferme cette grande cité. Ils ont aperçu un horizon plus vaste, reçu des impressions plus profondes, conçu des pensées plus fortes et plus étendues. S'ils n'ont pas été guidés dans une direction certaine, vers un but assez bien fixé , il est incontestable qu'un grand mouvement salutaire, bien qu'indécis, a été imprimé à rinstruction.

ce Les leçons de l'école, normale auront contribué à faire passer dans l'enseignement toutes les découvertes doDt les sciences et les arts se sont enrichis. L'instruction publique sera ainsi portée au niveau de l'état actuel des connaissances. »

Daunou rendait encore un autre hommage à l'esprit général qui avait présidé aux leçons des illustres professeurs; mais en même temps il apercevait que les opinions allaient entrer dans une voie nouvelle, et que les doctrines fondamentales de Técole du xviu' siècle jetaient peut-être leur dernier éclat. — a Nous sommes, disait-il, à une époque où il convient de rassembler toutes les forces et toutes les lumières de la philosophie contre des préjugés qui se réveillent et contre des superstitions renaissantes. » La réaction apparaissait aussi dans le domaine de l'intelligence, et ce n'était pas celle qui afQigeait le moins ce docte apôtre de systèmes, exposés dès lors à la doublé épreuve de l'expérience et de l'examen.

Parmi les motifs qui décidèrent la Convention à presser la fin de l'école normale, le plus puissant était la nécessité de pourvoir à l'établissement des écoles centrales créées par un décret du 25 février 1795. Sans beaucoup d'examen ni -de discussion , la grande question de l'instruction publique avait été résolue.

106 ÉCOLES GBltTRÀLES;.

Toui un système était adopté. Il prouvait, encore plus que lé choix des feours dout on avait composé Técole noriîiale , la volonté plus ou moins méditée de supprimer ou de réduire au moindre niveau possible les étude! littéraires et classiques.

— u Pour renseignement des sciences , des lettres et des arts, il sera établi des écoles centrales distribuées en raison de la population. La base proportionnelle sera d'une école pour trois cent mille habitants.

(( Chaque école centrale sera composée :

(( D'uti professeur de mathématiques }

i< D'un professeur de physique et de chimie expérimentales ;

tf D'un professeur d'histoire naturelle ;

(c D'un professeur d'agriculture et de commerce ;

(c D'Un professeur de méthode des sciences ou iogiquë et d'analyse des sensations et des idées; * « D'un professeur d'écotiotnie politique et de législation ;

tf D'un professeur de l'histoire philosophique des peuplés;

ti D'un professeur d'hygiène ;

(c D'un professeur d'arts et métiers ;

t( D'un professeur de grammaire générale ;

ce D'un professeur de belles-lettres ;

« D'un professeur de langueâ anciennes;

« D'un professeur de langues vivantes les plus appropriées à la localité ;

ce D'un professeur de dessin.

a Ils auront tous les mois une conférence publique sur des matières qui intéressent le progrès des sciences » des lettres et des arts les plus utiles à la société.

c< H y aura près de chaque école centrale une biblio-

ËCOLES CENTRALES. 407

thèque publique, un jardin et un cabinet d'histoire naturelle , un cabinet de physique expérimentale ; une collection de machines et de modèles pour les arts et métiers.

« Les professeurs seront examinés, éluà et surveillés par un jury composé de trois membres nommés par le comité d'instruction publique; ce jury sera renouvelé par tiers tous les trois mois. La nomination des professeurs sera soumise à l'approbation de l'administration du département. »

Les examens annuels devaient avoir lieu le jour où était célébrée la fête de la Jeunesse, en présence du peuple.

s Les élèves qui se seront le plus distingués et qui auront obtenu plus particulièrement les suffrages du peuple, recevront, s'ils sont peu fortunés, une pension annuelle. Le professeur des élèves qui auront remporté le prix recevra une couronne civique.

« En conséquence de la présente loi , tous les anciens établissements consacrés à l'instruction publique sous le nom de collèges et salariés par la nation , sont et demeurent supprimés. »

Cette loi , empreinte de l'esprit qui régnait encore dans la Convention, conçue en haine du passé, et destinée à en efiacer jusqu'au souvenir, changeait ainsi la direction des études. Elle était aussi inspirée par une pensée qui avait été développée à l'Assemblée constituante, sans qu'aucune conséquence légale et pratique en eût été tirée. Dans Tintention de respecter autant que possible le droit des familles et de laisser la liberté à l'enseignement , on avait dit : — « L'État doit se charger seulement de pourvoir à > l'instruction 4u6 les citoyens ne peuvent donner à

leurs enfants. La puissance publique n'a donc à s'occuper que des écoles primaires destinées aux familles peu riches ou à la population rurale > et aussi de renseignement supérieur et des écoles spéciales dont la création et Tentretien sont au-dessus des ressources des particuliers. »

Les écoles centrales étaient conçues comme des écoles supérieures destinées aux jeunes gens qui se préparaient aux professions lettrées , aux emplois publics, au grand commerce ou à Tindustrie manufacturière; la Convention avait voulu faciliter les moyens d'acquérir une haute instructioix en multipliant ces nouveaux établissements sur toute la surface de la République. C'était, sauf le programme des études, des écoles semblables , quant à la forme, aux facultés de l'université.

Ce décret ne répondait nullement au besoin et au vœu des familles, à ce que réclamait l'opinion publique. Les familles, même lorsqu'elles sont riches, ne peuvent pas élever leurs enfanls dans la maison paternelle. Un très-petit nombre se décide à y appeler un instituteur privé. La dépense est considérable. Les études se font mal au milieu des distractions, et Tenfaut se forme parmi des habitudes et des conversations qui conviennent mal à son âge, et sont souvent en contradiction avec les devoirs qu'on lui prescrit. Si on l'envoie recevoir chaque jour les leçons d'une classe publique, pour revenir ensuite chez ses parents, il peut recueillir les avantages de l'instruction donnée en commun et participer à l'émulation qu'elle excite; mais il ne reçoit pas l'influence salutaire de la règle et de la discipline; il continue à vivre dans une atmosphère oii les travaux de l'esprit , où l'objet de

ses études tiennent peu de place ; il lui semble que les occupations dont on le surcharge ne sont pas d'un grand emploi dans la vie du monde.

Ainsi est évidente la nécessité des établissements où les enfants reçoivent, non pas seulement l'instructioii; mais l'éducation; où ils sont préparés aux études plus hautes qui leur seront nécessaires, s'ils veulent s'élever au-dessus du niveau des connaissances vulgaires, ou suivre une carrière qui exige des études spéciales.

C'est précisément cette instruction secondaire qui paraît aux familles la plus importante; c'est ce qu'elles entendent par l'éducation publique. A la vérité , on dira que les enfants peuvent la recevoir dans des établissements privés, et que, si la liberté est laissée à l'enseignement , les parents ont le choix des écoles dont la discipline et la direction leur inspirent le plus de conGance; mais l'éducation donnée à toute la jeunesse des classes riches et éclairées^'ne saurait être indifférente à l'État; les parents eux-mêmes , ne se fiant pas à leurs propres lumières, désirent pour la plupart trouver la garantie de l'autorité publique, qui institue et surveille l'enseignement et la discipline dans les établissements appartenant à l'État.

Avant la Révolution, la France était couverte de collèges, qui avaient la sanction du temps; ils étaient dirigés par des congrégations religieuses dont les familles connaissaient Tesprit; dont on avait, depuis beaucoup de générations, éprouvé la capacité; qui étaient illustrés par une succession de savants hommes, de grands écrivains;* les parents y voyaient toutes les garanties. Ces collèges, répartis dans toutes les provinces , se trouvaient à portée des familles;

la connaissance personnelle des maîtres et des professeurs ajoutait à la confiance qu'on accordait à l'ordre dont ils faisaient partie.

Maintenant cet édifice de Tinstruction publique était détruit. La Révolution avait fermé les collégesi proscrit ou persécuté les congrégations. Les gouvernants de la Convention frémissaient de colère à la seule pensée de les rétablir. Ils voulaient confirmer encore leur abolition. Dans i'anarchie indécise qui succédait au règne de la Terreur, plusieurs villes, plusieurs départements avaient favorisé ou toléré l'ouverture de quelques maisons où, sous l'apparence laïque, d'anciens professeurs rétablissaient les études; la nouvelle loi les frappait d'interdit, ou du moins leur retirait l'appui des administrations locales.

Toutes ces réflexions ne trouvaient point place dans les séances de l'Assemblée, elles y auraient été repoussées avec impatience et dédain; mais il y avait une opinion publique, dont le gouvernement ne voulait pas tenir compte, qui réclamait pour qu'on es* sayât du moins de reconstruire ce qu'on avait détruit. — ce Vous avez fermé les collèges , disaient les gens sensés. Ouvrez donc des écoles dont vous choisirez les professeurs, dont vous surveillerez les études, où vous établirez la discipline. Nous nous contenterons de cette garantie, puisque vous nous avez ôté toutes celles qui nous donnaient sécurité. Vous avez chassé les oratoriens, les doctrinaires, les frères des écoles chrétiennes; ne nous laissez pas pour unique recours les maîtres de pension, qui ne seront autorisés ni surveillés par aucun autre pouvoir que la police, et qui formeraient peut-être une entreprise commerciale autant que scolaire. »

ÉCOLES CÇMTRALBB. 411

Le9 écoles centrales ne furent pas établies immédiatement après la loi qui les avait instituées. Neuf mois plus tard, au inoment où la Convention se sépara, une nouvelle loi modifia le progranime et le règlement des études. La double pensée qui avait inspiré le prer mier projet fut plus évidente dans le second. Ces écoles eurent le caractère encore plus marqué d'un enseignement supérieur; Tintention de substituer autant que possible Tétude des sciences à Tétude des lettres y paraissait plus décidée-

Le cours d'étude fut divisé en trois sections. Les élèves ne pouvaient être admis dans la première avant Tàge de douze ans. On devait y enseigner seulement le dessin, Tbistoire naturelle et les langues anciennes, ou avec une autorisation spéciale une lan-^ gae vivante. Les élèves de la seconde section devaient avoir quatorze ans. Tout enseignemei^t littéraire çes-t sait, et pendant deux années ils n'étaient occupé^ que de mathématiques, de physique et de chimie. Dans la troisième section les études prenaient un caractère plus général et plus élevé. On y enseignait la grammaire générale (qui, dans les systèmes de ce temps-là, comprenait l'idéologie et la logique), les belles-lettres, Thistoire et la législation.

Ce fut à cette époque que la Convention décréta aussi successivement la création d'écoles spéciales ou seraient enseignés l'astronomie, la géométrie et la x^ér canique, l'histoire naturelle, la médecine., l'art vétérinaire, l'économie rurale, les antiquités, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique. L'école des travaux publics et les écoles spéciales qui s'y rattachaient, avaient été instituées par une autre loi. Il ne devait pas y avoir d'école de droit. On pensai^que les

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