LES ROYALISTES
férents et ne lui donnant aucune garantie du succès. On lui promettait avec sincérité du courage et du dévouement; on tâchait de lui faire espérer un soulèvement de Topinion et un grand développement de la guerre civile. Mais il fallait à Monsieur , et bien plus encore à son entourage, des certitudes qu'on ne pouvait lui présenter. Il s'agissait de faire , à tous risques y la guerre , non pas en prince, mais en aventurier.
— a Voulez-vous donc que Monsieur aille chouanner? » disaient ses aides de camp. — Lui-même était plein d'incertitude et de méfiance. La moindre différence de principes politiques , une nuance dans Topinion monarchique lui inspirait de Téloignement. Il disait au comte de.Vauban, qui était son intermédiaire avec M. de Puisaye : — « Quand tu me parles de cef homme-lày c'est comme si tu me présentais la tête de Robespierre. Je ne puis avoir aucune confiance en lui. Quand je t'ai envoyé en Bretagne, j'ai cru que tu m'en débarrasserais. >;
Ainsi les projets et les entreprises de la haute émigration n'avaient aucun rapport avec le mouvement des sections de Paris; tous ceux qui, à une époque quelconque, avaient pris la moindre part à la Ré- Tolution ; tous ceux qui montraient quelque penchant pour la monarchie constitutionnelle; les modérés qui demandaient ou conseillaient des transactions, étaient des Jacobins pour Monsieur et ses courtisans. L'opinion parisienne et l'indépendance des assemblées primaires avaient donné peut-être une lueur d'espé* rance à quelques émigrés comme Meunier et Mallet- Dupan, mais les royalistes purs ne connaissaient
d'autres auxiliaires que les Vendéens.
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