‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 39 sur 121 · ACCUSATION DB JOSEPH LEBON · texte numérisé non relu

ACCUSATION DB JOSEPH LEBON

pandiez à profusion les rapports de Saint-Just; je devais croire que vous en adoptiez les maximes. Si la Convention a été entraînée dans une telle effer\'escence, comment ne Taurais-je pas été?

u Oui, j'ai poursuivi les ennemis de la Révolution : vous m'en aviez fait un devoir. Vous m'aviez commandé d'être révolutionnaire. Ne Tétiez -vous pas vous-mêmes? Camille Desmoulins i ce bon, ce vieux patriote, demandait un comité de clémence. J'étais impatient de savoir quelle détermination allait prendre la Convention. Camille fut envoyé à l'échafaud. Alors je votai, dans mon âme, la mort de tous les ennemis de la liberté. Quoi ! me disais-je, les erreurs d'un vétéran de la Révolution ne trouvent pas de pardon, et je vous épargnerais, vieux aristocrates, vieux contre -révolutionnaires! Je suis surpris de ne pas en avoir fait davantage. J'ai été ce que vos décrets m'ordonnaient d'être. Us étaient terribles, et plus d'une fois j'ai pâli en les recevant.

« Je ne veux pas éviter la mort, mais l'infamie. J'admirais les royalistes qui montaient courageusement sur l'échafaud, en criant : Vive le roi! Je les plaignais de se sacrifier pour une mauvaise cause; et vous croyez que Joseph Lebon, à son dernier soupir, ne criera pas : Vive la liberté I vive la République!

« Si j'étais devant les émigrés, s'ils étaient mes juges, je ne me défendrais pas. Envoyez-moi à la mort, leur dirais-je, j'y ai envoyé vos pareils; chacun son tour : c'est juste. Mais vous, citoyens! »

Comme Joseph Lebon avait tué d'autres victimes que des émigrés et des aristocrates, il lui fallait expliquer cette universelle cruauté dont il s'était

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