CONDAMNATION DE JOSEPH LEBON
quiert comme mesure d'urgence; quelle que soit votre décision , elle me trouvera soumis et n'altérera en rien les vœux que je forme pour la liberté, la République et la représentation nationale.
K Je vous recommande ma femme et mes enfants. J'ai été bon père, bon fils, bon époux, bon ami. Mes mœurs sont restées pures » ma probité irréprochable. »
On passa à l'appel nominal. Un représentant disait : — «Je n*ai vu , dans tout ce qu'a dit Lebon , que le désir d'avilir la Convention ; » — il fut averti par des murmures qu'il manquait de respect pour l'accusé. Déjà un membre du comité de sûreté générale, qui avait prononcé des paroles injurieuses à Joseph Lebon , avait été sévèrement repris par Delahaye, un député de la droite.
L'Assemblée s'était déclarée en permanence pour terminer cette afiTaire. Le vote n'eut lieu qu'à deux heures du matin. Les suffrages furent comptés. Mais aucune publicité ne fut donnée aux motifs dont chaque représentant avait pu accompagner son opinion. On ne fit connaître ni le nombre des votants » ni les noms de ceux qui s'étaient prononcés pour ou contre l'accusation.
Le tribunal révolutionnaire avait été aboli. Joseph Lebon fut envoyé devant le tribunal criminel d'Amiens, pour y être jugé selon la loi , qui retranchait le jury d'accusation et le recours en cassation j dans le cas où l'accusation émanerait du corps législatif et serait relative à une conspiration ou à un attentat à la sûreté publique.
Le procès ne fut commencé que trois mois après. De graves événements avaient changé complètement