‹ Histoire de la Convention nationale (volume 4)Chapitre 91 sur 121 · A02 LES ROYALISTES · texte numérisé non relu

A02 LES ROYALISTES

Monsieur était depuis trois semaines à l'ile dTeu, sans prendre aucune décision. Son voisinage et Tespoir incertain de son débarquement ne rendaient pas Charette plus redoutable. Le général Hoche et le gouvernement étaient à cet égard en pleine sécurité.

Pendant ce temps-là on arrêtait des agents rojalistes ; on saisissait des correspondances où Ton voyait que plus diminuaient les chances de contrerévolution , plus augmentaient les illusions des hommes importants de l'émigration , plus ils comptaient rentrer en maîtres et en vengeurs.

Le comte d'Entraigues écrivait au roi Louis XVIII non-seulement qu'il ne devait point pardonner aux conventionnels qui avaient voté la mort de Louis XVI^ mais qu'il ne fallait entamer de négociation avec aucun d'entre eux, de peur d'alanguir les efforts de Monsieur. Il ajoutait que la conduite de Tallien à Quiberon avait prouvé quelle foi on pouvait accorder à de tels hommes; et en effet Louis XVIII avait impérieusement interdit à son frère toute transaction.

On lisait dans d'autres lettres combien Louis XVIU voyait avec chagrin son frère se mettre à la tête des Vendéens. — - « Mon inactivité m'expose à des jugements défavorables. On attendra donc que les succès de Monsieur aient assuré ma sécurité , et alors on me conduira dans mon royaume* On me fera venir quand les dangers seront passés. Dieu m'est témoin que j'entendrai avec une vive satisfaction répéter le cri des Israélites : « Saûl a tué « mille hommes, et David dix mille; » mais ma joie conmie frère ne fait rien à ma gloire comme roi. »

le: géîn'éral bonapàute. 403

Il y avait donc plus de haioe que de eraiate dans les fureurs de Tallien, ou plutôt il voulait se justifier ainsi d'avoir complaisamment accueilli les intrigues royalistes. Siéyès s'était procuré en Hollande des pièces plus convaincantes encore que celles dont on avait donné connaissance à la Convention et au public y et les avait déposées au comité de salut public. Tallien avait toujours témoigné une grande inimitié contre Siéyès; il se réconcilia avec lui, et les pièces ne se retrouvèrent plus.

Au point où était le parti royaliste il n'y avait donc nulle inquiétude à concevoir de la contre*révolution. Â vrai dire ce parti ne subsistait pas en France.

L'ancienne faction jacobine n'avait plus en ce moment assez de puissance pour promettre la conquête du pouvoir aux hommes qui épouseraient sa cause 9 et pour leur conférer une imposante dictature. Le temps était passé où les démagogues pouvaient soulever les masses populaires. Le mouvement révolutionnaire était arrêté. Le 1^ prairial y avait mis fin. On venait de voir au 13 vendémiaire combien

une autre classe d'insurgés avait été inégale à la force militaire.

Aussi le gouvernement des comités , et bien plus encore les révolutionnaires passionnés , avaient mis un soin extrême à flatter l'armée , à lui donner une opinion politique , à en faire le puissant auxiliaire d'un parti. Aucun effort n'était nécessaire pour la rendre républicaine; elle l'était beaucoup non par esprit de parti, mais par patriotisme et par religion militaire. Pour elle , les émigrés , les Vendéens , les

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