‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 84 sur 121 · G LES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

G LES ÉLECTIONS

— a Si un acte illégal d'une assemblée primaire pouvait annuler le corps électoral, le gouvernement représentatif serait impossible. Combien ne serait-il pas inconvenant de casser aujourd'hui un corps électoral que la Convention a laissé s'assembler sous ses yeux et qui a commencé ses opérations ! Si parmi les électeurs se trouvent des conspirateurs , nous savons qu'ils n'oseront pas se présenter. D'ailleurs ce serait au comité de sûreté générale à exercer des poursuites contre eux. »

Daunou ne craignit pas de montrer qu'il connaissait le véritable but de cette proposition. — u Cette mesure retarderait la réunion du corps législatif «t l'établissement du régime constitutionnel. 11 faut le dire : si la Constitution ne doit pas être mise en activité le 5 brumaire , la patrie sera chaque jour dans un danger imminent. »

On passa à l'ordre du jour, mais évidemment, l'institution provisoire d'une dictature et l'ajournement de la Constitution étaient dans la pensée des thermidoriens redevenus Montagnards. Il leur fallait donc faire un grand bruit des périls de la situation , des complots royalistes , des projets de contre-révolution, et en produire comme preuve Tanimosité du public de Paris contre la Convention.

Ils firent lire en séance publique toute la correspondance de Lemaître, espérant en tirer parti. La lecture acheva de montrer que cet agent n'était rien de plus qu'un observateur sans discernement et un curieux mal informé. On entendit le nom d'une foule de représentants de toute opinion complètement inconnus à l'homme qui, sur des ouï -dire ou par conjecture , les avait inscrits dans ses notes. Le Mo-

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