‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 4 sur 121 · MA8SAC1IE8 A MAESEILLE · texte numérisé non relu

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torités, contre la lenteur des tribunaux. On disait : — « Pourquoi tant de formalités lorsqu'il 8*agit des hommes qui ont envoyé nos parents ou nos amis à Téchafaud ou sous la fusillade sans consulter aucune loi , sans donner aucune garantie aux accusés. >i — Lorsque les rebelles toulonais s*avançaient, on assurait que , s'ils Tenaient à Marseille , c'était pour déli* Trer les prisonniers du fort Saint-Jean.

Il y avait douze jours que les insurgés étaient vaincus; tout danger avait cessé, lorsque , sans émotion populaire , de propos délibéré , pour exécuter un dessein formé d'avance , le 5 juin 4 795 j un nommé Robin y capitaine de la compagnie du Soleil y se présenta , à la tète d'une bande de forcenés , aux portes du fort.

Cette affreuse journée a été racontée avec une vérité d'autant plus déchirante que l'expression en est simple, par le duc de Montpensier qui se trouvait enfermé dans cette prison depuis deux ans, avec son frère le comte de Beaujolais et le prince de Conti :

« Nous vîmes les soldats de garde accourir et se porter à la hâte vers le pont-levis; un moment après ils revinrent en désordre, suivis d'une foule d'hommes armés de sabres et de pistolets, sans uniforme , et la plupart ayant leurs manches retroussées jusqu'au coude. Us chantaient à tue-tète le «Réveil du peuple : »

Mânes plaintifs de l'innocence, Apaisez- vous dans vos tombeaux :

Le jour tardif de la vengeance Fait enfin pâlir vos bourreaux.

11 était impossible d'avoir le moindre doute sur les intentions de ces furieux et même sur la facilité avec

MASBACREB A MARBBILLE. I

laquelle ils pourraient les exécuter, puisqu'ils avaient pu entrer dans le fort et que les soldats ne leur opposaient pas la moindre résistance; la plupart étaient ivres, w

Les deux jeunes princes se réfugièrent dans leur chambre et s'y barricadèrent.

ce On frappa à la porte en criant : Ouvrez qui que vous soyez y on ne veut pas vous faire de mal y nous apportons l'adjoint du commandant qui se meurt, nous ne pouvons le mettre ailleurs.

« Dix ou douze jeunes gens assez bien habillés mais lés manches retroussées et le sabre à la main , entrèrent portant l'officier qui était sans connaissance, et le déposèrent sur mon lit. — N'ètes-vous pas MM. d'Orléans? dirent-ils. Sur notre réponse affirmative , ils assurèrent que loin d'attenter à notre vie, ils nous défendraient si elle était en danger, et que l'acte de justice qu'ils allaient exercer contribuerait à notre sûreté , comme à la leur et à celle de tous les honnêtes gens. Ils demandèrent de l'eau-devie, dont assurément ils n'avaient p*as besoin, et trouvant une bouteille d'anisette, ils la burent. Ils laissèrent une sentinelle à la porte pour empêcher Toflicier de sortir, lorsqu'il serait revenu de son évanouissement ; en effet , quand il voulut s'en aller pour tâcher, disait-il , de s'opposer à l'horrible scène qui commençait , la sentinelle posée par les massa^ creurs l'en empêcha.

« Dans ce moment nous entendîmes enfoncer à grands coups la porte d'un cachot , et bientêt après des cris affreux, des gémissements déchirants, mêlés à des hurlements de joie. Au bout d'environ vingt minutes que dura la boucherie de ce cachot, nous

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