DÉCHETS SUR LES ÉLECTIONS
bres destinés à faire partie du corps législatif. Ce mode d'épuration sembla ne pas être agréé par TAssemblée : c'était la livrer aux discordes et aux intrigues; d'autres projets furent présentés; il fut encore question du tirage au sort.
— ce Nous avons tous été élus par le peuple, disait Charlier; chacun de nous mérite également la confiance publique; c'est le sort qui doit décider entre nous. »
Bailleul répondit : — « Je ne verrais pas sans effroi mettre au sort la composition du corps législatif. Oui, nous avons tous été élus par le peuple ^ mais nous n'avons pas tous tenu la même conduite ; il y en a parmi nous qui ont conservé la confiance publique f d'autres qui l'ont perdue. Le corps législatif ne peut pas remplir sa mission sans avoir la confiance publique. Vous savez bien qu'il ne l'obtiendrait pas , si on voyait encore certains individus parmi ses membres.
u Vous ne pouvez pas imposer silence à l'opinion nationale y qui a marqué la place de chacun de nous. Rien ne peut étouffer cette opinion. Quelques mots prononcés complaisamment à cette tribune ne la feront point taire. En vain on dira : « Nous sommes « tous dignes de la confiance du peuple ; » une voix forte, g'élevant de toutes les parties de. la France^ répondra : a Non I »
Personne n'avait encore dit plus nettement la vérité , ni mieux exposé la position de l'Assemblée en face de l'opinion publique.
Louvet demanda la question préalable sur la voie du sort et insista pour le scrutin d'élection dans l'Assemblée. C'était à ce mode que se rattachaient les